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COVID-19 : le milieu des affaires réclame à Québec des garanties de prêt

Un ouvrier se sert d'une meuleuse.

Un ouvrier travaille à la fabrication d’un escalier en acier.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

La communauté des affaires salue le plan d’intervention économique de 27 milliards de dollars d’Ottawa et se tourne maintenant vers Québec, qui devrait annoncer sous peu sa stratégie pour aider les PME.

Les gens d’affaires fondent de grands espoirs sur l’aide québécoise attendue depuis quelques jours.

Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc, s’attend à ce que cette aide comporte des outils qui s’apparentent à des garanties de prêts. Des outils, explique-t-il, qui diminueront le risque pour les banques d’avancer des liquidités à des entreprises.

À partir du moment où on diminue les niveaux de risque pour la banque, elle se montre plus généreuse, elle prête davantage, et celui qui peut faire ça, c’est le gouvernement, croit Michel Leblanc.

Car il faut sans tarder s’occuper des petites et moyennes entreprises de service ou manufacturières qui s’inquiètent parce que les clients les désertent.

Ces commerces et entreprises peinent à s'acquitter de leurs nombreuses obligations : salaire à verser aux employés, contrats, ententes à respecter, prêts à rembourser, affirme le dirigeant de la CCMM.

On s’attend à ce que les mécanismes d’aide passent beaucoup par les banques. Chaque entreprise, chaque PME, a une relation avec un banquier, et donc ça veut dire que c’est une institution qui connaît sa situation.

Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Il ne faudra pas pour autant que ces prêts consentis par les institutions financières et garantis par le gouvernement viennent fragiliser davantage les entreprises en alourdissant leur dette, explique le président de la CCMM.

Le coup de pouce de Québec devra aussi, par la suite, prendre une autre forme, estime Michel Leblanc.

Les gens n’aiment pas au gouvernement qu’on parle de subvention, mais ça prendra la forme d’une aide quelconque. Je m’attends à ce qu’Investissement Québec soit très sollicité pour cette solution à plus long terme.

En attendant, plusieurs commerçants désemparés naviguent à vue en eaux troubles.

Les fermetures se multiplient, les mises à pied aussi.

Par exemple, le détaillant de vêtements pour hommes Ernest ferme ses 45 magasins et remercie temporairement plus de 230 employés.

« Il fallait mettre de côté nos émotions et dire que la sécurité de nos employés et la sécurité de nos clients passent avant tout. Ça a été une décision très difficile », explique Myriam Beaulieu, directrice artistique et coordonnatrice du marketing de l’entreprise.

La direction ne craint pas pour la survie du commerce, mais tout dépendra de la durée de la crise dans laquelle le coronavirus plonge le monde entier.

Si c’est plus de deux mois, ça va commencer à être un peu plus difficile pour nos collections qui sont à venir, notre automne […] parce que la plupart des vêtements ont une durée de vie saisonnière.

Myriam Beaulieu, directrice artistique et coordonnatrice du marketing chez le détaillant de vêtements pour hommes Ernest
Des chaises sur des tables dans un restaurant fermé.

L’impact de la COVID-19 sur le commerce au détail au Canada est catastrophique.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La sélection naturelle

Chez Ernest comme ailleurs, on croit que le commerce de détail aura du mal à se relever de la crise actuelle.

Le commerce de détail, qui vivait déjà une crise liée aux achats en ligne, en plus de devoir composer avec une transformation des comportements des consommateurs, arrive dans cette situation-là avec beaucoup de fragilité. Je m’attends à ce que des commerces de détail ne survivent pas. On a vu déjà des chaînes, de grandes chaînes, juste avant cette crise, commencer à lancer des signaux de détresse. Donc là, il va y avoir de la sélection naturelle, assure Michel Leblanc.

À plus long terme, d’autres secteurs comme celui de l’automobile vont pâtir de cette crise. Quand 50 % des ménages ont des problèmes de liquidité, les notions d’épargne et d’endettement vont être redéfinies.

Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal

Des changements de comportement sont à prévoir et sont même souhaités par certains.

Il y a déjà beaucoup de sensibilisation qui se fait depuis des années au sujet de l’achat local, de [la nécessité] d’encourager les commerces de notre collectivité. Une crise comme celle qu’on connaît présentement démontre à quel point ces entreprises-là sont importantes pour nos quartiers, pour nos collectivités, conclut Jasmin Guénette, vice-président aux affaires nationales de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

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