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Crise chez les PME : le quart risque de fermer en raison du coronavirus

« À court terme, ça cause un trou béant dans l’économie. »

Six personnes sont assises autour d'une table et discutent.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante estime que près du quart des PME vont fermer en raison du coronavirus.

Photo : iStock

Restriction des rassemblements, télétravail, isolement préventif… toutes ces mesures ont pour objet de limiter la propagation de la COVID-19. Néanmoins, elles ne sont pas sans incidence sur les entreprises qui, du jour au lendemain, doivent fermer.

Selon un sondage effectué par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, les ventes des petites et moyennes entreprises au pays sont en chute libre au pays. Elles subiraient actuellement des pertes de près de 50 % de leur chiffre d’affaires.

Si la crise devait durer plus d’un mois, peu d’entre elles survivraient à cette crise, d’après la FCEI. En fait, le quart risquerait de fermer.

Depuis quelques jours, les rassemblements de plus de 150 personnes sont proscrits au Nouveau-Brunswick ainsi qu’en Nouvelle-Écosse. Partout en Atlantique, les gouvernements encouragent l’isolement volontaire et l’Île-du-Prince-Édouard a même décrété l’état d’urgence sanitaire.

Consultez notre dossier : Tout sur la COVID-19 en Atlantique

Incertitudes

Lorsqu’on n’a plus la possibilité de se rassembler, lorsqu’on ne peut plus aller aussi aisément aux bars ou aux restaurants, ça c’est de l’activité économique qui est perdue à jamais, explique Richard Saillant, économiste.

Dans les derniers jours, plusieurs entreprises, notamment des restaurants, ont annoncé qu’elles changeaient leurs offres de services, ou même qu'elles allaient fermer temporairement.

À Dieppe, la brasserie CAVOK sera dorénavant fermée. Les clients ne pourront que passer à des heures spécifiques pour acheter des produits. Même chose pour le restaurant Les Brumes du Coude de Moncton, qui vend maintenant des repas à emporter. Sa salle à manger est fermée. Pour n’en nommer que deux.

À court terme, ça cause un trou béant dans l’économie.

Richard Saillant, économiste

L’économie est au ralenti. Combien de temps les entreprises pourront-elles tenir ainsi?

Ça va dépendre du secteur et des activités, si elles peuvent faire du télétravail aussi. Pour d’autres, c’est quasiment impossible de faire du télétravail. Les restaurants vont tenter de s’adapter, vont faire de la livraison à domicile ou du service au volant, mais ce n’est pas tout le monde qui peut faire ça, explique Thomas Raffy, président-directeur général du Conseil économique du Nouveau-Brunswick.

Thomas Raffy, PDG du Conseil économique du Nouveau-Brunswick.

Thomas Raffy est PDG du Conseil économique du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Qu’est-ce qu’on fait avec nos employés? Qu’est-ce qui se passe si nos employés présentent des symptômes ou s’ils sont malades? Qu’est-ce qui se passe avec nos clients? Les questions des entrepreneurs sont nombreuses, soutient Thomas Raffy. Et ce ne serait que le début.

Les trois, quatre, cinq prochaines semaines vont vraiment avoir un impact pour nos PME.

Thomas Raffy, PDG du Conseil économique du Nouveau-Brunswick

Aide financière réclamée

Nos entreprises ont vraiment besoin de ressources pour savoir comment gérer la situation et comment elles peuvent survivre à cette crise très importante à la fois pour les entreprises, les employés et la communauté, partage Thomas Raffy.

Au moment où les entreprises font de l’équilibrisme sur le bord d’un gouffre financier, elles cherchent des mains auxquelles se retenir : celles des gouvernements.

La réalité est que les gouvernements devront mettre des mesures rapides en place pour aider ces petites entreprises, les propriétaires et leurs employés pour faire face à notre nouvelle réalité, réclame Louis-Philippe Gauthier, directeur des affaires provinciales de la FCEI pour le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard. Tous les paiements en TPS, tous les paiements de taxes. On ne parle pas de donner un cadeau et toutes les effacer, mais au moins, ne pas obliger les entreprises à payer ces frais-là.

Ottawa a déjà dégagé 10 milliards de dollars pour soutenir les entreprises canadiennes. L’accès à l’assurance-emploi a aussi été facilité afin de permettre aux travailleurs en confinement d'accéder à une forme de revenu, note l’économiste Richard Saillant. L’accès au crédit pour les PME a aussi été amélioré, notamment grâce à une diminution surprise du taux directeur de 0,5 point de pourcentage par la Banque du Canada.

Récession probable

Pendant que la crise de santé publique bat son plein, une crise économique serait à nos portes, avertit l’économiste Richard Saillant.

C’est vraisemblable qu’il va y avoir une récession dans les Maritimes.

Richard Saillant, économiste

La question n’est plus de savoir s’il aura récession ou non, mais plutôt comment elle prendra forme, compte tenu de l’incertitude qui entoure la propagation de la COVID-19, évoque M. Saillant. Il est difficile de s’imaginer comment la situation pourrait être différente dans les mois à venir.

Mais heureusement, dit-il, le secteur public pourrait en amortir les impacts.

Richard Saillant.

Richard Saillant est économiste et analyste.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Puisque le secteur public est un grand employeur dans les Maritimes et que ce secteur va continuer à payer ses employés malgré les consignes de confinement, les contrecoups de la crise pourraient être atténués.

Heureusement au Canada, le gouvernement fédéral a une marge de manoeuvre qui est enviable par rapport aux autres pays. Il va falloir stimuler l’économie à nouveau. Pour une province comme le Nouveau-Brunswick qui a annoncé un surplus budgétaire la semaine dernière, ce surplus pourrait se traduire par de l’encre rouge, analyse M. Saillant.

Ce n'est pas le temps de se faire avare avec les pécules publics. C’est une crise sans précédent. Selon lui, pour atténuer les impacts économiques de la pandémie, le gouvernement du Nouveau-Brunswick devrait utiliser ses surplus budgétaires.

Mais au final, cette responsabilité repose sur les épaules de Justin Trudeau et de son gouvernement, estime l’économiste.

On attend encore des réponses. On attend encore le plan de match du gouvernement fédéral, indique Thomas Raffy.

Une deuxième annonce du gouvernement fédéral à ce propos est attendue mardi.

Avec les informations de Nicolas Steinbach

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