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Travailleurs étrangers : le souhait de l'industrie des pêches en Atlantique exaucé

La frontière maintenant fermée, le fédéral annonce une exemption pour les travailleurs étrangers temporaires.

Des travailleurs dans une usine décortiquent des homards cuits.

Les usines de transformation de produits marins emploient habituellement de nombreux travailleurs étrangers temporaires.

Photo : CBC

Radio-Canada

Le souhait des transformateurs de produits marins dans les provinces de l’Atlantique a été exaucé mercredi : après avoir fermé la frontière entre le Canada et les États-Unis, le gouvernement fédéral prévoit maintenant une exemption pour des travailleurs étrangers temporaires.

Consultez notre dossier : Tout sur la COVID-19 en Atlantique

Le gouvernement de Justin Trudeau a annoncé cette semaine la fermeture des frontières du Canada à tous les étrangers, incluant les Américains, afin de réduire les risques de contagion au coronavirus au pays.

Dans les industries du homard, du crabe et de la crevette, notamment, on s’inquiétait et une exemption pour l’embauche de travailleurs étrangers temporaires était demandée au fédéral.

14 jours d'isolement pour les travailleurs étrangers

Dans une lettre adressée aux ministres fédéraux et expédiée mercredi, une trentaine d’intervenants des pêches en Atlantique demandaient justement une exemption pour éviter un coup dur potentiellement catastrophique.

Si les transformateurs ne pouvaient faire venir des travailleurs étrangers temporaires, certaines usines de homard, par exemple, pourraient voir leur capacité de production réduite d’environ 50 %, affirmaient-ils.

Mercredi après-midi, le ministre de la Sécurité publique a annoncé que les travailleurs étrangers temporaires, les étrangers détenteurs d’un visa de travail et les étudiants étrangers pourront entrer au Canada malgré la fermeture des frontières, mais ils devront passer 14 jours en isolement à leur arrivée.

Gilles Thériault est assis à son bureau

Bien des usines de transformation de produits marins ont besoin de travailleurs étrangers temporaires pour demeurer rentables, explique Gilles Thériault, président de l'Association des transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Avant l'annonce du fédéral, Gilles Thériault, président de l'Association des transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick, expliquait l’importance de ces travailleurs pour l'industrie dans la province.

Vous savez, il faut faire du volume pour rentabiliser une entreprise et si nous n’avons pas la main-d’oeuvre pour faire le volume, ça remet en question la rentabilité de notre opération. Ceci étant dit, actuellement au Nouveau-Brunswick on a de 35 % à 45 % de notre main-d'oeuvre qui provient de l’étranger. [...] C’est clair que si nos usines sont privées de ces gens-là, on a un problème très sérieux, affirme Gilles Thériault.

Les mesures prises par le gouvernement fédéral étaient trop sévères, disait de son côté la propriétaire de l’agence de recrutement de travailleurs saisonniers Port to Port Immigration, Marilyn Clark. Elle dit compter parmi ses clients une quinzaine d’usines de produits marins dans les Maritimes. Elle les aide à trouver des travailleurs, particulièrement au Mexique. Selon elle, le coronavirus n'est pas encore très présent au Mexique et le Canada aurait pu faire venir ces travailleurs.

Marilyn Clark interviewée sur un quai.

Marilyn Clark, propriétaire de l’agence Port to Port Immigration.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le coronavirus n’est pas étendu dans le pays. Donc on avait le temps de les [faire venir] quand même et de les mettre en isolement pareil comme les Canadiens qui sont rentrés de la Floride, du Mexique ou de partout ailleurs. Donc, c’est une mesure un peu sévère pour le contexte, affirmait Marilyn Clark , en ajoutant que les saisons de pêche sont très courtes.

L’industrie agricole canadienne ainsi que les industries manufacturières et de la construction partageaient aussi les craintes de l'industrie des pêches à l'égard de la fermeture des frontières aux travailleurs temporaires étrangers.

Dominic LeBlanc interviewé à son domicile.

Fermer la frontière aux étrangers n'est pas une solution que le gouvernement fédéral préconise à long terme, assure le ministre Dominic LeBlanc.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

En début de semaine, le président du Conseil privé de la Reine pour le Canada, Dominic LeBlanc, tentait de se faire rassurant et promettait qu'Ottawa aurait des solutions.

Le député fédéral de Beauséjour, au Nouveau-Brunswick, a dit comprendre l’inquiétude de l'industrie. Il a affirmé avoir discuté de solutions possibles avec le ministre de l’Immigration.

C’est quand même des obligations sanitaires qui ont été imposées aux frontières, mais on n’est pas insensible au besoin de trouver une solution, et ce, assez vite parce que la saison du crabe va débuter bientôt, par exemple, soulignait Dominic LeBlanc.

Isolement social difficile dans les usines?

L'industrie des fruits de mer avance par ailleurs que les directives de distanciation sociale lui poseront problème.

Les autorités de santé publique et les gouvernements recommandent d’éviter les rassemblements et de respecter une distance de deux mètres entre les personnes pour réduire les risques de contagion.

Avec des usines comptant plusieurs centaines d'employés, des intervenants de l'industrie des fruits de mer se demandent comment respecter ces directives tout en demeurant rentables.

Avec les renseignements de Nicolas Steinbach

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Nouveau-Brunswick

Industrie des pêches