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Le difficile retour des Canadiens en mission humanitaire

Les organismes de coopération internationale s’activent pour tenter de rapatrier les Canadiens en mission humanitaire aux quatre coins du monde.

Des élèves assis par terre.

Une quinzaine d'élèves de Saint-Hyacinthe qui participent à un stage humanitaire au Sénégal attendent d'être rapatriés.

Photo : Facebook / École secondaire Saint-Joseph

« C’est une crise sans précédent, une crise dans tous les pays en même temps. C’est complexe », indique Michèle Asselin, présidente de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI).

Depuis le mot d’ordre, lancé samedi par le gouvernement fédéral aux Canadiens basés à l’étranger, leur demandant de rentrer au pays, ces organismes se démènent pour trouver une solution à des situations parfois compliquées.

Cet appel a été répété, vivement, par le premier ministre Justin Trudeau lundi.

Ça fait quelques semaines qu’on suit de près la situation, mais tout s’est intensifié depuis une semaine, affirme Odette McCarty, directrice d’un programme de coopération volontaire du Centre d'étude et de coopération internationale (CECI).

Nous travaillons d’arrache-pied pour les rapatrier au plus vite, mais devons composer avec la fermeture des frontières de plusieurs pays et les changements de trajets et de billets que celle-ci impose.

Denise Byrnes, directrice d’OXFAM-Québec

Des élèves de Saint-Hyacinthe devraient quitter le Sénégal

Au Sénégal, plus d'une trentaine de Québécois, en lien avec l’organisme Mer et Monde, attendent par exemple de rentrer au Canada, dont un groupe d’adolescents de l’École secondaire Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe.

Depuis deux semaines, 15 élèves mineurs participent à un stage humanitaire dans la région de Thiès. À leurs côtés, 20 autres Québécois sont sur le terrain, pour diverses missions, dont des étudiants de l’Université Laval.

Initialement, leur retour était prévu en fin de semaine passée, mais leur vol a été annulé. Une correspondance avec le Maroc était prévue, mais Rabat a décidé dimanche de suspendre tous les vols internationaux jusqu’à nouvel ordre.

Désormais, Josée Lemire, la directrice de Mer et Monde, croise les doigts. Il y a eu beaucoup d’angoisse, reconnaît-elle. On a finalement trouvé des allers simples et tout le monde devrait rentrer d’ici jeudi.

Des billets jusqu’à 5000 $

Les prix, eux, se sont envolés. Mer et Monde a dû débourser de 1200 à 2500 $ par billet. Un autre organisme ayant des volontaires au Sénégal a indiqué à Radio-Canada avoir eu des propositions provenant d’agences de voyage grimpant jusqu’à 5000 $.

Mais le coût n’est pas la principale inquiétude de ces groupes, qui comptent sur l’aide future de Québec et d’Ottawa pour renflouer leurs caisses.

Puisqu’il n’existe pas de liaisons directes entre Dakar et Montréal, des correspondances sont envisagées en Europe, dans d’autres pays africains ou aux États-Unis.

On espère que ces connexions seront conservées, mais on n’a aucune certitude, confie Josée Lemire, tout en précisant que tout le monde est en sécurité.

Quelques heures après cet entretien, Mme Lemire a appris les mesures annoncées par le président français.

Selon Emmanuel Macron, les frontières à l’entrée de l’espace Schengen seront fermées dès mardi midi, et tous les voyages entre les pays non européens et l’Union européenne seront suspendus. Ce qui pourrait encore compliquer la tâche de ces organismes.

Des refus de rentrer

Il n’est pas toujours facile de convaincre des bénévoles canadiens basés à l’étranger depuis des années de rentrer au pays. Il y a des personnes qui ont de la famille dans leur pays d’affectation ou un contrat à long terme qui ont préféré rester, indique Odette McCarthy en parlant de Canadiens vivant au Pérou, au Guatemala, au Népal, en Bolivie ou au Sénégal. Notre devoir, c’est de bien leur dire que, dans une semaine, ce sera encore plus difficile d’assurer le rapatriement, précise Michèle Asselin, présidente de l’AQOCI.

La crainte d'un « effet boule de neige »

Pour l’organisme SUCO, planifier ce retour s’apparente également à un véritable casse-tête. Plus d’une vingtaine de volontaires et stagiaires œuvrent au Pérou et au Honduras. Deux pays qui viennent de fermer partiellement leurs frontières, à l’instar de la Colombie et de l’Argentine.

Pour l’instant, c’est impossible de les faire sortir, mais tout le monde va bien, rassure la directrice Geneviève Giasson, qui craint cependant une multiplication de décisions politiques similaires.

Avec l’annonce de Justin Trudeau [de fermer les frontières canadiennes aux non-résidents], on pense qu’il y aura un effet boule de neige. On espère vraiment faire revenir les gens rapidement, car les routes aériennes se resserrent et ça devient problématique.

Geneviève Giasson, directrice de SUCO

S’ils arrivent à rentrer au Canada, ces bénévoles et volontaires devront se placer en isolement durant 14 jours, comme l’exige le gouvernement fédéral. Une autre procédure, nécessaire, mais quelquefois délicate à mettre en œuvre, expliquent ces organismes.

Parfois, leur maison est vide ou ils ont sous-loué leur logement, car ils ne s’attendaient pas à rentrer de sitôt, détaille Michèle Asselin, de l’AQOCI.

Cette dernière précise que des solutions sont actuellement étudiées pour assurer le meilleur retour possible de ces travailleurs humanitaires.

Le ministère des Relations internationales, au Québec, n’a pas voulu commenter cette situation et a renvoyé aux points de presse quotidiens du premier ministre Legault. Affaires mondiales Canada n’a quant à lui pas donné suite aux questions de Radio-Canada au moment de la publication.

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