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Les banques alimentaires de l'Atlantique sur le qui-vive

« Nous devons rester ouverts, quoi qu'il arrive. »

Des bénévoles s'attellent à trier des boîtes de conserves et d'autres aliments.

Des bénévoles s'attellent à trier des boîtes de conserves et d'autres aliments.

Photo :  CBC / James Morrison-Collalto

Laurianne Croteau

Les banques alimentaires des provinces atlantiques se préparent à répondre à une demande grandissante… tout en ayant de moins en moins de bénévoles disponibles pour mettre la main à la pâte.

Même si une poignée de banques alimentaires ferment leurs portes à travers les provinces atlantiques, la très grande majorité compte desservir la population vulnérable coûte que coûte.

Mais ce ne sera pas chose facile : les bénévoles sont souvent des aînés et doivent se placer en isolement volontaire, explique Mark LeBlanc, directeur du Vestiaire St-Joseph à Shediac. Il réussit présentement à garder la banque alimentaire ouverte grâce aux quatre membres de son personnel.

Il compte tout de même garder en tête l’importance des mesures de prévention de contamination du virus. La majorité des personnes qui viennent chez nous sont des enfants, des personnes âgées et des malades, rapporte-t-il. J'ai deux personnes atteintes de cancer qui sont venues aujourd’hui… Il ne faudrait vraiment pas qu’elles attrapent le virus.

La banque alimentaire Vestiaire St-Joseph, à Shediac.

La banque alimentaire Vestiaire St-Joseph, à Shediac.

Photo : Radio-Canada / Louis-Philippe Leblanc

Il a donc décidé de mettre l’immeuble en quarantaine; seuls les quatre employés et lui-même y sont admis. Une boutique adjacente permettait jusqu'à tout récemment aux donateurs de venir eux-mêmes sur place pour offrir de la nourriture. Elle est maintenant fermée, et l’organisme ne prend que des dons via internet ou les chèques par la poste.

Même les dons de nourriture des épiceries — ce qui représente normalement 600 livres par mois — ne sont plus acceptés. On s’en remet aux provisions qu’on a déjà et à ce que l’on va acheter directement des fournisseurs.

La demande risque quant à elle d’augmenter, selon Karen Theriault, directrice des communications chez Feed Nova Scotia. Les travailleurs autonomes ou ceux avec des emplois précaires risquent de perdre une bonne partie de leurs revenus, croit-elle, ce qui exerce une pression supplémentaire sur les personnes qui sont normalement déjà aux prises avec l'insécurité alimentaire.

Quand les responsables de la santé publique demandent aux gens de s'approvisionner en nourriture pour deux semaines, ce n'est pas possible pour beaucoup de monde qui n’ont pas les moyens d'acheter de la nourriture au jour le jour.

Karen Theriault, directrice des communications chez Feed Nova Scotia

Selon elle, l’importance des dons monétaires en temps de crise prend tout son sens. Ils nous offrent une meilleure flexibilité pour qu’on puisse acheter de la nourriture supplémentaire si c’est nécessaire, ça va nous offrir un coussin si on doit reconstituer nos provisions après la crise, si les dons diminuent, explique-t-elle.

Feed Nova Scotia fournit de la nourriture à un réseau de 141 banques alimentaires, refuges et soupes populaires.

Une variété de produits alimentaires dans un réfrigérateur commercial.

Des paniers en attente de distribution dans le réfrigérateur d'une banque alimentaire.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon

En 2019, plus de 60 000 personnes se sont tournées vers les banques alimentaires dans les provinces de l’Atlantique. Le défi de ces organismes, actuellement, c’est de trouver l’équilibre entre répondre à ce besoin primordial et respecter les consignes des autorités de la santé, explique Karen Theriault.

Bien que nous ne sommes pas officiellement un service essentiel, comme le seraient les policiers et les travailleurs de la santé, on joue un rôle critique dans nos communautés, et on prend ce rôle très au sérieux, dit-elle. Mais on souhaite aussi limiter la propagation du virus et protéger notre propre personnel et nos bénévoles.

À cause des mesures de confinement, des événements de collecte de fonds pour Feed Nova Scotia ont dû être reportés, comme le Burger Week, qui leur permet normalement d’amasser 150 000 $. Sans ces revenus, l’organisme s’en remet plus que jamais à la communauté, qui semble répondre à l’appel depuis quelques jours.

Les gens qui ont les moyens cherchent comment aider, et c’est encourageant de voir que les dons ont augmenté depuis qu’on a lancé un appel sur les réseaux sociaux.

C’est cette entraide au sein de la communauté qui permet aux banques alimentaires de remplir leur rôle, croit Mark LeBlanc. Il vaut mieux que les gens restent à la maison. Mais certains d'entre nous ne peuvent tout simplement pas rester chez eux pendant que des gens meurent de faim. On va donc s’assurer de les nourrir, d'une manière ou d'une autre.

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