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Voici comment une application mobile pourrait ralentir la propagation de la COVID-19

Elle se servirait de la géolocalisation pour alerter tous les gens qui, dans les 14 derniers jours, ont été à proximité d'une personne infectée.

Une femme portant un masque se promène à Madrid en tenant son téléphone.

Si une personne obtient un diagnostic positif, l’application se servirait de la géolocalisation pour alerter tous les gens qui ont été à proximité d'elle dans les 14 derniers jours. Le but serait ensuite que tous les gens alertés se placent en quarantaine.

Photo : Getty Images / Pablo Blazquez Dominguez

Radio-Canada

De plus en plus de spécialistes du monde médical et de l'industrie technologique prônent la création d’une application mobile qui permettrait la recherche de contacts instantanée dans le but de ralentir la propagation de la COVID-19.

C’est notamment le cas d’une équipe de recherche médicale et de spécialistes en bioéthique de l’Université d’Oxford, en Angleterre, qui a soumis à plusieurs gouvernements européens des preuves de la faisabilité d’une telle application, mardi. Selon l’équipe, cette application pourrait rapidement être déployée à grande échelle et respecterait des considérations morales appropriées.

Si une personne obtient un diagnostic positif de la COVID-19, l’application se servirait de la géolocalisation pour alerter tous les gens qui ont été à proximité d'elle dans les 14 derniers jours. Le but serait ensuite que toutes les personnes alertées se placent en quarantaine pour une période de 14 jours afin d’éviter la propagation du virus.

Notre analyse indique qu’environ la moitié des transmissions du coronavirus surviennent dans les tout premiers stades de l’infection, avant l’apparition des symptômes. Nous avons donc besoin d’une application mobile efficace pour alerter les gens qui ont été exposés, explique le professeur de médecine Christophe Fraser dans un billet publié sur le site web de l’Université d’Oxford.

Notre modélisation mathématique indique que les méthodes de recherche de contacts traditionnels sont trop lentes pour suivre la cadence de ce virus.

Christophe Fraser, professeur de médecine à l'Université d'Oxford

Le professeur croit que le meilleur moyen de contenir la propagation de la COVID-19, et d’ainsi aplatir sa courbe de croissance, est d’avoir recours à plusieurs stratégies en même temps.

Pour fonctionner, cette approche doit être intégrée à un programme national, et non seulement être l’initiative d’équipes indépendantes de développement d’application. Si nous pouvons déployer cette technologie de manière sécuritaire, le plus les gens l’adopteront, le plus rapidement l’épidémie arrêtera, et le plus de vies pourront être sauvées, dit Christophe Fraser.

Son équipe procède actuellement à des simulations afin d’avoir une meilleure idée de la potentielle efficacité d’une telle application.

D’autres voix s’élèvent

Les membres de l’équipe de l’Université d’Oxford ne sont pas les seuls à penser qu’une application de recherche de contacts instantanée serait d’une grande aide pour contenir la propagation du virus.

Une lettre ouverte (Nouvelle fenêtre) intitulée « 13 choses que les entreprises technologiques peuvent faire pour combattre le coronavirus », signée par plus d’une cinquantaine de technologistes, d'épidémiologistes et de membres du personnel médical, recommande entre autres d’emprunter cette voie.

Elle conseille d’intégrer cette fonctionnalité aux systèmes d’exploitation mobiles, mais mentionne aussi qu’il faudrait que le public accepte d’y adhérer sur une base individuelle par souci de protection de la vie privée.

D’autres initiatives de développement d’une application sont d’ailleurs déjà en cours. En février, un projet de développement à code source ouvert baptisé CoEpi  (Nouvelle fenêtre)a été mis en branle. Le laboratoire média du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a lui aussi rendu publique l’application Private Kit (Nouvelle fenêtre), qui sert à comparer ses déplacements avec ceux de personnes infectées.

Le magazine Wired rapporte toutefois (Nouvelle fenêtre) que l’utilisation de la technologie pour repérer les personnes infectées en Chine et en Corée du Sud n’a pas été entièrement positive.

En Corée du Sud, les autorités ont envoyé aux gens des textos décrivant les déplacements de patients et patientes. Cela aurait provoqué de l’humiliation publique et la propagation de fausses rumeurs pour certaines personnes.

Des applications chinoises auraient aussi été utilisées par le gouvernement à des fins d’espionnage.

Avec les informations de Wired, The Telegraph, et The New York Times

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