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Trump appelle les Américains à éviter les rassemblements de plus de 10 personnes

Le président Trump, à l'avant-plan, accompagné de l'équipe responsable de la réponse américaine à l'épidémie, s'adresse aux journalistes.

Aux côtés de l'équipe responsable de la réponse américaine à l'épidémie du coronavirus, le président Trump a annoncé des directives plus restrictives.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Radio-Canada

Opérant un net changement de ton, le président Donald Trump a annoncé lundi un resserrement important des recommandations pour lutter contre la propagation du coronavirus. Le message est clair : les Américains, même ceux qui n'ont pas de symptômes, devront changer leurs habitudes de vie.

Aux côtés de l'équipe responsable de la réponse des États-Unis à la pandémie de COVID-19, Donald Trump a indiqué que les autorités américaines préconisent désormais l'école à la maison et recommandent d'éviter les regroupements de plus de 10 personnes, les bars ainsi que les restaurants, les voyages non essentiels et les visites sociales.

Cela vaut aussi pour les Américains jeunes et en santé, a-t-il précisé.

Les recommandations, qui ne sont pas obligatoires, s'appliquent pour 15 jours et seront revues au besoin.

Le seuil de 10 personnes est une diminution marquée par rapport aux limites de 1000, 500 ou 250 personnes fixées pour des rassemblements par plusieurs villes et États au cours des derniers jours. Dimanche, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) préconisaient d'éviter les groupes de plus de 50 personnes.

Si tout le monde fait [...] ces changements et sacrifices critiques maintenant, nous nous unirons comme nation et nous vaincrons le virus et pourrons avoir une grande célébration ensemble.

Donald Trump, président des États-Unis

La Maison-Blanche recommande en outre aux personnes qui se sentent malades de rester chez elles et aux parents dont un enfant est malade de le garder à la maison; elle indique en outre que si un seul membre d'un foyer contracte le coronavirus, la maisonnée entière devrait rester au domicile.

Les personnes âgées et les personnes aux prises avec certaines maladies chroniques sont elles aussi invitées à rester chez elles et à se tenir loin des autres; de plus, les visites dans les centres d'hébergement sont déconseillées.

Ce n'est pas une réaction disproportionnée, a assuré le directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), le Dr Anthony Fauci, au moment de commenter les nouvelles lignes directrices, qu'il a présentées comme nécessaires.

Les recommandations sont consignées dans un document de deux pages, intitulé Les directives du président sur le coronavirus à l'intention de l'Amérique.

Le président a en outre souligné que son administration n'entendait pas pour l'instant décréter de couvre-feu ou de quarantaine à l'échelle du pays, mais il n'en a pas écarté la possibilité.

Les derniers jours marquent un tournant pour Donald Trump, qui avait jusqu'à tout récemment banalisé la situation. Lui et ses alliés avaient entre autres accusé les démocrates et les médias de dramatiser la crise pour lui nuire.

Selon l'Université Johns Hopkins, les États-Unis dénombrent plus de 4400 cas connus de COVID-19 et 78 morts.

La propagation n'est pas maîtrisée, admet le président, tout de même satisfait

Le mois dernier, le président Trump avait prédit que l'épidémie pourrait miraculeusement disparaître avec le temps chaud, en avril, mais il a cette fois-ci reconnu que la crise pourrait se prolonger jusqu'en juillet ou août, et même après.

Cela ne signifie pas que les directives s'appliqueront jusqu'à cette période, a tenu à préciser le Dr Fauci.

Il y a quelques jours encore, Donald Trump soutenait que la situation était sous contrôle. Confronté à l'optimisme qu'il avait affiché, il a nié avoir parlé du virus et a affirmé qu'il faisait plutôt référence à la gestion de la crise par son administration.

À un journaliste qui lui demandait d'évaluer sa gestion de la crise sur une échelle de 1 à 10, le président a répondu : Je l'évaluerais à 10.

Plusieurs journalistes, dont un reporter portant un gant de latex, lèvent la main pour poser une question.

Les journalistes doivent désormais faire prendre leur température avant les conférences de presse du président Trump ou du vice-président Mike Pence, mais certains s'imposent eux-mêmes des protections supplémentaires, comme ce reporter qui porte des gants en latex.

Photo : Reuters / Leah Millis

Le président a fait l'objet de critiques concernant sa réponse à la pandémie, notamment quant au manque de tests de dépistage.

Le Dr Anthony Fauci, qui fait partie de l'équipe de lutte contre la COVID-19, a d'ailleurs admis jeudi dernier que le dépistage du coronavirus était jusqu'ici un échec.

Le New York Times signalait par ailleurs un peu plus tôt que le président Trump avait déclaré à un groupe de gouverneurs qu'ils devraient tenter d'obtenir par eux-mêmes les respirateurs et les ventilateurs pour lesquels les besoins vont croissant et ne pas attendre que le fédéral réponde à leurs demandes.

Selon le quotidien, certains gouverneurs, dont le démocrate Jay Inslee de l'État de Washington, l'État qui paie le plus lourd tribut en ce qui concerne le nombre de victimes, n'ont pas caché leur frustration devant la façon dont l'administration Trump gère la crise.

Wall Street en mauvaise forme

Le président américain a admis qu'il pourrait y avoir une récession – une crainte qui gagne les investisseurs internationaux – et a ajouté qu'il y aurait ensuite un formidable rebond de l'économie.

Sur Wall Street, le Dow Jones a effectué une chute historique de près 3000 points en une seule journée. Le plongeon de 12,93 % constitue en outre sa pire séance depuis 1987 en matière de pourcentage.

Après s'être stabilisé dans la dernière heure avant la fermeture, l'indice new-yorkais a recommencé à dégringoler pendant la conférence de presse.

Les gains réalisés par le Dow Jones depuis le début de l'année ont ainsi été effacés.

Les États prennent les grands moyens

Quatre États du nord-est du pays – New York, New Jersey, Connecticut et Pennsylvanie – ont pris des mesures conjointes pour lutter contre l'épidémie : entre autres, ils ont interdit les rassemblements de plus de 50 personnes dès mardi, 20 h, et ont décrété du même souffle la fermeture des gymnases, des cinémas et des casinos.

Les restaurateurs devront pour leur part limiter leurs activités à la livraison et à la préparation de repas à emporter.

D'autres États, comme la Louisiane, mais aussi des villes ont pris des décisions similaires.

Le New Jersey a en outre ajouté à ces mesures celle d'un couvre-feu volontaire.

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