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COVID-19 : les messages de prévention passent-ils bien dans les communautés culturelles?

Une personne se lavent les mains.

Les autorités sanitaires demandent au public de se laver les mains et de pratiquer la distanciation sociale.

Photo : iStock

Radio-Canada

Alors que la progression de la pandémie au Canada a forcé plusieurs provinces à déclarer l’état d’urgence, les autorités sanitaires envoient des messages très clairs à la population pour qu’elle limite les risques de propagation. Mais ces appels à la prudence sont-ils entendus de tous?

Un texte de Gabriel Nikundana

La plateforme Whatsapp à laquelle se branchent plusieurs membres des communautés africaines de Windsor est inondée de messages qui vantent l’efficacité des traitements traditionnels africains contre le coronavirus.

J’ai suivi un médecin traditionnel qui recommandait aux gens d'utiliser le gingembre, de mélanger l’ail avec les citrons et le miel et de boire ça trois fois par jour, explique Gasmi Kennedy, président de l'Association camerounaise du Sud-Ouest de l’Ontario.

Capture d'écran d'un message publié sur Whatsapp qui affirme que les Noirs ne peuvent pas être gravement touchés par le coronavirus en raison de leur peau.

Sur les médias sociaux, des messages relaient de fausses informations concernant le coronavirus. Ici, la publication se réfère au médecin congolais, récipiendaire de plusieurs prix internationaux pour ses recherches sur le virus ébola, le Dr Jean-Jacques Muyembe, pour crédibiliser ses propos.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Nikundana

L’attention accordée aux guérisseurs traditionnels persiste et va à contre-courant des campagnes officielles de prévention contre la pandémie, constatent en effet plusieurs leaders de la communauté qui craignent cette désinformation.

Malheureusement, nous recevons des messages qui nous disent que l’Africain ne peut pas attraper cette maladie. Nous sommes parfois déçus de voir ce qu’on peut affirmer, constate Jacques Lehani Kagayo, le président de la Communauté congolaise de Windsor-Essex.

Ce n’est pas le temps des blagues. En blaguant, on risque de faire tomber quelqu'un dans l’ignorance et risque même d’attraper la maladie.

Jacques Lehani Kagayo, le président de la Communauté congolaise de Windsor-Essex
Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Ils relaient donc les messages des gouvernements et encouragent les membres de leur communauté à appliquer les mesures préconisées.

Tout le monde est conscient que c’est un danger public et nous avons été appelés à nous méfier, à éviter les grands rassemblements publics, indique M. Kennedy.

La bonne nouvelle est que 90 % de nos membres sont des enseignants, c’est-à-dire qu’ils sont assez renseignés et assez éduqués.

Gasmi Kennedy, président de l'Association camerounaise du Sud-Ouest de l’Ontario

De son côté, M. Lehani Kagayo, c'est l'éducation qui va permettre la transmission d'un message clair, fiable et précis.

Zweli Mkhize, debout au Parlement de l'Afrique du Sud.

Le ministre sud-africain de la Santé, Zweli Mkhize, a confirmé jeudi un premier cas de COVID-19 dans le pays. « Ça deviendra une crise nationale », a prédit le président Cyril Ramaphosa.

Photo : Reuters / Sumaya Hisham

Une diaspora tournée vers la crise en Afrique

Plusieurs pays africains sont aussi touchés par la pandémie et, depuis le début de la crise, les membres de la diaspora africaine au Canada s'inquiètent pour leurs proches.

Je suis en train déjà de voir la situation sécuritaire qu’il y a dans cette région de l'Afrique des Grands Lacs. La gestion du territoire pose déjà un problème et si cette épidémie s'ajoute à cela, c’est très dangereux, explique Basile Bakumbane qui réside à Windsor depuis une dizaine d'années.

Là aussi, la préoccupation est de lutter contre la désinformation, qui freine énormément les efforts pour contrer la propagation du virus.

Ce que moi je fais régulièrement, c’est de donner d’abord de l'information. J'en donne déjà sur les médias sociaux parce que je suis en interconnexion avec beaucoup de personnes à travers l’Afrique, confie M. Bakumbane.

On demande aux autres membres qui sont ici ou ailleurs de continuer à soutenir ceux qui sont restés avec des informations fiables qui peuvent les aider, qui peuvent sauver la vie des personnes.

Basile Bakumbane, résident de Windsor originaire de la République démocratique du Congo

Selon les données du Center for Systems Science and Engineering (CSSE) de la Johns Hopkins University (Nouvelle fenêtre) , qui compile les statistiques en temps réel, il y avait un peu moins de 500 cas de contamination confirmés dans les pays africains en date du 17 mars.

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