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COVID-19 : un test pour le leadership de Doug Ford

Cinq individus derrière un lutrin.

Doug Ford s'est présenté accompagné de trois de ses ministres et du médecin hygiéniste en chef de l'Ontario pour faire le point sur la situation avec la covid19.

Photo : Pool via Citytv

ANALYSE - Ils sont les premiers ministres des deux provinces les plus populeuses au Canada. Deux provinces voisines. Les deux politiciens partagent aussi leur peu d'expérience; ils sont entrés en fonction depuis moins de deux ans. Pourtant, la réponse de Doug Ford et celle de François Legault sont aux antipodes depuis le début de la crise de la COVID-19.

Au Québec, François Legault a fait de la mise à jour des autorités de la santé son rendez-vous quotidien avec les Québécois. Chaque jour, il les rassure, leur donne l'heure juste sur la situation et explique la stratégie de son gouvernement.

En Ontario, Doug Ford a attendu lundi avant de se présenter accompagné de son médecin hygiéniste en chef pour la toute première fois. La présence du virus dans sa province est pourtant connue depuis le 25 janvier. Il lui aura fallu sept semaines pour s'afficher au côté du grand responsable de la santé publique en Ontario. Une prise de distance discutable, même en cette période de distanciation sociale.

Jusqu'ici, c'est surtout la ministre de la Santé, Christine Elliott, qui a été le visage du gouvernement provincial. C'est elle qui a le plus souvent rencontré les journalistes pour leur faire part des derniers développements sur la propagation du virus. Doug Ford n'a pas cherché à éviter les médias, mais il n'a pas non plus établi une communication continue avec la population.

Une femme avec un chandail bleu parle avec un micro dans les mains.

La ministre de la Santé Christine Elliott affirme que des cliniques de tests pour la COVID-19 seront bâtis en Ontario à l'extérieur des hôpitaux.

Photo : Radio-Canada

Tenir le public informé est la chose la plus importante que nous puissions faire, a lancé le premier ministre lundi. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Doug Ford ne prêche pas toujours par l'exemple.

D'ailleurs, le gouvernement Ford répète avoir la situation bien en main, mais il reçoit beaucoup de critiques à propos de ses communications. L'opposition à Queen's Park dénonce le peu de transparence dont il a fait preuve quant à son plan d'urgence. Lors des points de presse dans les dernières semaines, il fallait souvent arracher les mots de la bouche des ministres pour comprendre clairement comment le gouvernement se préparait à une multiplication du nombre de cas.

Vitesse de réaction

Depuis que le gouvernement québécois a ordonné la fermeture des commerces non essentiels, dont les salles de sport, les bars et les restaurants, tout le monde attendait que l'Ontario lui emboîte le pas. Il aura fallu 24 heures avant que la province réagisse et annonce la même mesure. Lundi, la ministre de la Santé et le médecin hygiéniste en chef de la province nous ont d’abord dit que nous n’étions pas rendus à cette étape avant de se raviser quatre heures plus tard.

Certes, l'Ontario a été la première province à prolonger la semaine de relâche pour ses élèves, mais depuis, elle n'est pas la plus proactive face au virus. Doug Ford semble avoir tellement peur des conséquences pour l'économie de sa province qu'il n'ose pas dire aux Ontariens de s'enfermer chez eux et d'éviter les boutiques et les restaurants. Jeudi dernier, il allait même jusqu'à conseiller aux familles qui devaient partir en voyage d'aller de l'avant avec leur plan. Il leur souhaitait de passer un bon moment et de s'amuser. Quelques heures plus tard, Ottawa recommandait l'annulation de tous les voyages dispensables.  

Des préoccupations économiques avant tout 

Doug Ford a amorcé son point de presse lundi en rappelant que la santé et la sécurité des Ontariens sont ses priorités absolues. Or la suite de son discours avait surtout une saveur économique. Il a notamment mentionné l'impact économique dévastateur de la covid19. Son ministre des Finances a pour sa part souligné que les travailleurs et les employeurs ressentaient déjà les répercussions du virus.

Le ministre Rod Phillips au micro en conférence de presse

Le ministre des Finances de l'Ontario, Rod Phillips

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Il est vrai que Doug Ford a fait de la santé économique de l'Ontario sa marque de commerce, allant même jusqu'à adopter la devise Ouvert aux affaires. Mais devant la menace du nouveau coronavirus, l'attitude des progressistes-conservateurs donne l'impression qu'on veut rassurer la communauté d'affaires avant les Ontariens.

Le passage de la covid19 au pays semble encore loin d'être terminé. Le premier ministre a probablement encore beaucoup de temps pour corriger le tir. Déjà, avec la crise qui s'est intensifiée dans les derniers jours, Doug Ford s'est fait plus présent. Chose certaine, la crise de santé publique actuelle est un test sans précédent pour le leadership de Doug Ford. Un test qui marquera le premier mandat de son gouvernement et qui le définira en tant que politicien. Parce que, comme le disait le premier ministre en point de presse, nous apprenons beaucoup sur nous-même lors des moments difficiles.

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