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COVID-19 : l'Ontario décrète l'état d'urgence sanitaire

Doug Ford investit aussi 304 millions dans le système de santé.

Doug Ford en conférence de presse.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

Après le Québec, au tour de l'Ontario de décréter l'état d'urgence sanitaire en raison de la pandémie de coronavirus.

Le premier ministre ontarien Doug Ford a annoncé, mardi, que cet état d'urgence entrait en vigueur immédiatement et durerait au moins jusqu'au 31 mars.

Tout rassemblement de 50 personnes ou plus est banni.

Par ailleurs, la requête faite par la santé publique aux garderies, aux bars, aux cinémas, et aux restaurants (exception faite des commandes à emporter et des livraisons) de fermer leurs portes devient maintenant obligatoire.

Les épiceries, les pharmacies et les centres commerciaux peuvent toutefois rester ouverts jusqu'à nouvel ordre.

L'Ontario est le foyer du coronavirus au pays, avec 189 cas recensés mardi. Ce nombre n'inclut pas les personnes en quarantaine à la base militaire de Trenton.

Par ailleurs, le bureau du coroner enquête pour déterminer si la COVID-19 est la cause du décès d'un septuagénaire à l'Hôpital Royal Victoria de Barrie, au nord de Toronto.

Le premier ministre Ford dit qu'il faut faire tout ce qui est possible face à une « situation sans précédent dans l'histoire ontarienne ». En déclarant l'état d'urgence, la province va pouvoir agir le plus rapidement possible, explique-t-il, avant que le système de santé ne soit submergé.

La COVID-19 constitue une menace de grande ampleur. Il faut agir de façon décisive.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Ça n'a pas été une décision facile, a dit M. Ford. Le Cabinet a débattu de la question jusqu'au petit matin et encore tôt ce matin. Le premier ministre dit suivre les conseils du médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr David Williams.

M. Ford a aussi annoncé, mardi, l'investissement de 304 millions de dollars pour lutter contre la COVID-19, y compris :

  • 100 millions pour les hôpitaux afin d'ajouter des lits de soins intensifs et non intensifs
  • 50 millions pour offrir plus de tests de dépistage, notamment grâce à 25 centres de dépistage
  • 50 millions pour l'achat de gants, de masques et autres équipements de protection pour les travailleurs de la santé
  • 50 millions pour assurer un dépistage 24 heures sur 24 dans les foyers pour aînés
  • 4 millions pour les communautés autochtones, y compris l'envoi de médecins dans les réserves

Cet argent provient d'un financement fédéral et d'un fonds de réserve provincial de 100 millions déjà annoncé.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un médecin équipé de gants et d'un masque total

M. Ford presse aussi Ottawa d'offrir de l'aide financière aux entreprises et d'assouplir immédiatement les critères d'admissibilité à l'assurance-emploi.

Réactions

Le maire de Toronto, John Tory, se réjouit de la décision de Doug Ford de décréter l'état d'urgence, affirmant que cette mesure allait « aider la Ville à protéger la santé de nos résidents ».

J'espère que le sérieux de cette déclaration fera comprendre à chaque résident l'importance de ses actions personnelles au cours des prochains jours. Si vous pouvez rester à la maison, restez-y et évitez les interactions avec les autres.

John Tory, maire de Toronto

La chef de l'opposition officielle à l'Assemblée législative ontarienne, la néo-démocrate Andrea Horwath, se dit « soulagée » de voir l'état d'urgence être déclaré. Elle répète que les PME et les travailleurs de l'économie du partage, notamment, ont besoin d'aide.

Pour sa part, le Dr Michael Warner de l'Hôpital Michael Garron à Toronto pense que la province devrait aller encore plus loin. On estime que le coronavirus va infecter de 30 % à 70 % du public. Dans un groupe de 50, ça veut dire 15 à 35 personnes infectées. On doit tout fermer dès maintenant, affirme-t-il.

3 jours après le Québec

Une affiche qui dit "plats pour emporter seulement" sur la porte d'un restaurant.

Ce restaurant de Toronto n'offre plus que des mets pour emporter.

Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Le premier ministre Ford dit déclarer l'état d'urgence pour « rester au devant de la vague ».

Toutefois, plusieurs personnes ont accusé la province au cours des derniers jours de tarder à adopter des mesures draconiennes comme au Québec, qui a déclaré l'état d'urgence sanitaire le 14 mars, interdisant au passage les visites dans les hôpitaux et les centres de soins de longue durée, notamment.

Lundi après-midi, le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr David Williams, avait demandé aux garderies, aux bars et aux restaurants (exception faite des commandes à emporter) de fermer leurs portes, quelques heures après avoir affirmé que de telles mesures n'étaient pas encore nécessaires.

La situation change de jour en jour, d'heure en heure, a rappelé M. Ford, mardi.

Lundi, le premier ministre Ford avait par ailleurs joint sa voix à celle de nombreux élus et experts demandant à Ottawa de ne plus laisser les visiteurs de l'étranger entrer au pays. Plus tard dans la journée, Justin Trudeau a fermé la frontière à tous les visiteurs étrangers, sauf ceux des États-Unis.

Le gouvernement Ford planifie de faire approuver les nouveaux investissements annoncés mardi, lors d'une séance extraordinaire de l'Assemblée législative jeudi.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Avec les informations de CBC News

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