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Les chantiers de construction québécois ne sont pas prêts pour lutter contre la COVID-19

Des travailleurs de la construction devant un chantier.

Les syndicats réclament une intervention du gouvernement pour implanter des mesures de santé et de sécurité uniformes pour l’ensemble de la province pour contrer la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Claudine Richard

Radio-Canada

Dans la foulée de la propagation de la COVID-19, l'absence d'installations sanitaires conformes est plus problématique que jamais sur les chantiers de construction du Québec. C’est du moins l’avis de la FTQ-Construction et du Conseil provincial des métiers de la construction-Inter qui craignent pour la santé et la sécurité de leurs travailleurs.

Les deux syndicats dénoncent notamment le fait qu’il est souvent impossible pour la plupart de leurs travailleurs de se laver les mains sur leur lieu de travail. 

Dans la très grande majorité des chantiers, on n’a pas accès à l’eau courante. Les toilettes qu’on offre, ce sont les toilettes bleues improvisées qu’on a souvent dans les concerts. Il y a des places où il n’y a même pas de savon, raconte Michel Trépanier, président du Conseil provincial des métiers de la construction-Inter, en entrevue aux Matins d'Ici.

Les syndicats réclament une intervention du gouvernement pour adopter des mesures de santé et de sécurité uniformes pour l’ensemble de la province.

On a besoin de ce genre d’intervention pour la santé et l’hygiène de nos travailleurs. Il n’est pas normal en 2020 qu’on n’ait pas d’installation pour se laver les mains, a déclaré Éric Boisjoly, le directeur général de la FTQ Construction, par voie de communiqué.

À l’heure actuelle, les responsables de chantiers ont chacun leur vision d’adresser la santé et la sécurité. Les standards en hygiène sont très limités, rajoute M. Trépanier.

On a une fourmilière où le virus peut se propager pis ça doit être adressé.

Michel Trépanier, président du Conseil provincial des métiers de la construction-Inter

Les revendications des travailleurs de la construction pour obtenir de meilleures conditions sanitaires ne sont pas récentes. Depuis juin 2015 , les employeurs sont contraints de fournir des toilettes à chasse d’eau sur les chantiers de 25  travailleurs et plus.

Aux dires de M. Trépanier et de M. Boisjoly, plusieurs d’entre eux ne respectent tout simplement pas la réglementation en place.

Un stress supplémentaire

Comme c’est le cas de plusieurs industries durement touchées par les mesures préventives mises en places par les autorités de santé publique, de nombreux travailleurs de la construction sont inquiets de leur situation financière.

M. Trépanier évalue à 100 000 le nombre de travailleurs du domaine de la construction qui se retrouvent sans ouvrage en raison de la COVID-19 .

Il ne faut pas se retrouver dans une situation où les travailleurs doivent choisir entre leur santé et leur famille et leur travail, insiste-t-il.

Le président du Conseil provincial des métiers de la construction-Inter assure toutefois que des discussions en ce sens sont en cours avec le gouvernement provincial afin de trouver une solution.

Si on peut avoir un support et une ligne directrice du côté du gouvernement pour aider et accompagner les travailleurs, je crois qu’on peut y arriver, conclut Michel Trépanier.

M. Trépanier reconnaît tout de même que d’autres chantiers en Outaouais seront inévitablement appelés à fermer au cours des prochains jours.

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Ottawa-Gatineau

Santé publique