•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Faut-il avancer les vacances de la construction?

Un immeuble en construction

Un immeuble à condos locatifs en construction dans le secteur Saint-Nicolas, à Lévis.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Préoccupé par la propagation du coronavirus, un entrepreneur de la région de Québec presse le gouvernement de fermer les chantiers de construction temporairement et propose que les travailleurs prennent exceptionnellement leurs vacances d’été maintenant.

On pourrait réussir à s’entendre avec le gouvernement et prendre les deux semaines de la construction dès lundi, suggère Carl Beaudoin, associé principal chez Groupe Beaudoin, une entreprise spécialisée en plomberie et mécanique du bâtiment.

Selon lui, l'idée d'avancer les vacances est la meilleure solution pour protéger la santé des travailleurs de la construction tout en leur assurant un salaire.

Je comprends qu’être en vacances et être confiné chez nous ce n’est pas la meilleure des choses, admet Carl Beaudoin. Par contre, dans le contexte actuel et avec tout ce qui se passe en Italie et en Chine, il va falloir faire un effort.

L’être humain est plus important que le côté construction.

Carl Beaudoin, associé principal chez Groupe Beaudoin
Un homme tenant un trophée

Carl Beaudoin, associé principal chez Groupe Beaudoin, une entreprise spécialisée en plomberie et en mécanique du bâtiment

Photo : Desjardins Entreprises

L’homme d’affaires de Lévis constate que ses employés sont préoccupés, qu’ils n’ont pas la tête à travailler et que les directives du gouvernement sont difficiles à respecter sur un chantier de construction, notamment celle de garder une distance d’un à deux mètres entre les travailleurs.

Dans le domaine de la plomberie, il faut travailler en équipe et parfois, il faut être proche pour l’installation de certains équipements, explique-t-il. Son entreprise est présente sur une trentaine de chantiers en ce moment.

Carl Beaudoin espère que le gouvernement du Québec va ordonner la fermeture temporaire des chantiers de construction le plus rapidement possible afin d’être cohérent avec l’ensemble des autres mesures annoncées jusqu’à maintenant.

Une idée qui est techniquement possible à réaliser selon la Commission de la construction du Québec (CCQ). Le porte-parole, Pascal Gélinas, explique que les chèques peuvent être déposés plus tôt s’il y a une demande commune présentée par les parties patronale et syndicale.

Si c’est la meilleure solution, au bout de la ligne, on est pour.

Jean-Yves Morissette, président de Construction Dinamo
Un homme portant des lunettes debout devant des commerces

Jean-Yves Morissette, président de Construction Dinamo

Photo : Radio-Canada

En tant qu'entrepreneur général, Jean-Yves Morissette affirme que, plus que jamais, la priorité est la santé et la sécurité des travailleurs.

Que ce soit pour la fermeture temporaire des chantiers ou l’idée de devancer les vacances, toute décision doit être prise pour assurer la protection des employés.

Ce qui est le mieux pour les gens, pour l’industrie et pour la protection des gens, on va être pour. On va embarquer dans le train comme on dit, mentionne M. Morissette.

Feuilles de papier indiquant les consignes de sécurité collées sur une porte.

Construction Dinamo affiche clairement les plus récentes consignes adaptées à chaque chantier concernant la COVID-19 pour assurer la sécurité de tous.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Chez Goupe Noël, où on emploie en tout 350 personnes, on constate que les travailleurs sont inquiets et que les enjeux sont nombreux.

L’insécurité, c’est l’enjeu majeur. Et il y a aussi la difficulté de se procurer le matériel adéquat pour désinfecter les espaces de travail, constate la conseillère en ressources humaines, Marie-Michèle Boucher.

L’entreprise envisage actuellement tous les scénarios possibles, dont la fermeture des chantiers de construction.

On suit les directives du gouvernement. S’il y a des directives, on va s’y conformer, assure Johanne Laurin, coordonnatrice aux communications chez EBC, entrepreneur général en construction.

Conséquences catastrophiques à prévoir

La fermeture temporaire des chantiers de construction n’est cependant pas souhaitable, selon Guillaume Houle, porte-parole de l’Association de la construction du Québec (ACQ).

Le gouvernement nous a demandé de laisser les chantiers de construction ouverts, ce que nous entendons faire, dit-il.

C’est une question de solidarité envers les travailleurs de la santé qui sont au front présentement, explique M. Houle. Ils ont besoin de l’économie du Québec pour les soutenir et l’industrie de la construction est une très grosse part de l’économie du Québec.

Guillaume Houle rappelle qu’en 2017, lors de la grève, les pertes financières étaient de l’ordre de 40 à 45 millions de dollars par jour.

On doit ajuster nos pratiques et on invite les gens à faire preuve de diligence dans la situation actuelle, affirme M. Houle, invitant les entrepreneurs à prendre les mesures nécessaires pour limiter la propagation du nouveau coronavirus.

D'un autre côté, mercredi, la FTQ Construction et le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction ont demandé la fermeture temporaire de tous les chantiers de construction pour freiner la propagation du coronavirus.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !