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La nageuse paralympique Camille Bérubé doit être créative pour s'entraîner

Les athlètes paralympiques doivent redoubler d'imagination pour s'entraîner à la maison en raison de l'isolement volontaire.

Une nageuse regarde le tableau indicateur après une course.

La nageuse gatinoise Camille Bérubé lors d'une compétition.

Photo : Scott Grant / Natation Canada

Radio-Canada

Isolées et coupées du monde. C’est la nouvelle réalité que doivent affronter des millions de personnes dans le monde depuis quelques jours. Une nouvelle réalité liée à la pandémie de COVID-19.

Mais c’est une réalité que la nageuse paralympique, Camille Bérubé, connaît depuis longtemps.

L'isolement permet de remettre les choses en perspective. C'est la réalité de plein de gens dans le monde, raconte l’athlète gatinoise. 

Son sport, la natation paralympique, a toujours représenté un exutoire pour elle, sa façon de fuir la réalité quelque peu. 

C’est une des seules disciplines qui n’oblige pas d’avoir d'équipement adapté. Nous n’avons pas besoin de fauteuil roulant ou de prothèses. C’est ton corps et l’eau, dit Bérubé. Nous devenons une seule personne et je me sens libre dans la piscine.

Deux athlètes paralympiques montrent leurs médailles.

La nageuse Camille Bérubé (à droite) en compagnie de Tess Routliffe lors des Jeux Para Panaméricains de Toronto en 2015.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Maintenant âgée de 24 ans, la nageuse dit être dans la meilleure forme de sa vie. Bérubé s’apprêtait à participer aux qualifications canadiennes de nage paralympique lorsqu’elle a appris qu’elles étaient reportées. Elle espérait y obtenir sa place dans l’équipe nationale pour participer aux Jeux paralympiques pour une troisième fois. 

C’est affreux comme sentiment. On travaille si fort pendant des mois et des années. Nous étions dans le dernier droit.

Camille Bérubé, nageuse paralympique

Les Jeux paralympiques doivent toujours avoir lieu à partir du 25 août… pour le moment, Bérubé tente de garder la tête froide et de mettre les choses en perspective en ces temps incertains.

Ce n’est plus à propos du sport maintenant. On doit s’assurer que les gens soient en santé. Les athlètes paralympiques comprennent peut-être la situation davantage, affirme l’athlète avec maturité. 

Camille Bérubé est née prématurée de trois semaines et a subi une opération à la colonne vertébrale qui l'a laissée paralysée des deux jambes.

La créativité au service des athlètes

À l’instar de nombreux athlètes, la nageuse doit maintenant faire preuve de créativité, plus que jamais, pour rester en forme et motivée. J’ai toujours été contrainte d’être créative. Mon corps ne répond pas aux exigences de ce monde.

Elle admet que, d’une certaine façon, l’isolement volontaire actuel lui fait moins ressentir son handicap au quotidien. 

Une nageuse paralympique pose dans son fauteuil roulant.

La nageuse paralympique Camille Bérubé.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

Ça rend la vie un peu plus facile. Je n’ai pas à m’en faire avec l’attitude condescendante de certains et les questions déplacées… ou bien les escaliers.

Avec les piscines fermées un peu partout au pays, le défi de rester en forme est d’autant plus grand pour la nageuse, qui doit trouver une autre façon de s’entraîner. 

Comme athlète paralympique et personne en fauteuil, je ne peux pas juste aller courir. C’est une autre réalité.

Camille Bérubé, athlète paralympique

Elle a donc sorti un vélo à main pour s’entraîner dans son sous-sol. Sa famille l’a aidée à mettre en place un système qui lui permet de faire du cardio devant sa télévision. 

Camille Bérubé affiche un grand sourire lors d'une entrevue aux abords de la piscine du Centre sportif Kinsmen d'Edmonton.

La nageuse paralympique Camille Bérubé de Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Camille Bérubé profite aussi de son temps chez elle pour se concentrer sur les éléments qu’elle peut contrôler, comme son alimentation. Elle s’assure aussi de faire attention à sa santé mentale et de travailler sur l’imagerie mentale. Elle se voit aux Jeux, lors de l’épreuve du 100m dos. 

Je tente de vivre ce moment comme si j’étais dans l’eau. J’essaie de sentir l’eau, raconte Bérubé qui sait exactement combien de mouvements de bras elle devra effectuer pour arriver à la fin de sa course. 

En attente de participer aux Jeux

La Gatinoise doit normalement s’élancer pour quatre courses aux Jeux paralympiques, dans la catégorie de handicap S7. L’an dernier, aux championnats du monde de Londres, elle a atteint trois finales lors de ses quatre épreuves. 

Elle souhaite plus que tout au monde avoir la chance d’affronter les meilleurs de la planète une nouvelle fois à Tokyo. Mais elle demeure émotive en réfléchissant à la possibilité que les Jeux n’aient pas lieu. 

C’est difficile. C’est comme affronter des vagues. Des fois je suis bien pendant des heures et ensuite, j’ai peur d’avoir fait tout ce travail pour rien, réfléchit Bérubé. 

La jeune athlète a fait face à l’adversité toute sa vie. Ce dernier défi n’est pas différent des autres. 

Avec les informations de Devin Heroux de CBC

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