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COVID-19 : les personnes qui vivent dans la rue sont plus isolées que jamais

Les pieds de deux personnes dans la neige.

Les organismes communautaires de la région craignent pour leurs usagers qui vivent dans la rue et ont accès à moins de lieux de soutien.

Photo : Radio-Canada / Denis Gervais

Radio-Canada

Les organismes communautaires qui travaillent avec les populations les plus fragiles tirent la sonnette d'alarme : ils doivent cesser certains de leurs services à cause de la COVID-19 et craignent que leurs usagers soient plus isolés et fragilisés que jamais.

Le Bureau régional d'action sida (BRAS) Outaouais a dû prendre des décisions difficiles ces derniers jours, à mesure que la crise sanitaire grandissait.

On a dû annuler toutes nos activités de groupe, autant les cafés-rencontres que les activités du programme Entre hommes et les activités de soutien de groupe, a indiqué Annie Castonguay, directrice adjointe de l'organisme, en entrevue à l'émission Sur le vif.

Annie Castonguay, directrice adjointe à BRAS Outaouais, face à la caméra.

Annie Castonguay, directrice adjointe à BRAS Outaouais, indique que l'organisme a dû fermer son bureau principal mais continue le travail sur le terrain et le soutien téléphonique (archives).

Photo : Radio-Canada

Moins de contact avec les usagers

Tous les employés du BRAS Outaouais sont à pied d'œuvre, mais le bureau principal est fermé et les travailleurs de rue ont modifié leur manière de travailler. On leur demande de ne plus faire d’accompagnement-voiturage pour les personnes ayant le VIH qui ont des rendez-vous médicaux et de ne plus entrer dans les maisons et appartements. Résultat : le BRAS craint que ses usagers soient plus isolés que jamais.

Ils vont aller où? On dit aux gens de rester à la maison, de se laver les mains. Mais quand tu n'as même plus une place où aller uriner, tu vas te laver les mains où? Nulle part.

Annie Castonguay, directrice adjointe du BRAS Outaouais

Le BRAS indique avoir demandé par courriel à la Ville de Gatineau d'installer des toilettes chimiques et des stations pour boire et se laver les mains.

Faire de l'éducation populaire

Mme Castonguay s’inquiète aussi des messages qu’elle reçoit de la part des usagers. Certains disent que le virus est une machination des gouvernements ou des compagnies pharmaceutiques. D’autres nous disent, ce serait bien si on peut le pogner pour se faire prendre en charge. C’est un vrai message de détresse, explique-t-elle, en évoquant l’importance du travail d’éducation populaire.

L’organisme communautaire se sent démuni et indique que certains employés ne savent plus quoi faire. C’est déjà difficile en temps normal, mais là ça rajoute une difficulté immense, conclut Mme Castonguay.

Le Gîte Ami réactive son centre de crise

Les risques pour les personnes itinérantes sont également une préoccupation au Gîte Ami de Gatineau.

On nous demande d’organiser des zones de quarantaine, mais malheureusement nos locaux ne s’y prêtent pas. On a demandé à remettre sur pied ce qu’on appelle la cellule de crise qu’on avait mise en place lors des incendies, pour voir comment on peut s’organiser, explique Lise Paradis, la directrice générale du Gîte Ami en entrevue aux Matins d'ici.

Une femme devant le Gîte Ami.

La directrice générale du Gîte Ami, Lise Paradis, recherche un lieu de quarantaine pour les personnes itinérantes qui présenteraient des symptômes (archives).

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Les réunions se succèdent pour tenter de trouver un endroit où acheminer les personnes qui présentent des symptômes ou qui auraient été diagnostiquées.

Pour l’instant on n’accepte pas de nouvelles personnes. On parle de 60 personnes au refuge et notre but est de diminuer à 40 personnes pour que chaque usager puisse avoir chambre individuelle, a ajouté Mme Paradis.

Entre-temps, le Gîte Ami a placé des affiches avec des pictogrammes rappelant notamment de tousser dans le coude. Il enlève aussi une chaise sur deux dans la salle communautaire pour garder une certaine distance.

D’autres réunions doivent avoir lieu ce mercredi, notamment avec le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais et la Ville de Gatineau.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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