•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : Est-ce le temps d’acheter une propriété?

Une maison de trois étages avec une pancarte de vente.

La réduction des taux d'intérêt en réaction à la crise de la COVID-19 stimulerait la demande dans certains marchés immobiliers, tels que celui de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

La baisse des taux d’intérêt pousse davantage d’acheteurs potentiels à demander des prêts hypothécaires, constatent des courtiers immobiliers.

La Banque du Canada a réduit son taux directeur en deux temps, une baisse cumulée d’un point de pourcentage depuis le début du mois. Cette mesure, adoptée également par une forte majorité des banques centrales au monde, a pour but d’amortir le choc économique de la COVID-19.

Avec les deux baisses successives des taux d’intérêt, on a beaucoup d’acheteurs qui se qualifient et qui veulent profiter de cette occasion d’entrer dans le marché. Donc, c’est très compétitif.

Thomas Delespierre, agent immobilier chez Royal LePage à Toronto

L’agent immobilier constate que l’activité et les prix au cours des deux premières semaines de mars dans la métropole torontoise ont augmenté par rapport à cette même période l’an dernier, malgré la crise sanitaire qui perturbe l’économie.

Plusieurs acheteurs potentiels anticipent également un accès élargi aux prêts hypothécaires grâce au nouveau test de stress qui doit entrer en vigueur le 6 avril.

Le problème qui reste le même à Toronto, c’est un manque d’inventaire, souligne Thomas Delespierre, qui prédit que les prix des condos et des maisons continueront à augmenter.

Thomas Delespierre, devant une pancarte de vente et un pâté de maisons.

L'agent immobilier Thomas Delespierre constate un engouement chez les acheteurs potentiels en raison de la baisse des taux d'intérêt, malgré la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Selon l’Association canadienne de l’immeuble, le nombre de ventes de propriétés au pays a augmenté de 5,9 % le mois dernier, comparativement au mois de janvier. Dans le Grand Toronto, cette activité a grimpé de 15 %.

Il s’agit d’une des plus fortes hausses mensuelles recensées dans la dernière décennie, selon l’organisme, qui représente 130 000 agents immobiliers canadiens.

Le prix moyen des propriétés au Canada se chiffrait à 540 000 $ le mois dernier, une hausse de 15,2 % par rapport à février 2019. Excluant les marchés de Toronto et Vancouver, qui tirent la moyenne vers le haut, le prix moyen était de 410 000 $, ce qui comprend des hausses marquées à Ottawa (14,7 %), à Montréal (10,4 %) et à Moncton (7,5 %).

Immeubles à Vancouver

Les prix à Vancouver font augmenter la moyenne nationale.

Photo : Radio-Canada

Où ira la demande?

Tous ces facteurs, en principe, stimulent la demande, mais certains experts estiment que la soif des acheteurs, même dans les marchés surchauffés comme Vancouver et Toronto, pourrait s’atténuer face à l’incertitude économique.

Les conditions ont changé considérablement en mars en raison de la propagation de la COVID-19. L’activité devrait ralentir fortement, et même se replier, affirme l’économiste Brian DePratto de la Banque TD.

Mark Ting, gestionnaire de portefeuille chez Foundation Wealth à Vancouver, estime que la chute des marchés boursiers pourrait se faire sentir dans les marchés immobiliers.

Plusieurs nouveaux acheteurs se tournent vers la banque de maman et papa pour de l’aide avec leur mise de fonds. Mais après la perte de valeur de leurs investissements, plusieurs parents seront moins enclins, ou carrément plus capables, d’aider leurs enfants, dit-il.

Une maison de courtage Remax Ultimate sur laquelle on peut voir des annonces immobilières.

Des experts croient que la crise sanitaire découragera les achats immobiliers, ce printemps.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Pierre Leduc, porte-parole de l’Association canadienne de l’immeuble, affirme que la tourmente dans les différents marchés boursiers et les baisses de taux de la Banque du Canada ne nous permettent pas d’émettre des prévisions à ce moment.

Même son de cloche du courtier immobilier Claude Boiron, qui affirme que la pandémie de coronavirus et la baisse des taux d’intérêt jouent l’un contre l’autre. Il estime que les visites de propriétés et les offres placées seront moins nombreuses.

Quand on voyait, il y a trois semaines, 30 offres pour un condo relativement petit au centre-ville de Toronto, je m'attends quand même à ce qu'on en voie entre 5 et 10 dans les prochaines semaines.

Claude Boiron, courtier immobilier et chargé de cours à l'Université de Toronto

M. Boiron estime que l’avenir proche du marché immobilier dépendra beaucoup du déploiement de la bouée de sauvetage de 82 milliards de dollars annoncée par Ottawa mercredi.

Justin Trudeau devant sa maison.

Justin Trudeau a assuré aux Canadiens et aux entreprises, mercredi, qu'ils recevraient l'aide financière nécessaire.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Ce plan comprend une aide aux entreprises équivalente à 10 % de leur masse salariale, jusqu’à 20 000 $ par employeur, ainsi que des allocations spéciales pour les travailleurs autonomes et autres Canadiens qui ne bénéficient pas de l’assurance-emploi.

Je crois vraiment que ça va devenir évident dans les prochaines semaines, est-ce qu'il y aura suffisamment d’aide pour que les gens retiennent leur emploi et que les affaires puissent continuer à tourner, affirme M. Boiron.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !