•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : la Saskatchewan pourrait ne pas respecter l'équilibre budgétaire

Donna Harpauer, en plein discours à l'Assemblée législative, applaudit par tous ses collègues, dont le premier ministre Scott Moe.

La ministre des Finances, Donna Harpauer, a annoncé mardi que seules les dépenses pour 2020-2021 seront présentées (archives).

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Radio-Canada

La ministre des Finances de la Saskatchewan, Donna Harpauer, explique que le coronavirus a contrecarré les plans du gouvernement provincial, qui avait promis plusieurs fois de présenter un budget équilibré pour une deuxième année d’affilée.

La ministre s’attend à ce qu'il y ait un potentiel déficit budgétaire, et promet de partager en temps et lieu les mises à jour économiques lorsque les circonstances le permettront.

« Il est plus que jamais essentiel de maintenir notre économie aussi forte que possible. »

— Une citation de  Donna Harpauer, ministre des Finances de la Saskatchewan

La pandémie a également forcé Donna Harpauer à ne présenter que les dépenses prévues pour la prochaine année. Les revenus seront quant à eux présentés « lorsque la situation sera plus stable », dit-elle, car en ce moment, il est impossible de prévoir les revenus étant donné que le marché est trop volatil. Ce ne serait pas prudent, ajoute-t-elle.

Malgré les changements et les imprévus survenus ces derniers jours, la ministre est fière des investissements prévus par le gouvernement du premier ministre Scott Moe. Crise du coronavirus ou pas, il était impératif pour elle de les présenter, ne serait-ce que « pour assurer la stabilité », dit-elle.

Si les dépenses estimées ne sont pas adoptées par l'Assemblée législative, la province prévoit utiliser des mandats spéciaux.

La province assure tout de même être dans une « position financière solide » pour faire face aux défis actuels, de même qu’à ceux qui pourraient survenir éventuellement. Pour justifier la situation, Donna Harpauer énumère trois raisons : la Saskatchewan possède 1,3 milliard de dollars de réserves de liquidités à utiliser en cas d’urgence, le ratio de la dette nette par rapport au PIB de la province est l’un des plus faibles au Canada et la dépendance aux revenus du pétrole a baissé de 13,3 % à 4,7 %.

Malgré le déficit, la ministre des Finances ne s’attend pas, pour l’instant, à une hausse de taxes, estimant qu’il ne serait « pas judicieux » de prendre une telle décision.

Investissements massifs en santé

Si l'on compare ce budget à celui de l’année précédente, la Saskatchewan injecte 211 millions de dollars de plus dans le domaine de la santé, pour ainsi porter le total des dépenses à 5,77 milliards de dollars.

En tout, 3,74 milliards de dollars seront remis à l’Autorité de la santé de la Saskatchewan (SHA) pour les professionnels de la santé en première ligne dans la bataille contre la pandémie de COVID-19. Pour la SHA, il s’agit d’une enveloppe de plus de 140 millions de dollars par rapport à l’an dernier.

Pour l’instant, la province est frappée par 16 cas de COVID-19. Elle a décidé avec son médecin hygiéniste en chef, Saqib Shahab, d’opter pour une approche « proactive » plutôt que d’attendre une importante propagation.

De plus, la ministre Harpauer soutient qu’il est possible qu’il soit nécessaire de procéder à « d’autres dépenses » pour traiter les effets sanitaires et économiques du virus. Questionnée à quelques reprises par les journalistes sur le plan du gouvernement si la COVID-19 prenait de l’ampleur en Saskatchewan, elle répond qu’il faut plutôt poser la question à son homologue de la Santé, Jim Reiter, pour connaître les grandes lignes de ce plan.

Par ailleurs, une somme de plus de 400 millions de dollars sera investie pour la santé mentale, entre autres pour l’amélioration des soins et le traitement des dépendances. Par exemple, des services spécialisés de traitement de patients hospitalisés pour la méthamphétamine en cristaux dans la ville d’Estevan sont prévus.

Éducation : quelles actions pour les francophones?

En pleines négociations avec la Fédération des enseignants de la Saskatchewan pour un nouveau contrat de travail, la province a augmenté de 86 millions de dollars ses dépenses dans ce secteur.

Parmi les dépenses prévues de 2,56 milliards de dollars, plus de 75 %, soit 1,94 milliard, iront aux 27 divisions scolaires pour leurs fonds de fonctionnement en vue de l’année scolaire 2020-2021.

Un peu plus de 130 millions de dollars seront prévus comme dépenses de capital. Il s'agit d'une somme qui permettra de construire sept nouvelles écoles et de procéder à des rénovations majeures dans trois autres établissements scolaires.

Dans le communiqué de la province, aucune école du Conseil des écoles fransaskoises (CEF) n’est mentionnée. Pourtant, la province s’est engagée l’année dernière à construire trois nouvelles écoles francophones, à Regina, à Saskatoon et à Prince Albert, d’ici 2025.

De l’aide pour les familles

Quant aux services sociaux, la province y consacre 1,29 milliard dans son budget, ce qui correspond à une augmentation de 50,6 millions par rapport à l’année précédente. Dans les estimations, on peut observer une augmentation de 32 millions pour les services à l'enfant et à la famille de la province.

Dans un autre ordre d’idées, plus de 3,4 millions de dollars permettront le lancement d’une initiative permettant de rendre le logement plus abordable pour les personnes ou les familles qui ont besoin d’un soutien pour la location d’un logis.

À ce sujet, le chef de l’opposition officielle, Ryan Meili, avait récemment mentionné que les Saskatchewanais lui faisaient part des difficultés économiques qu’ils vivent et du fait que leurs salaires ne sont pas suffisants pour subvenir à leurs besoins.

Ryan Meili avait aussi soulevé que les salaires en Saskatchewan sont ceux qui montent le plus lentement à travers le pays, et ce, malgré une hausse du coût de la vie.

Autres dépenses estimées dans divers domaines :

  • Relations gouvernementales : 661 millions de dollars
  • Autoroutes et infrastructures : 647,8 millions de dollars
  • Agriculture : 366,2 millions de dollars
  • Immigration et Formation professionnelle : 175,5 millions de dollars
  • Environnement : 109,8 millions de dollars
  • Énergie et ressources : 74,9 millions de dollars
  • Parcs, Culture et Sport : 70,3 millions de dollars

Avec les informations de Thomas Gagné et d’Emmanuelle Poisson

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !