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Des imprimantes 3D pour sauver des vies

« Nous pouvons attendre et regarder la souffrance des autres, ou essayer d’agir. »

Une imprimante 3D

Le mouvement s’est mis en branle après qu’un hôpital italien a lancé un appel à l’aide.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Laurianne Croteau

Près de 3000 amateurs d’imprimantes 3D de la planète s’organisent afin de prêter main-forte aux hôpitaux en cas de pénurie de certaines fournitures médicales. Une soixantaine de Canadiens en font partie, mais il n’existe encore aucune organisation locale formelle.

Malcom Goth, un amateur d’imprimantes 3D de Sainte-Marie-de-Kent, au Nouveau-Brunswick, a ajouté son nom mardi à la liste mondiale de bénévoles qui possèdent l’équipement ou les compétences pour imprimer du matériel médical en trois dimensions en cas de pénurie.

Il se tient prêt à offrir de l’aide et reconnaît l’importance d’un tel geste.

Si on ne fabrique pas de ventilateurs additionnels, il risque d’y avoir beaucoup plus de morts. C'est une façon d’offrir du renfort.

Malcom Goth, amateur d'imprimante 3D

Un mouvement mondial lancé en Italie

Le mouvement s’est mis en branle après qu’un hôpital italien a lancé un appel à l’aide, son personnel constatant une pénurie de valves utilisées pour les respirateurs artificiels. Ces derniers permettent de souffler de l’oxygène dans les poumons, qui ne peuvent plus remplir leurs fonctions lorsqu’ils sont trop ankylosés par l’infection.

Le fondateur d’Isinnova, une jeune entreprise italienne de 14 employés, a proposé ses services pour pallier le manque d’équipement, qui était en forte demande depuis le début de la pandémie de coronavirus.

On nous a dit que l'hôpital cherchait désespérément plus de valves. Elles sont appelées vannes Venturi et sont impossibles à trouver pour le moment, la production ne peut pas répondre à la demande, a expliqué Cristian Fracassi en entrevue avec l'agence de presse Reuters.

Après avoir contacté l’hôpital, son équipe a imprimé des prototypes de valves que les professionnels de la santé ont pu tester. Les tests se sont révélés concluants. L’équipe a donc augmenté la production à 100 valves… en quelques heures seulement. Au moins 10 patients utilisaient une valve le soir même.

La ministre italienne de l’innovation technologique, Paola Pisano, a souligné cette réussite dans un tweet au lendemain de l’événement.

Félicitations à Cristian Fracassi et à tous ceux qui l'ont aidé à imprimer les valves des respirateurs manquantes de l'hôpital Chiari de Brescia.

Paola Pisano, ministre italienne de l’innovation technologique

Ces valves coûtent plus de 15 000 $ lorsqu’elles sont achetées auprès du manufacturier, mais l’équipe d’ingénieurs les produit pour moins de 2 $.

Un design complexe

Les ingénieurs mettent toutefois en garde ceux qui voudraient faire de même : ces pièces ne sont pas faciles à produire.

La valve a des trous et des tubes très fins, qui font moins de 0,8 millimètre, explique Cristian Fracassi. Il faut aussi s’assurer de ne pas contaminer le produit. Ça devrait vraiment être produit de manière clinique.

Christian Fracassi partage les détails de la valve dans une vidéo publiée sur Facebook.

Même si le fabricant d'origine ne pouvait pas répondre au volume demandé par les hôpitaux, il a refusé de partager le design du produit, nécessaire pour en imprimer des copies 3D. Il a d’ailleurs menacé Christian Fracassi de le poursuivre pour contrefaçon de brevet s'il tentait de les concevoir et de les fabriquer par lui-même, selon Business Insider Italia (Nouvelle fenêtre).

Cette éventualité ne freinerait pas Malcom Goth.

En toute honnêteté, si je devais me rendre devant les tribunaux, je leur dirais que j'essaie de sauver des vies. Si une entreprise veut me poursuivre pour ça, alors qu’ils le fassent.

Malcom Goth, amateur d'imprimante 3D

Le Néo-Brunswickois possède une imprimante de haute qualité, et est persuadé qu’il pourrait aider à fabriquer des fournitures s’il pouvait accéder à des fichiers de design de qualité.

« Des besoins à déterminer »

Mais les besoins des hôpitaux du Nouveau-Brunswick sont encore à déterminer, selon Thomas Lizotte, porte-parole du réseau de santé Vitalité.

Nous sommes présentement en train de faire la liste des effectifs dans le but d’être proactifs vis-à-vis la COVID-19. Nous travaillons fort afin d’éviter un manque potentiel de fourniture.

Les modèles de fournitures médicales imprimables se multiplient sur le web et l’expertise risque de voyager rapidement, puisqu'ils sont gratuits et libres d’accès (Nouvelle fenêtre) (open source). Plus de 2800 bénévoles sont inscrits au Project Open Air en date du 17 mars afin de répondre à la pandémie.

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