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Coronavirus : les respirateurs artificiels pourraient manquer

Une infirmière manipule des tubes attachés à un respirateur artificiel.

Les respirateurs artificiels peuvent sauver la vie des patients qui ont contracté le nouveau coronavirus et dont les poumons se fatiguent à force de respirer sans l'aide d'une machine (archives).

Photo : Associated Press / Mike Derer

Radio-Canada

Toutes les personnes qui contractent le nouveau coronavirus n'en ont pas besoin, mais dans certains cas, le respirateur artificiel peut sauver des vies. Selon des spécialistes du milieu de la santé, la province de l'Ontario pourrait en manquer.

La région qui a été la plus touchée en Italie est l’une des plus sophistiquées et des plus riches de tout le pays. Leurs connaissances médicales et leurs moyens technologiques ne sont certainement pas moins avancés que les nôtres, signale le Dr Joe Fisher.

Le Dr Fisher, qui enseigne à la faculté de médecine de l'Université de Toronto, met en doute les capacités d’accueil des soins intensifs (USI) des hôpitaux de l’Ontario si le virus continue de se propager sans rencontrer le moindre obstacle. Il prend pour exemple l'Italie, qui a été prise de court par la propagation de la COVID-19.

Ils [les médecins] sont parmi les meilleurs au monde. On ne fera pas mieux qu’eux!

Ce spécialiste de la prise en charge respiratoire en cas de catastrophe demeure néanmoins optimiste dans la mesure où les provinces et le Canada peuvent apprendre des erreurs des autorités italiennes et agir avant que la situation ne se dégrade.

Les personnes qui ont besoin d’un ventilateur artificiel sont sur leur lit de mort ou, du moins, dans un état grave à cause de leur maladie. [...] Si nous ralentissons le rythme de la propagation, nous aurons moins de personnes aux soins intensifs.

Dr Joe Fisher

En Ontario, et même au Canada, le nombre exact de respirateurs artificiels sur lesquels peuvent compter les hôpitaux n'est pas connu. En point de presse mardi, la ministre de la Santé de l’Ontario, Christine Elliott, a toutefois promis d'en commander plus.

Nous avons un plan en place. Il évolue rapidement. Nous avons les capacités présentement, avec les fonds initiaux, pour créer plus de lits pour des patients. Nous avons des respirateurs artificiels, et nous en avons commandé d'autres, a-t-elle indiqué, sans dévoiler le moindre chiffre.

Un sondage sur l'équipement médical d'urgence et les USI indiquait qu'il y avait environ 5 000 respirateurs artificiels dans un ensemble de 286 hôpitaux au pays, mais les données datent de 2009 et l'échantillon sondé ne représente que 2 % de tout le système hospitalier canadien. Il y aurait eu une importante vague d'achat de ces machines à travers le Canada après l'épidémie du SRAS, un autre coronavirus qui a fait rage en 2003.

Le Dr David Fisman, professeur en épidémiologie de l'Université de Toronto, a été on ne peut plus clair quant aux risques qu'encourent les Ontariens, lors d'une entrevue avec la journaliste Wendy Mesley, du réseau anglophone de la CBC.

Nous avons un respirateur artificiel pour 10 000 adultes en Ontario. 90 % d'entre eux sont déjà utilisés. Au fond, nous avons donc un respirateur artificiel disponible pour 100 000 adultes. La demande noie rapidement l'offre pendant une épidémie comme celle-ci, a-t-il indiqué.

Comment fonctionnent les respirateurs artificiels?

La raison pour laquelle des patients ayant contracté le nouveau coronavirus peuvent être intubés, puis branchés à un respirateur artificiel, est que leurs poumons, ankylosés par l'infection, ne peuvent plus respirer par eux-mêmes parce qu'ils sont trop fatigués, explique le Dr Joe Fisher en entrevue téléphonique à Radio-Canada.

Cette méthode ne s'applique pas à tous les patients atteints de la COVID-19, mais bien à ceux frappés sévèrement par la maladie infectieuse. Leur intubation est parfois temporairement nécessaire pour leur permettre de surmonter le pic de la pneumonie.

Le respirateur artificiel est essentiellement une machine qui permet de souffler de l’air – ou plutôt de l’oxygène – dans les poumons.

Dr Joe Fisher

Lorsque la ventilation mécanique est nécessaire, les patients sont placés en soins intensifs. Un tube leur inséré dans la gorge pour relier la machine qui respire pour eux à leurs poumons. Afin de ne pas être trop gênés par l'intubation, les patients sont anesthésiés et préservés dans cet état pour un certain temps.

Vous pouvez imaginer que ça peut être douloureux, inconfortable et stressant pour le corps. [La ventilation], ce n’est pas un procédé simple. Ça demande des soins infirmiers singuliers, précise le Dr Fisher.

En Italie, les autorités médicales ont dit que près d'une personne sur dix admise à l'hôpital et s'étant avérée positive à la COVID-19 a dû recourir à des soins intensifs. Les chiffres ne sont pas si clairs au Canada.

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