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L’Alberta revient sur sa promesse et met en vente une prairie naturelle

Une immense prairie.

La vente aura lieu le 31 mars sur un site d'enchères en ligne.

Photo : CLHbid.com

Radio-Canada

Le gouvernement de l'Alberta va mettre aux enchères une parcelle de prairie naturelle pour qu’elle soit transformée en terrain agricole alors que le ministre de l’Environnement avait annoncé récemment qu’aucune terre de la Couronne ne serait vendue. 

Le terrain de 65 hectares se situe dans le sud de la province, à une trentaine de kilomètres à l’est de la ville de Taber. 

Sur le site Internet de la société de vente aux enchères CHLbid.com, on peut lire que cette parcelle n’a jamais eu de propriétaire privé et a toujours été en pâturage

Il y est écrit que cette terre peut être transformée rapidement pour produire des céréales, des oléagineux ou des légumineuses. L'annonce promet de bons rendements

La vente aura lieu le 31 mars avec une mise à prix à 440 000 $.

Espèces sensibles

Selon les données gouvernementales, cette parcelle accueille au moins trois espèces sensibles : le crapaud à couteaux, ainsi que le pipit de Sprague et l’engoulevent d'Amérique, deux espèces d’oiseaux. 

Cette vente est une mauvaise idée, défend Neil Keown, de l’association à but non lucratif Backcountry Hunters and Anglers

Cela crée un précédent, alors que le ministre avait dit exactement l’inverse il y a à peine deux semaines. 

Neil Keown, Backcountry Hunters and Anglers

Neil Keown fait référence à une déclaration du ministre de l'Environnement et des Parcs, Jason Nixon, le 5 mars au Calgary Herald. Nous ne vendons aucune terre publique ou terre de la Couronne, point final, avait-il alors affirmé. 

Cette garantie du ministre faisait suite à l’annonce de la province de fermer totalement ou partiellement 20 des sites d’Alberta Parks. 

Le gouvernement avait annoncé en même temps qu’il souhaitait se séparer de 164 autres sites et envisageait notamment de les vendre. 

La porte-parole du ministère de l’Environnement, Jess Sinclair, a précisé que cette déclaration du ministre au Calgary Herald faisait référence aux terres de la Couronne qui étaient utilisées par Alberta Parks. 

Or, la parcelle vendue a toujours été utilisée comme pâturage et d’autres pâturages ont déjà été vendus avant, explique-t-elle. 

Mme Sinclair précise que les recettes de la vente alimenteront un fonds pour la préservation. 

Même si le ministre avait indiqué que ces terres publiques ne seraient pas à vendre, elles le sont clairement, regrette Cliff Wallis, du groupe environnemental Alberta Wilderness Association. Il aimerait que le gouvernement précise les circonstances dans lesquelles des terres publiques peuvent être vendues. 

Kevin Van Tighem, un environnementaliste et ancien responsable du parc national de Banff, s’interroge lui aussi sur la franchise du gouvernement. 

C’est très frustrant… Avoir un ministre responsable de l'environnement qui dit qu’aucune terre de la Couronne ne sera vendue et puis de découvrir cela... commente-t-il. Il y a beaucoup d’endroits [...] qui sont potentiellement en danger si nous avons un gouvernement qui ne voit que le prix d’une terre et pas sa valeur.

Champ de pommes de terre

Selon Neil Keown, un acheteur potentiel de la parcelle de Taber est la même personne qui avait essayé d'acquérir le terrain en 2011 pour le transformer en champ de pommes de terre. 

Cette vente, d’une parcelle alors plus large, avait été stoppée en raison d’un tollé général.

Des données du gouvernement provincial montrent que plus de la moitié des prairies originelles de l’Alberta ont été labourées ou asphaltées. 

Moins de 2 % de ce qui reste est protégé alors que les trois quarts des espèces menacées de la province se trouvent dans ces prairies. 

Chaque parcelle de prairie naturelle qu’il nous reste est précieuse. 

Cliff Wallis, du groupe environnemental Alberta Wilderness Association

Les zones tempérées sont un des habitats qui disparaissent le plus rapidement sur la planète, précise M. Wallis.

Il note qu’il n’y a eu aucune consultation au sujet de cette vente, tout comme il n’y en a eu aucune pour les sites d’Alberta Parks. Au printemps dernier, dans sa plateforme électorale, le Parti conservateur uni avait promis de moderniser les parcs et de vendre des terres publiques. 

Avec les informations de La Presse canadienne

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