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Gaspésiens à l'étranger : rentrer au pays ou rester sur place?

Un couple regarde le tableau des départs à l'aéroport de Zurich.

Plusieurs pays ont décidé de fermer leurs frontières en raison de la pandémie de coronavirus. (archives)

Photo : The Associated Press / Alexandra Wey

Radio-Canada

Plusieurs résidents de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine sont encore à l'étranger alors que la pandémie du coronavirus complique de plus en plus les déplacements internationaux. Si certains tentent par tous les moyens de rentrer au pays, d'autres choisissent plutôt de rester où ils sont.

Majorie Lapierre se trouve au Maroc depuis janvier.

Vu la propagation rapide du coronavirus, la résidente des Îles-de-la-Madeleine cherche tant bien que mal à revenir au pays, comme le demandent Québec et Ottawa.

Elle détient un billet d'avion sur un vol d'Air Canada qui transite par Paris le 30 mars, mais s'inquiète de voir plusieurs pays fermer leurs frontières, dont le Maroc. Les vols vers l'Europe s'effectuent désormais au compte-goutte.

J'étais à Marrakech et quand je vois la quantité d'Européens qui essaient de rentrer chez eux, je me suis découragée parce que les billets sont rendus à 5000-6000 $. C'est des achats de billets en ligne alors tu ne sais pas si les sites sont à jour, personne ne répond au téléphone, donc c'est pas évident de dépenser 6000 $ sans savoir si l'aéroport va te laisser partir, déplore Mme Lapierre.

Elle dit avoir tenté de joindre Air Canada pour avancer sa date de retour au pays, mais n'avoir jamais réussi à parler à un agent.

Ce que je trouve drôle, c'est que le gouvernement nous dit de revenir rapidement, mais je peux pas nager jusqu'aux Îles-de-la-Madeleine! Faut qu'on me fournisse un avion pour que je revienne.

Majorie Lapierre

Il n'y a presque pas d'avions d'autorisés, il faut que le gouvernement canadien décide de jaser avec le Maroc pour dire : ''Regarde, on peut-tu rapatrier notre monde'', déplore-t-elle.

Majorie Lapierre affirme qu'elle est en bonne santé. Le Maroc dénombre une trentaine de cas de COVID-19, c'est-à-dire moins qu'au Québec.

Rentrer pour aider les autres

Isabelle Casgrain tente elle aussi de rentrer au Canada. La médecin, basée à Gaspé, est actuellement en voyage en Nouvelle-Zélande, mais espère pouvoir aider ses collègues à lutter contre la pandémie dès que possible.

Elle explique qu'elle et son conjoint ont pris la décision de rentrer au pays dès qu'ils ont été mis au courant de la directive gouvernementale.

Une femme de la santé publique remet des directives écrites à un homme portant un masque.

Ottawa demande aux Canadiens à l'étranger de rentrer au pays pendant que des vols commerciaux sont encore disponibles.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La décision était facile à prendre parce qu'on est quand même en situation de crise sanitaire mondiale. Le gouvernement nous demande de rentrer et de se mettre en quarantaine, donc c'est ce qu'on va essayer de faire, affirme la médecin.

La communication par Internet étant difficile à Christchurch, où elle se trouve, la médecin dit ne pas avoir eu le temps d'étudier les possibilités de travailler de la maison lors de sa quarantaine, mais assure qu'elle est impatiente de contribuer à l'effort collectif.

Je ressens pas mal de culpabilité, même si c'est une situation que je pouvais pas prévoir quand je suis partie le 20 février. C'est certain que s'il y a des options, je ne vais pas passer ma quarantaine assise à regarder Netflix.

Isabelle Casgrain

La première chose qu'on a essayé de faire, c'est de contacter Air Canada, mais on n'a jamais été capable, leur site web ne fonctionnait pas. On a magasiné un nouveau billet d'avion, mais les vols disparaissaient devant nos yeux, explique Dre Casgrain.

Après de longues démarches, le couple a réussi à mettre la main sur deux allers simples au coût de 1800 $ pour rentrer au Canada le 20 mars.

En quarantaine sur une île thaïlandaise

De son côté, le Gaspésien Éric Proulx préfère rester en Asie plutôt que de risquer d'attraper le virus à l'aéroport.

C'est vraiment du cas par cas, on s'est longtemps posé la question. On voyage, mais on sait qu'on peut être porteurs et transporter la maladie d'un aéroport à l'autre... c'est certain qu'on change nos plans de voyage un peu, admet-il.

Éric Proulx et sa famille, en maillot de bain devant une chute d'eau.

Le Gaspésien Éric Proulx et sa famille ont l'intention de se placer en quarantaine volontaire en Thaïlande.

Photo : Courtoisie Éric Proulx

Parti le 28 décembre pour un périple de sept mois avec sa conjointe et leurs enfants, M. Proulx explique qu'ils ont les moyens, et les assurances, pour rester dans un recoin isolé jusqu'au mois d'août. La famille, qui se trouve actuellement au Népal, a donc pris la décision de se rendre en Thaïlande pour se placer en quarantaine volontaire.

C'est de se mettre en quarantaine volontaire au lieu de revenir au Québec, faire 25 heures d'avion, passer par de multiples aéroports... on va aller proche d'ici se mettre en quarantaine sur une île.

Éric Proulx

On a avancé notre départ du Népal et on s'en va en Thaïlande, et on va rester dans le sud du pays jusqu'à ce que la crise passe. Faut savoir que les soins de santé et les mesures d'hygiène sont excellents, donc on n'a aucune crainte à ce niveau-là, c'est le choix le plus judicieux qu'on peut faire, explique-t-il.

Avec les informations de Michel-Félix Tremblay, Kim Bergeron et Adrianne Gauvin-Sasseville

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Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

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