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Le monde agricole craint de perdre ses travailleurs étrangers

Des vaches et un agriculteur.

Les fermes laitières comptent plusieurs travailleurs étrangers.

Photo : Radio-Canada

Déjà aux prises avec une pénurie de main-d'oeuvre, le monde agricole s'attend à vivre des problèmes encore plus graves en raison des mesures de lutte contre la propagation de la COVID-19 qui empêchent la venue de travailleurs étrangers dont l'industrie a tant besoin pour fonctionner.

Les travailleurs dont le permis de séjour achève devront quitter le pays, mais leurs remplaçants ne pourront y entrer.

Rappelons que lundi le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a interdit l'entrée au pays pour les étrangers, à l'exception des Américains.

En entrevue mardi, le maire suppléant de Saguenay, Michel Potvin, qui est également un producteur laitier, a soulevé la question. L'industrie agricole, surtout celle que je connais le plus, l'industrie laitière, il y a beaucoup de Guatémaltèques. Là, il n'y en aura plus parce qu'il faut qu'ils retournent chez eux et ils n'ont plus le droit d'en rentrer d'autres, explique-t-il.

Il va y avoir un problème de main-d'oeuvre. Sans compter que les industries agricoles, ce sont des petites entreprises. S'il faut que le patron tombe malade, souvent, le patron est tout seul ou avec un employé et si l'employé tombe malade, là il y a un problème.

Michel Potvin, président de Promotion Saguenay et propriétaire de la Ferme Michel Potvin

Le son de cloche est le même du côté de l'Union des producteurs agricoles (UPA) du Saguenay-Lac-Saint-Jean. On commence à arriver à des dates où les gens partent et les gens qui devaient arriver ne peuvent pas venir, a confirmé Gilles Lavoie, conseiller coordonnateur à l'UPA régionale.

Il explique qu'en temps normal, les travailleurs ont des permis bons pour six mois, avant d'être remplacés par d'autres travailleurs. Souvent, ils reviennent pour des séjours subséquents, question d'avoir des travailleurs qualifiés.

L'UPA propose de prolonger les permis des travailleurs déjà présents. Des contacts ont été faits auprès de Québec dans le but de faire pression. L'UPA avance aussi que la mise en quarantaine d'éventuels travailleurs qui seraient admis pourraient se faire sur les fermes puisqu'une bonne partie du travail peut se faire sans être en contact avec d'autres personnes.

Un homme parle devant un mur.

Le président de Promotion Saguenay, Michel Potvin, est également un producteur laitier.

Photo : Radio-Canada

Grâce à la gestion de l'offre

Par ailleurs, toujours selon Michel Potvin, le système de la gestion de l'offre en vigueur au Canada permettra un approvisionnement continu advenant une éventuelle fermeture des frontières aux produits de l'extérieur.

Le lait, les oeufs, la volaille, il n'y aura jamais de problèmes à ce niveau-là. C'est ça l'avantage d'un système qui correspond aux besoins d'un pays au lieu d'un pays qui est à la merci de denrées importées. Tous les pays devraient être comme le nôtre d'ailleurs. C'est pourquoi j'ai toujours défendu la gestion de l'offre.

Michel Potvin, président de Promotion Saguenay et propriétaire de la Ferme Michel Potvin

Michel Potvin croit que cette façon de faire devrait être copiée dans d'autres secteurs. Ceci éviterait les pénuries, assure-t-il.

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Saguenay–Lac-St-Jean

Agriculture