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Julianne Lavertu, quand joie et performance battent au rythme de la danse

Des milliers d’élèves et d’étudiants de la région sont actuellement en relâche ou en congé forcé. Parmi ces jeunes s’exprime une relève artistique étonnante. Que jeunesse se passe? Non, qu’elle s’éclate!

Une fille souriante dans une classe de danse.

La danseuse Julianne Lavertu

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Rhéaume

Stéphanie Rhéaume

Bambine, Julianne Lavertu faisait ses premiers pas dans le studio de danse de sa mère. Le Cultural Arts Studio d'Ottawa est devenu en quelque sorte sa seconde maison. Depuis, la jeune danseuse déploie son énergie à faire vivre ses racines dominiquaises et haïtiennes dans tout son corps, dans une grande plénitude.

Samedi, 13 h. Julianne profite d’une pause méritée. Chaque fin de semaine, elle enseigne les rudiments de la danse afro-antillaise à des enfants de 3 à 12 ans. Dans une heure, ce sera son tour d’aller s’éreinter sur le plancher de danse.

Je ne pense pas qu’il y a eu un samedi où j’ai pu dormir plus tard que 6 h!, affirme l’adolescente de 16 ans en s’esclaffant.

Une fille en train d'enseigner des mouvements de danse à une petite fille.

Julianne Lavertu enseigne la danse chaque samedi au Cultural Arts Studio, à Ottawa.

Photo : Gracieuseté de D. Epale

Il faut dire que la danse coule dans ses veines. Sa mère, Suzan Richards Lavertu, a fondé le Cultural Arts Studio, il y a 25 ans.

Même quand j’étais dans son ventre, c’était toujours présent, la danse.

Julianne Lavertu, danseuse
Une petite fille en train de danser vêtue d'une robe bleue.

Julianne Lavertu a commencé à danser à l’âge de trois ans.

Photo : Gracieuseté de Julianne Lavertu

Pour la directrice artistique et propriétaire du studio, Julianne détient un rare talent pour raconter une histoire à travers les mouvements qu’elle dessine avec son corps. Dans la danse, sa fille embrasse littéralement ses racines.

Je pense aussi qu’elle est une belle lumière. Non seulement pour elle-même, mais pour les autres plus jeunes qui sont en train de la regarder, souligne la maman, en jetant un regard débordant d’affection à son adolescente.

Le feu de la danse

Sept filles en train de faire des échauffements avant une séance de danse.

Julianne Lavertu dirige la séance d’échauffement de la troupe Kubuli.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Rhéaume

Même samedi, 14 h. Les membres de la troupe de danse Kubuli se rassemblent tranquillement dans le local ensoleillé du quartier Overbrook. La bonne humeur et le rire sont au rendez-vous.

Le groupe est tissé serré. La plupart des danseuses se connaissent depuis l’âge de trois ans.

La danse, ça me donne un niveau de confiance qu’aucun autre sport me donne. Ça me donne de la confiance et de la joie.

Julianne

La jeune femme sait ce dont elle parle, puisqu’elle a flirté avec une foule de sports : soccer, basket-ball, flag-football, athlétisme… La danse lui procure le moyen idéal pour se réaliser pleinement et pour s’ancrer dans ses racines afro-antillaises.

L’expression de sa culture prend une place dominante dans sa vie. Chaque année, Julianne participe à de nombreux spectacles et festivals célébrant la culture antillaise, comme Carivibe, le carnaval des Caraïbes d'Ottawa.

Une fille qui danse avec un grande robe jaune.

Les événements afro-antillais sont toujours synonymes de couleurs vives et de joie, selon Julianne Lavertu.

Photo : Gracieuseté de Julianne Lavertu

Elle apprécie tout particulièrement le caractère festif présent dans sa culture.

Tout est joyeux. Tout est… je ne veux pas dire bruyant! (rires) Toutes les couleurs sont vives. Tout le monde est content. Je n’ai jamais vu personne triste à ces événements, poursuit Julianne fébrile. Il y a toujours de la musique, des gens qui chantent, qui dansent.

La danse pour raconter l’histoire des ancêtres

Cinq filles qui dansent avec enthousiasme.

Le plaisir est palpable pour la danseuse Julianne Lavertu.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Rhéaume

14 h 22. La chaleur monte d’un cran. La musique antillaise bat son plein. La fin de l’hiver ottavien prend des airs caribéens au Cultural Arts Studio.

Les filles rigolent en s’efforçant de suivre les consignes de leur professeure de danse, Moïssa Delatour.

Le contraste entre le plaisir exprimé par les jeunes femmes et la gravité des histoires transmises par la danse afro-antillaise s’avère frappant.

Sept filles accroupies pendant une performance de danse afro-antillaise.

La danse afro-antillaise met en récit l’histoire des ancêtres de Julianne Lavertu.

Photo : Gracieuseté de Julianne Lavertu

Dans leurs mouvements, c’est tout un récit de l’esclavage qui prend forme.

Il y a un élément de puissance dans la danse afro-antillaise, même quand c’est lent. Tu ne peux pas omettre cette partie-là. Avec l’esclavage, ça nous a rendus plus forts, plus résilients, explique l’immigrante de deuxième génération.

Il reste encore plus de 90 minutes à leur classe, minutes au cours desquelles Julianne et ses complices porteront l’histoire de leurs ancêtres afro-antillais.

L’étudiante en cinquième secondaire au collège Saint-Joseph, à Gatineau, prendra le chemin du cégep en sciences naturelles l’an prochain. Elle caresse l’idée d’une carrière en chirurgie pédiatrique, elle qui sait si bien tisser des liens avec les enfants.

Mais son plus grand rêve demeure de continuer à danser et de prendre la relève du studio de sa mère, une façon de garder bien vivante cette riche culture que cette dernière lui a transmise.

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