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Une équipe d’experts pour la COVID-19 au sein des Premières Nations

Des maisons sur une réserve autochtone en hiver

Quelques maisons de la Première Nation d'Attawapiskat, située au bord de la baie James, dans le nord de l'Ontario.

Photo : Getty Images/Spencer Wynn

Radio-Canada

La Nation Nishnawbe Aski (NAN) a annoncé lundi la mise sur pied d’une équipe de spécialistes pour répondre à la pandémie au sein des communautés autochtones.

Selon le grand chef Alvin Fiddler, il s’agit d’une décision sans précédent pour préparer les Premières Nations en cette période d’incertitude.

Un homme devant des micros de journalistes

Alvin Fiddler indique que la situation évolue rapidement et que les Premières Nations doivent se préparer.

Photo : Radio-Canada / Martine Laberge

L’équipe est composée de divers experts dont :

  • Dre Natalie Bocking, médecin spécialiste en santé publique et préventive
  • Dre Jane Philpott, conseillère spéciale sur la santé pour NAN
  • Dr Michael Kirlew, médecin de famille
  • Lynne Innes, PDG de la régie de la santé Weeneebayko
  • Mae Katt, infirmière-praticienne
  • Michelle Gervais, spécialiste des mesures d’urgence

Plus d’experts seront invités à se joindre au groupe, précise le communiqué.

Parmi ceux-ci, NAN mentionne ce que les Autochtones appellent Traditional Knowledge Keepers, des gens qui veillent à conserver le savoir traditionnel des Premières Nations.

Comme toute première tâche, l’équipe doit développer un protocole formel de communications entre NAN, ses communautés, les conseils tribaux, les autorités en santé et divers contacts gouvernementaux reliés à la santé.

Selon le grand chef Alvin Fiddler, la situation qui évolue rapidement nécessite une approche qui demande de la flexibilité.

Aide provinciale

Dans un discours mardi matin, le premier ministre ontarien a notamment annoncé 4 millions de dollars pour les communautés autochtones, afin de les aider à couvrir les frais de transport pour accéder aux soins de santé et pour la distribution des fournitures médicales essentielles.

Une personne et un chien circulent sur une route enneigée

La Première Nation d'Attawapiskat est située sur la côte ouest de la baie James.

Photo : Radio-Canada / CBC

La Nation Nishnawbe-Aski a envoyé en fin de semaine dernière une première de plusieurs demandes de financement aux gouvernements fédéral et ontarien, détaillant les besoins des 49 communautés qu’elle représente en cas de pandémie.

Il n’y a pas suffisamment d’équipement médical de base dans nos dispensaires et pas suffisamment de personnel infirmier dans plusieurs communautés, a dit le grand chef Fiddler.

Plan de pandémie vétuste

Le chef de la Première Nation Neskantaga Chris Moonias a pour sa part décidé de ne pas attendre après les autorités pour préparer sa communauté.

Il dit déjà avoir commandé de la nourriture et de l'équipement médical.

Vous ne pouvez pas attendre éternellement, dit-il.

Sa communauté a déjà prévenu qu’elle n’accepterait aucun visiteur de l’extérieur dans la communauté.

Déjà à son dispensaire, on ne compterait que 17 trousses pour tester la COVID-19, ce qui selon lui est insuffisant.

Un homme avec les bras étendus dans un entrepôt rempli de denrées

Le chef Moonias a décidé de faire des provisions pour la communauté avant de savoir comment fonctionnera l’aide des gouvernements.

Photo : Facebook/Chris Moonias

Neskantaga est située à environ 433 kilomètres au nord de Thunder Bay.

Le plan de pandémie de la communauté fait aussi l’objet d’une révision si jamais des résidents de Neskantaga devaient être placés en isolation.

Est-ce que ce sera le centre communautaire, le gymnase ou des tentes qu’Ottawa est censé nous envoyer?, demande-t-il.

Dans une lettre datant du 12 mars au ministre des Services autochtones Marc Miller, le grand chef de NAN Alvin Fiddler a inclus les besoins comptabilisés par la régie de la santé Weeneebayko.

Selon l’organisme, il faudrait cinq millions de dollars de plus pour couvrir les coûts rattachés à une pandémie d’une durée d’un mois.

Ces coûts augmenteraient à 12 M$, pour une pandémie de trois mois, selon l’organisme.

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones Marc Miller

Trois députés néo-démocrates du Nord de l’Ontario demandent au ministre Miller de prioriser les communautés autochtones et de les préparer à la pandémie de la COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Lundi, les députés néo-démocrates Sol Mamakwa, Guy Bourgouin et Charlie Angus ont demandé aux deux paliers de gouvernement de revenir sur leur décision de désigner à faible risque la régie de la santé Weeneebayko, qui soigne les communautés autochtones du Grand Nord de l’Ontario.

Premières Nations pas préparées

La semaine dernière, l’agence de santé publique du Canada annonçait qu’elle s’affairait à trouver des tentes spéciales pour isoler des patients afin de procéder aux tests de dépistage de la COVID-19.

Le député néo-démocrate de Timmins Baie-James, Charlie Angus à la Chambre des Communes

Le député néo-démocrate de Timmins Baie-James, Charlie Angus

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Selon le député Angus, il est difficile d’isoler ces gens qui habitent des maisons surpeuplées.

Je suis inquiet pour le manque de soutien à l’hôpital de Moose Factory, a dit M. Angus.

Il souligne que les communautés comme Attawapiskat et Kashechewan manquent de fournitures médicales comme des masque et des gants.

La COVID-19 se propagerait à une vitesse folle à cause du manque de logis convenable, craint le député Angus.

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