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Archives

Maurice Richard, le héros d’un peuple

Maurice Richard entouré d'enfants.

Maurice Richard a connu une carrière exceptionnelle avec le Canadien de Montréal de 1942 à 1960.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 15 septembre 1960, à l’âge de 38 ans, Maurice Richard annonçait sa retraite. À travers nos archives, découvrez la vie de celui qui incarna le courage et la détermination bien au-delà du monde du sport.

Plusieurs artistes l’ont chanté. Les partisans lui ont réservé des ovations monstres. Il a servi de modèle à toute une génération de jeunes hockeyeurs. Maurice Richard « comptait avec tant de régularité que les échecs se faisaient rares ».

Des records et un symbole de réussite

Le 24 octobre 1994, le Téléjournal présente un reportage qui brosse un portrait du célèbre hockeyeur.

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Les nouvelles du sport, 24 octobre 1994

Ses débuts dans la grande ligue n’auront pas été de tout repos. À l’âge de 21 ans, à ses deux premières saisons dans la LNH, Maurice Richard subit deux fractures à la cheville et une au poignet. Certains le jugent fragile, et pourtant…

Celui que l’on surnommait le Rocket établira par la suite 16 records individuels, gagnera huit Coupes Stanley, dont cinq consécutives, en 18 saisons avec le Canadien de Montréal.

Le Rocket tient son surnom de son coéquipier Ray Getliffe, qui lors du premier camp d’entraînement de Maurice Richard le surnomme ainsi, car il était impressionné par sa vitesse et son agilité.

En 1945, il aide l’équipe à ramener la coupe à Montréal pour la première fois depuis 1931. Il réussit 50 buts en 50 matchs, un record qui ne sera égalé qu’en 1981 par Mike Bossy des Islanders de New York.

Poussé par la volonté d’arriver au sommet pour battre l'exploit de Nelson Stewart, qui avec ses 324 buts détenait depuis toujours la première place parmi les joueurs de la LNH, il y parvient le 29 octobre 1952.

« C’est contre Toronto que Maurice Richard devait atteindre ce record en déjouant Harry Lumley. Compter le but qui établissait le nouveau record n’aurait dû être qu’un jeu, mais le Rocket était si impatient d’y arriver qu’il mit plus de 10 jours avant de le faire. »

Le 17 mars 1955, sa carrière est assombrie par ce que l’on a appelé l'émeute du Forum. À la radio de Radio-Canada, La Revue de l'actualité du 18 mars 1955 décrit ce qui a mené aux événements.

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La suspension de Maurice Richard

Dans un match à Boston, Hal Laycoe porte un bâton élevé au visage du Rocket, qui réplique aussitôt. Il s’en prend physiquement à son rival, puis à un juge de ligne. Le président Clarence Campbell le suspend pour les trois derniers matchs de la saison ainsi que pour l’ensemble des séries éliminatoires de la Coupe Stanley.

Le match suivant, une bombe lacrymogène éclate dans les gradins, les spectateurs lancent des projectiles en direction du président de la LNH.

Furieux, les partisans sortent dans les rues de Montréal en scandant des slogans pro-Maurice Richard, pro-francophones. Certains menacent de faire sauter l’édifice de la Sun Life où la LNH a ses bureaux.

Maurice Richard était plus qu’une vedette du sport, « il allait apparaître désormais dans une perspective nouvelle, dans une lumière qu’aucun athlète n’avait encore connue ». Il devient le symbole du Canadien français qui peut réussir, mais aussi celui à qui on tente de mettre des bâtons dans les roues.

Certains historiens ont vu dans l’émeute pour Maurice Richard le réveil du peuple québécois et les balbutiements de la Révolution tranquille. Désormais, il était permis de rêver d’atteindre le sommet dans tous les domaines. Les succès n’appartenaient plus qu’aux Anglais.

Dans cette archive radio, tirée de La Revue de l'actualité du 18 mars 1955, nous pouvons entendre Maurice Richard qui s'adresse aux émeutiers afin de calmer les esprits.

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Le Rocket calme le jeu

En 1957, il marque son 500e but contre Chicago à ses 861 joutes dans la Ligue nationale avec l’aide de Jean Béliveau et de Dickie Moore. Maurice Richard était alors le joueur le plus âgé du circuit.

Un spectateur tient une banderole avec l'inscription Rocket Richard record 500e but

Le 19 octobre 1957, Maurice Richard atteint le plateau des 500 buts contre les Blackhawks de Chicago.

Photo : Radio-Canada

Le 15 septembre 1960, à l’âge de 38 ans, Maurice Richard donne une conférence de presse à l’Hôtel Reine Elizabeth où il annonce sa retraite.

Grand marqueur petit parleur

« Dès sa plus tendre enfance, Richard avait préféré le geste à la parole. »

Maurice Richard est né sur le Plateau-Mont-Royal puis a grandi ensuite dans le quartier Bordeaux-Cartierville à Montréal.

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Maurice Richard, 5 octobre 1960

Dans cet extrait de l’émission Maurice Richard du 5 octobre 1960, nous pouvons voir et entendre ses parents parler de sa personnalité et aussi du modèle qu’il était pour son jeune frère Henri.

Il était plutôt prompt, il ne fallait pas lui dire grand-chose.

Alice Richard, mère de Maurice Richard

Quand Maurice a commencé à jouer professionnel au Forum, on amenait Henri, dans le temps il avait 5, 6 ans. On l’asseyait sur nos genoux et je vous dis que les joueurs, il les connaissait. Il connaissait tous les noms, tous les numéros. Quand on ne voulait pas l’amener, il faisait une crise. Fallait qu’il vienne.

Onésime Richard, père de Maurice Richard

Il aimait tellement son frère, c’était une adoration pour lui.

Alice Richard

Comme le mentionne le journaliste, la femme de Maurice Richard, Lucille, « avait appris à ne pas rompre le rideau de solitude dont son mari s’était de tout temps entouré ».

Dans cette entrevue menée au Téléjournal par Bernard Derome à la fermeture du Forum de Montréal le 11 mars 1996, on perçoit la personnalité pensive et recueillie de Maurice Richard.

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Téléjournal, 11 mars 1996

Même s'il pouvait paraître froid et distant, le Rocket était très attaché aux valeurs familiales et portait les partisans du Canadien en haute estime.

Il ne se montrait pas très enthousiaste face au Nouveau Centre Molson et pensait surtout aux amateurs de hockey.

Moi je dis que ce n’est pas une bonne chose. C’est rendu que le hockey va coûter trop cher. Le prix du billet va monter de 30, 40 %. Je ne peux pas comprendre que le monde va payer ces prix-là. Ici, me semble que ça aurait pu durer encore plus longtemps.

Maurice Richard

Les Québécois ont toujours admiré en lui son intégrité et sa ténacité. Ils le lui ont d’ailleurs prouvé lors de la fermeture du Forum en 1996 en lui réservant une ovation de plus de huit minutes.

Le commentateur Richard Garneau raconte ce moment historique dans cet extrait de l’émission Raconte-nous Maurice présentée le 11 septembre 1998.

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Raconte-nous Maurice, 11 septembre 1998

Mon régisseur me faisait des signes pour que je commence à parler, mais à chaque fois que j’essayais de dire un mot, la foule m’écrasait et y allait de plus belle. J’étais très très ému et je n’étais pas le seul.

Richard Garneau

Tout au long de sa carrière, Maurice Richard a cumulé les honneurs. Il s’est éteint le 27 mai 2000 d’un cancer de l’abdomen. Il avait 78 ans.

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