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Les Premières Nations du nord du Manitoba s’organisent pour se protéger de la COVID-19

Le grand chef du regroupement Manitoba Keewatinowi Okimakanak Garrison Settee.

Le grand chef du regroupement Manitoba Keewatinowi Okimakanak Garrison Settee a annoncé mercredi de nouvelles mesures de distanciation sociale pour les communautés autochtones du Nord.

Photo : Radio-Canada

Alors que la province s’organise pour éviter la propagation communautaire du coronavirus, les Premières Nations du nord du Manitoba (MKO) s’organisent pour protéger les communautés isolées. Le regroupement ajoute des mesures d'éloignement social supplémentaires à celles de la province et veut éviter tout contact non nécessaire avec des personnes venues de l’extérieur des communautés.

Le grand chef du regroupement Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO) Garrison Settee est catégorique.

En tant que chefs autochtones, c’est notre mission de guider nos peuples. C’est une chose à laquelle nous sommes prêts. Nous avons une guerre devant nous, indique-t-il.

Pour ce faire, le regroupement autochtone, qui représente 26 Premières Nations du Manitoba, a décidé d’aller de l’avant avec les procédures de distanciation sociale.

Selon le grand chef, la situation des Autochtones est plus à risque que celle des autres Canadiens.

En raison de la détermination sociale, nous vivons dans une réalité différente. Avec des maisons surpeuplées, nous sommes plus à risque. C’est pourquoi nous avons besoin de plus de soutien, explique le grand chef Garrison Settee.

Ainsi, pour s’assurer que les communautés autochtones du Nord, qui sont souvent dans des zones reculées, ne sont pas contaminées par le virus, des mesures supplémentaires de protection sont prises.

Parmi elles, MKO a décidé de limiter les rassemblements à un maximum de 10 personnes, soit 30 personnes de moins que les recommandations de la province.

On demande aussi à ce que tous les événements sociaux soient reportés et que les écoles et garderies soient fermées.

De plus, le regroupement MKO demande de faire une revue complète des travailleurs dans les communautés capables de fournir des soins et des services de base. Les professionnels de la santé de plus de 60 ans ne doivent plus voir de patients.

Pour assurer que les communautés autochtones restent le plus possible loin d’un risque de contamination, ces dernières sont invitées à contrôler les entrées et sorties de leurs frontières.

On développe avec la province des mesures pour définir qui peut entrer et qui ne peut pas rentrer, indique le conseiller médical pour MKO, le docteur Barry Lavellee.

Le regroupement MKO demande également la mise en place de centres pour les communautés autochtones afin d'éviter aux résidents de se rendre dans des centres de santé jugés potentiellement à risque par MKO.

Pour sa part, le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, le Dr Brent Roussin, indique de son côté qu’aucun cas de COVID-19 n’a pour le moment été détecté au sein des Premières Nations.

Le grand chef Garrison Settee précise par ailleurs que le faible accès aux ressources de première nécessité dans le Nord pourrait être un enjeu à l’avenir. Il note déjà des besoins de produits désinfectants.

Ces décisions interviennent au lendemain de la demande du conseil exécutif de l’Assemblée des chefs du Manitoba de déclarer l’état d’urgence dans les Premières Nations de la province et de fermer leurs frontières.

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