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COVID-19 : les sans-abris subissent les contrecoups de la fermeture des restaurants

L'extérieur du Centre du samaritain.

Le Centre du samaritain à Sudbury héberge deux organisme offrant des repas gratuits.

Photo : Radio-Canada / Didier Pilon

À l'instar des restaurants qui doivent fermer leur salle à manger en raison de la COVID-19, plusieurs soupes populaires offrent maintenant leurs repas uniquement pour emporter. Une décision qui prive les personnes en situation d’itinérance d’un endroit chaud pour échapper à l’hiver.

Sur le trottoir en face de la soupe populaire sudburoise Blue Door, Angèle, une habituée de l'endroit, déguste le repas offert par l’organisme : un plateau de fruits, un sandwich, de la soupe et un dessert. C'est la première fois que celui-ci doit être consommé en dehors de l'établissement.

Autrefois, la soupe populaire était pour elle un endroit pour manger, pour se réchauffer et pour socialiser. Mais en ce moment, personne ne parle, regrette-t-elle.

C’est vraiment stressant, car on ne sait pas où manger maintenant. Ni ce qui est ouvert ou fermé, ajoute la jeune femme.

Lorsqu'elle n’était pas à la soupe populaire, elle avait notamment l’habitude de passer du temps au Tim Hortons - ce qui n'est plus possible depuis que le gouvernement de Doug Ford a déclaré l'urgence sanitaire.

Maintenant, tu rentres, puis tu sors [du Tim Hortons].

Angèle, une habituée de la soupe populaire Blue Door

Le propriétaire de la soupe populaire Blue Door, Marc Leduc, explique avoir longuement réfléchi avant de cesser d'offrir ses repas à l'intérieur. On n’avait pas vraiment le choix, regrette-t-il. Hier, on a essayé de distancer les gens dans notre établissement, mais ça n’a pas bien fonctionné.

Marc Leduc dans la cuisine de la soupe populaire Blue Door.

Marc Leduc compte sur les bénévoles pour faire fonctionner son organisme.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

Marc Leduc explique qu’il doit également penser à la sécurité de ses bénévoles, qui sont généralement âgés - et donc vulnérable à la COVID-19.

On va ajuster au jour le jour… s’il faut faire autre chose, on va s’adapter.

Situation similaire ailleurs en Ontario

Dans le Nord de l’Ontario, plusieurs autres soupes populaires offrent leurs repas pour emporter seulement. La soupe populaire du centre communautaire de Sault-Sainte-Marie fait partie du lot, tout comme The Gathering Place, à North Bay.

Pour le directeur général de The Gathering Place, Dennis Chappa, la portée des conséquences liées à la COVID-19 sur son organisme sont difficiles à mesurer. Ce qu’on voit présentement, c’est que nos clients ont très peur. Ils sont inquiets. Ils ne savent pas où aller, explique-t-il, ajoutant que les centres d'accueil de North Bay sont fermés.

C’est encore le mois de mars. Il fait encore froid!

Denis Chappa, directeur général de The Gathering Place
Denns Chippa au milieu d'une foule.

Avant de prendre les reines de The Gathering Place, Dennis Chippa a notamment oeuvré à titre de journaliste.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Augmentation des dons de nourriture par endroit

À Parry Sound, le service de soupe populaire hebdomadaire du Harvest Share Community Food Program a fermé lundi après que l'Agence de santé publique du Canada a recommandé d'éviter les rassemblements de plus de 50 personnes.

Cependant, avec la fermeture des restaurants avoisinants, l’organisme a constaté une hausse des dons alimentaires. Mardi matin, ses bénévoles ont pu récupérer de la nourriture dans quatre commerces différents.

Tout le monde se préoccupe de tout le monde en ce moment. C’est remarquable!

Clarissa Kennedy, coordonnatrice des programmes du Harvest Share Community Food Program

Le Harvest Share Community Food Program, qui oeuvre notamment à titre de banque alimentaire, offre maintenant des sacs de nourriture aux personnes dans le besoin. On fait entrer les gens un par un afin de respecter les règles de distanciation sociale, assure Clarissa Kennedy

Lundi, la banque alimentaire de Thunder Bay a plutôt pris la décision de fermer ses portes, par manque de bénévoles pour préparer des boîtes de denrées.

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Nord de l'Ontario

Pauvreté