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Gaston Miron en 1993.

Il y a 50 ans, Gaston Miron publiait son oeuvre maîtresse, L'homme rapaillé.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Le magnifique », voilà le surnom que donnaient ses amis à Gaston Miron, un des grands poètes du Québec. À l’occasion du 50e anniversaire de la publication de L’homme rapaillé, traçons un bref portrait de ce géant de la littérature d'ici.

L’homme rapaillé nous quitte

Le 14 décembre 1996, le Québec perd un de ses plus grands poètes. Gaston Miron nous quitte.

Téléjournal, 14 décembre 1996

Au Téléjournal ce jour-là, le journaliste Paul Toutant présente une brève biographie du poète.

L’œuvre de Gaston Miron n’est pas imposante, du moins en nombre de pages.

Elle a cependant fait une profonde impression au Québec et à l’étranger.

L'homme rapaillé, le recueil poétique le plus connu de Gaston Miron, serait l’œuvre littéraire québécoise la plus lue dans la francophonie.

L'ouvrage a été traduit en plusieurs langues étrangères, dont l’anglais, l’espagnol, l’italien et le polonais.

L'éveil d'une conscience sociale

Gaston Miron voit le jour en 1928 à Sainte-Agathe-des-Monts.

Encore jeune, il observe la réalité sociale dans sa ville natale.

Il constate que le français y est la langue de l’asservissement.

Puis, alors qu’il entre dans l'âge adulte, Gaston Miron connaît la pauvreté.

Au début des années 1960, il étudie en France. C’est là-bas que Gaston Miron découvre la réalité de la décolonisation.

Il transpose cette perspective dans la société québécoise de son époque.

Son œuvre littéraire et son engagement politique vont profondément s’en imprégner.

Le combat contre l'aliénation des Québécois francophones...

J’en suis rendu à me dire que c’est vrai qu’il y a un problème linguistique au Québec. Mais ce n’est pas celui qu’on pense.

Gaston Miron, 1976

Selon Gaston Miron, ce n’est pas ce qu’on appelle le joual qui est l’ennemi du français au Québec.

Le poète croit que la langue anglaise est la principale source du problème avec lequel est aux prises la société québécoise francophone.

La domination de l’anglais, de manière insidieuse, déstructure la langue française des Québécois.

Le français, calqué sur l’anglais, notamment au contact du bilinguisme officiel canadien, perd son sens et contribue à l’aliénation linguistique et, par extension, politique de ces derniers.

Le résultat est que la société québécoise stagne.

Les pouvoirs que possède la province de Québec dans la Confédération canadienne lui ont permis de survivre. Mais il n’y a eu aucune progression.

Le poète prône par conséquent l’unilinguisme français au Québec.

Quant à la solution politique, Gaston Miron est un partisan convaincu de la souveraineté du Québec.

... trame de L'homme rapaillé

En 1970, Gaston Miron se laisse convaincre de publier certains de ses textes dans un recueil intitulé L'homme rapaillé.

Auparavant, son silence constituait une forme de protestation assumée contre le colonialisme des esprits dont étaient victimes les Canadiens français.

Puis, il se ravise.

L’écriture et la poésie peuvent servir à dépasser l’aliénation dont souffrent les Québécois.

L'homme rapaillé est un réquisitoire en poésie contre la colonisation par la langue anglaise de la langue française et du peuple du Québec.

À terme, ce peuple risque de disparaître et de mourir si rien n'est fait.

L'héritage de Gaston Miron

Le Point, 17 décembre 1996

Quelques jours après le décès de Gaston Miron, Le Point présente, le 17 décembre 1996, un reportage de la journaliste Michaëlle Jean. Achille Michaud anime l'émission.

Le poète est chez l’auteure Denise Boucher, une de ses grandes amies.

Il est attablé avec plusieurs poètes québécois de la nouvelle génération et des poètes qui ne sont pas des Québécois francophones de souche.

Cette tablée symbolise les idéaux de Gaston Miron.

Un de ses buts a toujours été d’encourager les jeunes à faire vivre la poésie au Québec afin qu'elle se transmette au plus grand nombre possible.

Indépendantiste, Gaston Miron n’est néanmoins pas fermé aux autres cultures.

Il s’est préoccupé de bâtir des ponts avec les poètes qui venaient d'horizons différents.

Dans cette entrevue, Gaston Miron raconte un incident cocasse qui a eu lieu lors d’un de ses spectacles en 1967.

Récitant ses vers, il s’est fait conspuer par une partie du public parce qu’elle considérait ces derniers comme obscènes.

Miron poursuit en disant que sa poésie passait beaucoup mieux lorsqu’elle était chantée. Un bel éloge de l'artiste à la musique.

De nombreux musiciens ressentent également beaucoup d’admiration pour la poésie de Miron et l’ont prouvé par la suite.

En 2008, 12 artistes québécois adaptent en musique et mettent en scène les textes de Gaston Miron.

Le Téléjournal/Montréal, 4 novembre 2008

Le 4 novembre 2008, la journaliste Tanya Lapointe interviewe pour Le Téléjournal/Montréal des artistes qui ont participé à l’élaboration de l’album et du spectacle Douze hommes rapaillés.

On entend notamment durant cette entrevue Richard Séguin, Gilles Bélanger et Louis-Jean Cormier, qui discutent du processus de création et de l'admiration qu’ils éprouvent envers Gaston Miron.

L’album et le spectacle Douze hommes rapaillés cherchent à faire connaître aux plus jeunes générations l’œuvre de Gaston Miron.

Ce n’est qu’un juste retour des choses quand on sait à quel point le poète écrivait de manière à ce que ses vers soient accessibles au plus vaste public possible.

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