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Un chercheur albertain développe un masque tueur de virus

Hyo-Jick Choi et Surjith Kumaran montrent les filtres qu'ils ont développés.

Hyo-Jick Choi (droite) et un associé de recherche, Surjith Kumaran (gauche), espèrent que le filtre à solution saline pourra freiner de futures pandémies.

Photo : Radio-Canada / Émilio Avalos

Un ingénieur biomédical de l’Université de l’Alberta tente de développer un masque chirurgical qui emprisonne et tue les virus. Hyo-Jick Choi dit que son invention pourrait aider à prévenir les pandémies comme celle de la COVID-19.

Il y a deux mois, Hyo-Jick Choi était loin d’imaginer que son invention susciterait autant d’intérêt. Depuis le début de la pandémie, ce chercheur de l’Université de l’Alberta a reçu des centaines d’appels, dont ceux de représentants de la santé publique de plusieurs pays, qui cherchent un moyen de freiner la propagation du nouveau coronavirus.

J’ai arrêté de prendre mes appels tellement j’en reçois, affirme-t-il.

Dans un tel contexte de pandémie, c’est sûr que nous essayons d’accélérer le processus le plus possible

Hyo-Jick Choi, chercheur
Hyo-Jick Choi et Surjith Kumaran travaillent dans un laboratoire.

Hyo-Jick Choi (gauche) et Surjith Kumaran (droite), de l'Université de l'Alberta, espèrent que le prototype de leur masque sera prêt d'ici un an et demi.

Photo : Radio-Canada / Émilio Avalos

Une idée trouvée par accident

Hyo-Jick Choi a eu l’idée de développer un masque chirurgical dont le filtre tue les virus, par accident il y a cinq ans. À l’époque, cet ingénieur biomédical travaillait à la création d’un nouveau vaccin contre l’influenza sous forme de comprimé.

J’ai mélangé une solution sucrée au vaccin, ce qui a complètement détruit le virus contenu dans le vaccin. Le sucre s’est cristallisé et ses cristaux ont physiquement détruit le virus en le transperçant, explique-t-il.

Hyo-Jick Choi a décidé d’utiliser ce phénomène pour créer un équipement facial qui permettrait de tuer tout type de virus. Son idée : développer un filtre enduit d’une solution saline dont les cristaux détruiront tout type de virus.

Les vaccins peuvent nécessiter un an avant d'être développés. Le seul moyen de protéger les gens en attendant un nouveau vaccin est l’équipement de protection personnelle comme les masques, explique-t-il.

Le problème, c’est que les virus restent sur la surface des masques traditionnels et peuvent y survivre pendant des jours. Entre-temps, nous touchons notre visage et notre masque, sur lequel se trouve toujours le virus. Nos mains deviennent donc une autre source de contamination et de transmission du virus, ajoute-t-il. 

Jusqu’à maintenant, Hyo-Jick Choi a testé l’efficacité du masque contre trois types de virus de l’influenza avec deux associés de recherche. Il croit que son masque, dont le premier prototype devrait être prêt d’ici un an et demi, pourrait protéger contre la COVID-19.

Des mains gantées tiennent le filtre développé par Hyo-Jick Choi.

Le filtre du masque développé par Hyo-Jick Choi est enduit d'une solution saline qui détruit et tue les virus.

Photo : Radio-Canada / Émilio Avalos

Manque de financement

L’ingénieur espère maintenant finaliser la signature d’un contrat avec un partenaire industriel et des investisseurs pour entamer la commercialisation de son masque d’ici un mois.

Il explique cependant que trouver du financement pour son projet n’a pas été facile.

Je suis le seul à travailler sur ce type de projet. Le monde universitaire n’est donc pas familier avec ce genre de recherche. J’ai trouvé très peu de financement. C’est pour cela qu’il a fallu autant de temps pour développer le masque, explique Hyo-Jick Choi.

Selon lui, son masque ne coûterait que quelques dizaines de cents de plus que les masques chirurgicaux traditionnels.

J’étais très excité lorsque je me suis rendu compte que mon idée fonctionnait. Malheureusement, pour prouver son efficacité, il faut qu’il y ait une pandémie, ce qui est triste. On espère donc toujours que les gens n’auront pas à utiliser nos produits, dit-il.

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