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Quelles sont les conséquences d’un baril de pétrole à moins de 10 $?

Deux chevalets de pompage au nord de l'Alberta en hiver.

Le prix du baril de pétrole brut canadien s'est établi à 7,63 $ mercredi.

Photo : Radio-Canada / Genevieve Laurent

Radio-Canada

Le prix du baril de pétrole brut canadien est passé sous la barre des 10 $. Selon des experts, le cours pourrait continuer à chuter et les conséquences pour l’économie s’aggraver, notamment en Alberta. 

Le prix du baril de Western Canadian Select, le pétrole brut extrait des sables bitumineux albertains, a plongé de 4,60 $, mercredi 18 mars, pour s'établir à 7,63 $.

Le baril de référence américain (West Texas Intermediate), lui, a atteint son prix le plus bas depuis 2003. En fin de journée, son cours valait 20,37 $US, accusant une chute de 24,42 %.

Cette chute des prix s’explique par la loi de l’offre et de la demande, résume Joseph Doucet, doyen de la Faculté d'administration à l’Université de l’Alberta. 

Plus tôt ce mois-ci, deux géants de l’énergie, la Russie et l’Arabie saoudite, se sont lancés dans une guerre des prix, entraînant vers le bas le prix du pétrole.

La pandémie de coronavirus pourrait aussi accentuer la chute. [La pandémie a] un impact sévère sur l’économie et notamment sur l’économie du transport, explique M. Doucet. On voit les entreprises aériennes qui coupent des vols, qui réduisent l'achalandage, des particuliers qui ne rentrent pas au travail… La demande en produits pétroliers essuie un dur coup présentement, d'où l’impact sur les prix.

M. Doucet affirme que, pour la plupart des producteurs, le prix actuel du baril est déjà inférieur aux coûts de production. 

Mais les cours pourraient continuer à chuter selon lui. Ça pourrait descendre à 0 $, affirme-t-il. On pourrait même voir des prix négatifs, ce qui voudrait dire que des producteurs paieraient des acheteurs pour qu’ils prennent leurs produits, tout simplement pour désengorger le système.

Perte de revenus

Les entreprises qui le peuvent vont réduire leur production ou l’arrêter complètement, souligne-t-il.

À très court terme, c’est une situation urgente de crise pour les travailleurs, pour les entreprises et pour les gouvernements, puisqu'il y a une [baisse] importante au niveau des recettes fiscales, avance Joseph Doucet.

Selon lui, on ne peut pas, dans l’immédiat, évaluer précisément les répercussions de la crise ni savoir combien de temps elle durera. 

Mais à plus long terme, tout le monde s'attend à voir cette crise éventuellement s’estomper. On s’attend à voir l'économie reprendre, espère-t-il. 

Lyy Nellis, chef des opérations pour l'organisme de défense des secteurs pétroliers et gaziers Canada Action, s'inquiète, elle aussi, des conséquences. Elle s’attend à voir disparaître de nombreux emplois et de nombreuses entreprises qui ne seront plus là dans six mois

Elle s'inquiète aussi pour les provinces. L’Alberta, la Saskatchewan, la Colombie-Britannique, et certainement Terre-Neuve vont être dévastées en raison des pertes de revenus, annonce-t-elle. 

Avec les informations de Charlotte Dumoulin

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