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Déjà-vu alarmant chez les commerces qui ont fermé durant le blizzard historique à T.-N.-L.

Une pancarte à l'extérieur du café.

Le café Coffee Matters a licencié plus de 70 employés cette semaine à cause de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Pour une deuxième fois depuis le début de l'année, les propriétaires d’entreprises à Saint-Jean ferment leurs portes sans savoir quand ils pourront de nouveau accueillir des clients.

En janvier dernier, les commerces ont dû fermer à cause du blizzard et de l’état d’urgence qui ont paralysé l’est de Terre-Neuve pendant plus d’une semaine. Aujourd’hui, c’est la pandémie du coronavirus – une situation qui pourrait durer beaucoup plus longtemps – qui nuit aux activités de ces mêmes entreprises.

On a déjà eu l’énorme tempête de neige qui nous a frappés en janvier et ça nous a enlevé beaucoup d’argent en ventes, explique Scott Hillyer, le propriétaire des cafés Coffee Matters.

On est en mode survie.

Scott Hillyer, propriétaire, cafés Coffee Matters
Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

Scott Hillyer a déjà fermé la plupart de ses neuf succursales et réduit son personnel au strict minimum. Plus de 70 employés de Coffee Matters ont été licenciés cette semaine en raison des restrictions sur les espaces publics annoncés par la province.

À Terre-Neuve-et-Labrador, où l’état d’urgence sanitaire a été décrété mercredi, les rassemblements de plus 50 personnes sont interdits. Les restaurants et cafés peuvent rester ouverts, mais ils doivent réduire leur capacité d'accueil de 50 %.

Une personne est occupée à pelleter après le passage du blizzard, à Terre-Neuve.

Environ 75 cm de neige sont tombés à Saint-Jean, le 17 janvier dernier. La région a été paralysée pendant plus d'une semaine.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

M. Hillyer a lancé un service de livraison et ses clients peuvent maintenant faire de commandes en ligne, mais il admet que les restrictions pourraient avoir des conséquences dévastatrices sur les entreprises comme la sienne.

Même si je décide de fermer tous les cafés, je dois toujours payer mes factures. Mes factures d’électricité, mes assurances, je ne peux pas faire disparaître ces dépenses, se désole-t-il.

Deux crises en trois mois

Vaughn Hammond est directeur des affaires provinciales de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), un organisme qui compte 2000 membres propriétaires d'entreprises à Terre-Neuve-et-Labrador. Il souligne qu'environ 700 de ces sociétés sont basées dans la région de Saint-Jean et auraient déjà subi les contrecoups du blizzard de janvier dernier.

Les entreprises qui ont été touchées par le Snowmageddon en janvier, ce sont les mêmes entreprises qui ressentent les impacts [de l’état d’urgence sanitaire] maintenant, explique-t-il, en réitérant que dans les deux cas, les consommateurs étaient enfermés dans leur maison et incapables de visiter les magasins, les bars et les salles de spectacles qu’ils fréquentent habituellement.

M. Hammond souligne l’importance des indemnisations pour les travailleurs et propriétaires qui sont touchés par les plus récentes fermetures. Ces gens, rappelle-t-il, n’ont bénéficié d’aucune compensation gouvernementale après le blizzard, surnommé Snowmageddon par certains résidents de la province.

La FCEI avait suggéré au gouvernement fédéral plusieurs des mesures annoncées mercredi par le premier ministre Justin Trudeau, dont la subvention salariale temporaire aux petites entreprises et le report de la date limite pour transmettre les déclarations de revenus.

Pour les employés et les employeurs, les gouvernements doivent prendre les mesures pour les aider [...] C’est absolument nécessaire.

Vaughn Hammond, directeur des affaires provinciales

Des leçons du blizzard

Au cours de la dernière semaine, les autorités de la santé à Terre-Neuve-et-Labrador ont demandé aux résidents de s'assurer d'entretenir des relations malgré les nouvelles mesures de distanciation sociale.

Le ministre provincial de la Santé, John Haggie, a rappelé que lors du blizzard, la province a constaté l'importance des services de santé mentale, surtout pour des aînés et des personnes à mobilité réduite qui, pendant l'état d'urgence, ont été isolés pendant de longues périodes.

John Haggie en entrevue dans un couloir de l'édifice de l'Assemblée législative

Le ministre de la Santé, John Haggie, promet des mesures pour gérer les crises de santé mentale provoquées par l'isolement.

Photo : CBC/Ted Dillon

La province promet la mise en place de plus de ressources pour aider les résidents à gérer les problèmes de santé mentale provoqués par l’isolement et le manque d’échanges.

M. Haggie et la médecin hygiéniste en chef de la province, Janice Fitzgerald, ont détaillé cette semaine les services de santé mentale qui seront disponibles aux gens au cours de la pandémie. Ces mesures comprennent l'appli Bridge the gApp, un portail donnant accès aux ressources provinciales de santé mentale, et la ligne de réconfort 1 855 753-2560, où les gens souffrant de problèmes de santé mentale peuvent appeler dans des situations non urgentes.

Dans des situations de crise de santé mentale, les gens peuvent appeler la ligne d'urgence 1 888 737-4668.

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Terre-Neuve-et-Labrador

Santé publique