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Écoles privées et universités reprendront progressivement les cours, mais à distance

Des écoles privées, et aussi des universités, reprennent petit à petit les cours, mais à distance. Des dispositifs sont mis en place pour permettre aux élèves de suivre, en ligne, un enseignement adapté, même si un écart important pourrait se créer entre les réseaux public et privé.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une jeune femme travaille sur son ordinateur à la maison.

Le reportage de Jean-Philippe Robillard.

Photo : iStock

Devant leur ordinateur, Maïté et son amie Téodora découvrent les nouvelles consignes envoyées par leur établissement. Pensionnaires du Collège Durocher, une école privée de Saint-Lambert, en banlieue de Montréal, les deux adolescentes vont désormais pouvoir continuer de réaliser des exercices de mathématiques, d’anglais, de français ou encore de sciences.

Il y a des profs qui ont mis de la nouvelle matière, d’autres mettent juste des exercices qu’on a déjà faits, explique Maïté, qui est en secondaire 4, en consultant la plateforme informatique qui est utilisée par le Collège Durocher.

D’ici quelques jours, des capsules vidéo seront elles aussi mises en ligne pour offrir un cours virtuel, raconte-t-elle. On va apprendre par nous-mêmes, glisse-t-elle, visiblement ravie.

Nathalie, la maman de Maïté, paraît elle aussi soulagée. Je trouve ça primordial d’avoir accès à un apprentissage à distance, affirme-t-elle.

Le privé s’organise

Le Collège Durocher n’est pas le seul établissement à offrir en ce moment ce type de service à ses élèves. À Montréal, le Collège Stanislas vient d’envoyer des informations similaires aux parents.

Par le biais du logiciel Pronote, des activités éducatives sont proposées pour environ deux à trois heures de travail journalier.

Au Collège Jean-Eudes, qui compte 1800 élèves, on planifie également du contenu d’apprentissage en ligne.

On dispose de la technologie pour le faire, assure le directeur, Dominic Blanchette.

Nos écoles veulent mettre en place différents moyens pour essayer de continuer à faire des suivis auprès des élèves qui en ont vraiment besoin, détaille Patrick L’Heureux, responsable des services à l'éducation préscolaire et à l'enseignement primaire à la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP).

On encourage les parents à donner des choses à faire aux enfants tous les jours. Les enfants du primaire ont besoin d’une routine. On ne demande pas de travailler cinq heures de temps, mais deux à trois heures.

Patrick L’Heureux, responsable des services à l'éducation préscolaire et à l'enseignement primaire à la FEEP

Pour les deux, trois prochaines semaines, on veut faire du support, du soutien aux élèves, affirme-t-il. Mais en attendant, on est loin, à ce jour, de faire réellement de l’enseignement à distance.

Le public n’a pas les moyens

La différence avec le réseau public reste cependant importante et pourrait bien s’accentuer dans les prochaines semaines si la fermeture des classes se prolonge, comme l’a déjà évoqué le premier ministre François Legault.

Plusieurs scénarios sont actuellement étudiés par le gouvernement du Québec afin de limiter la propagation de la COVID-19, dont une reprise des cours cet automne, par exemple.

Face à l’éventualité d’un enseignement à faire en ligne, la présidente de l’Alliance des professeurs de Montréal, Catherine Beauvais St-Pierre, souligne plusieurs obstacles possibles.

On est 75 % de femmes. Il y a beaucoup de mamans à la maison qui s’occupent de leurs enfants. Elles ne sont pas en mesure d’aller travailler, a-t-elle exposé à l’émission Tout un matin.

Mais surtout, le réseau public n’a pas les ressources technologiques nécessaires.

Les commissions scolaires ne peuvent pas y arriver. On rentrerait vraiment dans un système très inégal. On créerait un fossé.

Catherine Beauvais St-Pierre, présidente de l’Alliance des professeurs de Montréal

Certains enfants, a-t-elle rappelé, n’ont pas accès à un ordinateur. Des enfants seraient privilégiés et d’autres paieraient pour cette situation, a-t-elle ajouté.

Les universités programment une reprise virtuelle

Du côté des universités, on tente de s’organiser pour reprendre progressivement les cours à distance.

La priorité, c’est de finir la session, clame Serge Striganuk, doyen de la faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, tout en assurant que des discussions sont toujours en cours avec le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

L'enjeu des stages

Pour compléter leur cursus, certains étudiants doivent réaliser des stages. Il s'agit d'un enjeu à régler avec le ministère en cette période de crise, affirme Serge Striganuk. On aimerait savoir si on peut avoir un peu de marge de manœuvre, concernant le nombre d'heures à effectuer pour considérer que le stage est réussi. On veut s'assurer que les étudiants n'aient pas de soucis.

À l’Université Laval, on souligne que les professeurs et chargés de cours font preuve de créativité et de flexibilité pour adapter leurs cours afin de permettre [aux étudiants] de compléter leur session.

L’Université de Montréal, l’Université Concordia et l’Université McGill prévoient quant à elles une reprise des activités d’enseignement, en ligne, respectivement à partir du 21, 23 et 30 mars.

À McGill, on précise vouloir offrir tous les cours dès la fin du mois, mais certains programmes peuvent déjà être disponibles.

Notre objectif consiste à s’assurer que le plus grand nombre d’étudiants puissent terminer en grande partie ou en totalité leur année universitaire à distance.

Katherine Gombay, porte-parole de l’Université McGill

Abandonner l’année scolaire, comme l’a annoncé la province de l’Alberta, serait donc exclu. Ce n’est pas un scénario envisagé par les facultés pour le moment, affirme Serge Striganuk.

Avec la collaboration de Jean-Philippe Robillard et Gabrielle Proulx

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