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Le milieu culturel de l'Est durement touché par la crise du coronavirus

Une salle de spectacle vide

Les rassemblements sont maintenant à éviter au Québec pour contenir la propagation du coronavirus.

Photo : iStock / sdigital

Les travailleurs du milieu culturel, qui doivent composer avec la vague d'annulations d'activités pour les prochaines semaines, demandent des mesures compensatoires rapides de la part de Québec.

L'incertitude plane dans de nombreux secteurs économiques, face aux mesures mises en place par le gouvernement pour restreindre la propagation du coronavirus.

Qui sera indemnisé? Et à quelle hauteur? De nombreuses personnes travaillant dans le domaine de la culture, qui disent déjà vivre avec un statut précaire, voient une bonne partie de leurs revenus menacés.

La plupart du temps, les artistes sont des travailleurs autonomes, ça veut dire que tu fais ta comptabilité toi-même, tu fais tes affaires toi-même, et il n’y a pas de chômage, il n’y a pas de filet. Quand tu ne travailles pas, tu ne travailles pas, et c'est tout, affirme le musicien et artisan Robin Servant, qui pense à ses pairs dont le revenu ne repose que sur les spectacles, par exemple.

Le musicien Robin Servant présente ses instruments

Robin Servant, comme de nombreux artistes, verra plusieurs de ses spectacles, voire de ses tournées, annulés dans les prochaines semaines.

Photo : Radio-Canada

J'espère qu'il va y avoir des mesures pour soutenir, parce qu'on est vraiment beaucoup de travailleurs, on est quand même un gros pan de l'économie, c'est beaucoup d'argent qui passe dans les tournées, dans les spectacles, etc.

Robin Servant, artiste

Consultez notre dossier sur la COVID-19 : Tout sur la pandémie

Réaction rapide des diffuseurs dans l’Est

Le Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est-du-Québec, le ROSEQ, réclame vivement des mesures compensatoires rapides et concrètes du gouvernement. Les diffuseurs craignent que les pertes encourues compromettent la viabilité et même l'existence de certaines salles.

Supposons un diffuseur moyen, qui doit annuler 12 spectacles, à 300 billets le spectacle, à une moyenne de 30 $ le billet, ça représente à peu près plus de 100 000 $ à rembourser. Imaginez pour un organisme à but non lucratif, l'impact que ça peut avoir sur la liquidité, illustre Frédéric Lagacé, directeur général du ROSEQ.

trois musiciens sur scène.

Les diffuseurs du ROSEQ ont rapidement demandé des compensations à Québec.

Photo : Radio-Canada / Marie-Claude Tremblay

La collaboration du public est aussi demandée quant aux remboursements des billets de spectacles. Un mouvement de solidarité envers les diffuseurs, #billetsolidaire, commence d'ailleurs à circuler sur les médias sociaux.

Un Carrousel fragilisé, mais au futur assuré

L'annulation du 37e Carrousel international du film de Rimouski ne menace pas l'existence de l'organisation. C'est ce qu'a assuré la coordonnatrice Karine Roussel, qui convient toutefois que les répercussions financières de cette annulation sont pour l'instant difficiles à évaluer.

L'équipe devra décider si l'événement, qui devait se tenir à compter du 23 mars, sera reporté ou complètement annulé.

Deux jeunes filles sourient à la caméra. Elles sont sur le tapis rouge avec la mascotte du Carrousel.

Le Carrousel international du film, qui tentait pour une première fois un festival en mars, a dû annuler toute sa programmation.

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Mme Roussel espère cela dit que Québec offrira des compensations pour les organisations et les travailleurs touchés par cette crise, quand celle-ci sera contenue.

Je crois que le milieu culturel va se faire assez présent pour ne pas se faire oublier.

Karine Roussel, coordonnatrice du Carrousel international du film de Rimouski

La coordonnatrice du Carrousel salue par ailleurs la solidarité de la communauté : Ce qu'on a vraiment senti par exemple, c'est une grande solidarité dans la communauté culturelle, autant auprès de nos invités que de nos partenaires, on a vraiment senti que tout le monde était compréhensif, on avait un soutien vraiment positif.

Le budget de fonctionnement du Carrousel international du film se chiffre autour de 250 000 $ annuellement.

Une étude de Hill Strategies pour le Conseil des arts du Canada évaluait en 2016 que le nombre d'emplois en culture s'élevait à environ 161 000 au Québec, générant des retombées avoisinant 11 milliards de dollars.

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