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Covid-19 : tout un défi pour les refuges pour itinérants

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Chez Willie et La Piaule de Val-d’Or

Photo : Radio-Canada / Melanie Picard

Les refuges pour itinérants font face à un défi de taille avec la propagation appréhendée du coronavirus sur le territoire du Québec. Alors que les autorités de la santé publique recommandent à la population de limiter les contacts et rester à la maison autant que possible, des mesures que les itinérants peuvent difficilement appliquer.

Au centre de jour Chez Willie/Nigan de Val-d’Or, il est présentement impossible pour les autorités de mettre en place des mesures de distanciation sociale auprès de la clientèle, qui se compose généralement de 45 à 50 personnes chaque jour.

Nous avons un espace très limité, et on se retrouve avec beaucoup de gens très collés ensemble, confirme Stéphanie Quesnel, gestionnaire de ce service au Centre d’amitié autochtone. C’est impossible d’appliquer une distance d’un mètre entre eux. C’est très inquiétant, parce qu’on ne pourra pas juste dire à ces gens de rester isolés chez eux s’ils présentent des symptômes. Ils n’en ont pas, de chez-eux.

L’organisme a tout de même mis des mesures en place et réaménagé ces espaces tant bien que mal, en utilisant son sous-sol et son garage. On demande aussi aux gens qui ont accès à un logement d’y rester dans la mesure du possible.

On est en mode recherche de solutions, ajoute Mme Quesnel. Peut-être que d’avoir accès à un lieu plus grand pourrait nous permettre d’offrir des services en respectant les directives. On espère que le gouvernement va mettre en place rapidement des mesures pour nous. On serait devant une situation catastrophique s’il y avait des cas dans cette population-là.

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Chez Willie et La Piaule de Val-d’Or

Photo : Radio-Canada / Melanie Picard

La Piaule maintient le cap

Cette inquiétude est partagée à La Piaule, où l’on sert une centaine de repas par jour à une clientèle itinérante et vulnérable, en plus d’héberger 50 personnes chaque nuit.

Présentement, ça se passe très bien, parce qu’on n’a aucun cas de contagion, se réjouit le président Stéphane Grenier. Mais on a un niveau d’achalandage extrêmement élevé, parce que les personnes itinérantes n’ont nulle part où aller, avec autant de commerces et restaurants qui sont fermés. On a des mesures d’hygiène accrues, mais c’est impossible de créer de la distanciation. On ne peut pas fermer de services. C’est hors de question de laisser des gens dormir dans le froid. On n’a pas de cas à Val-d’Or, mais ça nous angoisse. On met beaucoup de valeur sur la vie humaine et c’est trop important pour faire des sacrifices en lien avec des règles de contingence dictées par la santé publique.

Propagation rapide

La grandeur des locaux de La Piaule permettrait de créer une zone d’isolation si des gens développaient la maladie, mais l’organisme craint une propagation rapide du virus chez les itinérants si la maladie frappe le centre-ville de Val-d’Or.

C’est mon plus grand cauchemar, parce que La Piaule deviendrait le point chaud s’il y a des cas confirmés, affirme Stéphane Grenier. On peut créer une zone d’isolement dans notre hébergement d’urgence, mais j’ai bien peur que ça se propagerait comme une traînée de poudre. C’est une clientèle mobile et ceux qui auront des symptômes auront sans doute été contagieux depuis des jours.

Craintes pour le personnel

Les organismes ont aussi des craintes pour leur personnel, qui doit aller au front et tenter tant bien que mal d’appliquer des mesures préventives.

C’est toujours un souci pour nous, affirme Stéphanie Quesnel. On veut que les membres soient en sécurité, mais aussi notre personnel. On a des gens dévoués à la cause. Leur désir de faire leur part est là et il faut le saluer. En même temps, on ne veut pas les mettre à risque. On essaie de limiter l’accès et maximiser l’espace des gens. On doit trouver des alternatives avant l’éclosion de cas. On ne veut pas attendre un événement malheureux avant de se mobiliser et mettre des choses en place.

Le réseau est confiant

Selon le Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ), les défis rencontrés dans la région sont bien présents partout dans la province, surtout en ce qui a trait à la pénurie de personnel et au manque d’espace pour des quarantaines. L’organisme dit entretenir des contacts étroits avec les autorités du ministère de la Santé et des Services sociaux, et on dit avoir bon espoir que l’appel à l’aide du réseau de lutte à l’itinérance sera entendu.

Les mesures sont en train de se mettre en place, et des éléments vont se développer au fur et à mesure que les besoins vont changer, estime Laury Bacro, coordonnatrice du RSIQ. On voit une belle collaboration entre les milieux. Que ce soit avec le ministère, les villes et même les partis d’opposition, on remarque dans les conversations une réelle volonté de mettre en place des mesures efficaces. Le milieu communautaire est pris en considération et les solutions sont en train d’être envisagées.

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Abitibi–Témiscamingue

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