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« Pour un aller-retour, j’ai payé 600 $, mais je jette le billet du retour aux poubelles »

Flambée des prix des billets, vols annulés, mesures de détection absentes : les Canadiens qui sont revenus mardi soir au pays en ont vu de toutes les couleurs.

Des gens font la file à l'aéroport de Montréal.

Des voyageurs arrivent à l'aéroport Montréal-Trudeau et se font donner des informations sur le nouveau coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Quelques heures avant la fermeture des frontières aériennes canadiennes avec l’Europe, l’Afrique et l’Asie, l’appel du premier ministre Justin Trudeau à rentrer au pays a été entendu par de nombreux Canadiens.

Un mardi soir plutôt tranquille à l’aéroport international de Montréal, si ce n’est que le nombre plus élevé que d’habitude de personnes portant des masques sur la bouche.

On leur confirme que les mesures sont bien vraies, disent deux jeunes femmes portant des masques qui accueillent leurs parents de retour de Cancun, au Mexique. On va leur faire un petit résumé de la dernière semaine.

On sent pour le moins une certaine fébrilité, puisque beaucoup de Canadiens et quelques visiteurs étrangers ont tout fait pour embarquer à bord des derniers vols en direction de Montréal avant que les ressortissants européens ne puissent plus entrer au Canada et que le trafic aérien soit considérablement réduit en provenance d’ailleurs dans le monde.

On avait acheté un billet d’abord pour le 23 mars, mais quand c’est devenu plus chaud en France, on l’a devancé pour le 19 mars, raconte Clément, un Français ayant obtenu un permis de vacances-travail au Canada et qui est finalement arrivé mardi soir.

À ses côtés, Camille explique avoir d’ailleurs observé une flambée des prix pour les vols et une certaine tension aux aéroports.

La liste des vols qui doivent arriver à l'aéroport de Montréal est affichée sur des écrans.

Les vols se feront plus rares en provenance de l'Europe, puisque le Canada fermera ses frontières pour prévenir la propagation du nouveau coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Cette flambée des prix, les nombreux Canadiens à l’international l’ont subie de plein fouet.

Ma carte bancaire a été bloquée alors que j’essayais d’acheter un billet à 4000 $, raconte Claudine qui a dû mettre fin plus tôt que prévu à son séjour en France. J’ai appelé ma fille et elle m’en a acheté un à 2000 $ la journée d’après.

Elle ajoute avoir dû arriver la veille à l’aéroport Charles-de-Gaulle, car les services de trains fermaient les uns après les autres en France.

Cela a été une soirée complète de stress, s’exclame-t-elle. Je n’avais plus de place pour dormir. Il n’y avait plus d’hôtels, ils fermaient tout faute de personnel.

Quand le Canada dit de rentrer, on rentre. On sent la panique derrière tout.

Claudine, une Canadienne de retour de France

L’appel du retour au bercail a aussi été entendu par Clara Lefebvre qui a dû rentrer prématurément de son séjour en Europe. Chose plus facile à dire qu’à faire, précise-t-elle.

C’est le quatrième vol qui aura été le bon, raconte-t-elle. Les autres ont soit été annulés, soit overbookés et je n’ai donc pas pu embarquer.

Clara note également les prix exorbitants des billets pour rentrer au Canada.

Franchement, les billets aller-retour étaient beaucoup moins chers, précise-t-elle. Les allers simples pouvaient monter de 3000 $ à 4000 $. Pour mon billet aller-retour, j’ai payé 600 $, mais je jette le billet du retour aux poubelles!

Une stratégie employée par plusieurs voyageurs interrogés, dont Rick qui rendait visite à sa fille à Paris.

Des gens nous ont raconté des histoires de billets à 8000 $ pour le retour, explique-t-il tout en ajoutant que c’est d’abord la décision du président américain Donald Trump de fermer les frontières de son pays qui a mis le feu.

J’aime bien la France, j’ai une fille là-bas, mais c’est ici notre maison.

Rick

Pour sa part, Katheryn devait rester en Angleterre pour un an ou deux encore, mais elle est rentrée mardi soir au Canada.

Mon père m’a appelée pour me parler des mesures prises ici, de ma sœur qui serait sans emploi pendant trois semaines au lieu d’une seule [...] et le discours de Justin Trudeau, tout ça m’a convaincue de rentrer, raconte-t-elle.

J’ai un ami qui travaille pour British Airways et c’est lui qui m’a réservé mon siège. Mais je crois que ça aurait pu valoir plus de 8000 livres. L’avion était plein, il y avait des gens d’assis dans les sièges pour les agents de bord. Ils ont rempli l’avion pour que les gens puissent rentrer à la maison.

Prévention et informations

À la sortie des arrivées internationales, des équipes de la Direction de la santé publique de Montréal s’affairent à informer les voyageurs sur les précautions à prendre pour prévenir la propagation du nouveau coronavirus. Toutes les personnes interrogées se placeront d’ailleurs en quarantaine.

Nous avons été arrêtés quatre fois pour nous faire donner de l’information, explique Katheryn. J’ai reçu beaucoup de pamphlets!

Un homme portant un masque écoute les instructions d'une employée portant un dossard de la Direction de la santé publique à l'aéroport de Montréal.

Des agents de la Direction de la santé publique informent les voyageurs au sujet du nouveau coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Pour sa part, Anne-Marie a dû rentrer de Belgique, elle qui planifiait plutôt s’envoler pour l’Australie la semaine prochaine.

Ma famille m’écrivait pour me dire que ça brassait beaucoup au Québec, raconte-t-elle.

La voyageuse estime toutefois avoir bien été informée et était même surprise de l’ampleur des mesures prises au pays.

Considérant que le Canada n’est pas encore particulièrement touché par le virus, j’ai été surprise par la sévérité des mesures, indique-t-elle.

Une observation que ne partage pas nécessairement une étudiante qui a dû rentrer de son échange plus rapidement à la demande de son université.

Il n’y a pas eu de vérifications avant l’embarquement pour les symptômes des passagers, raconte-t-elle. J’ai trouvé ça bizarre, mais je me suis dit qu’il y avait sûrement une période d’adaptation pour les compagnies aériennes.

Même son de cloche du côté de Camille et de Clément qui ont transité par Toulouse et Paris avant d’arriver à Montréal.

Mon sentiment, c’est que ce n’est pas encore pris au sérieux. On n’a pas pris notre température nulle part, estime Clément.

D’ailleurs, le port du masque n’était pas systématique auprès des voyageurs et, à certains moments, on se tenait plutôt collés afin de pouvoir passer rapidement devant les agents de la Direction de la santé publique.

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