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COVID-19 : Québec déclare l'état d'urgence sanitaire

« Pour freiner le virus, il faut agir vite. Il faut prendre des décisions rapidement », affirme François Legault.

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Le premier ministre François Legault, flanqué des ministres Marguerite Blais et Danielle McCann.

Le reportage d'Hugo Lavallée

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Pour la première fois de son histoire, le Québec déclare l'état d'urgence sanitaire. Une mesure en vigueur pour 10 jours, qui permet notamment au gouvernement d'effectuer des achats sans appel d'offre.

Cette mesure exceptionnelle donne aussi le pouvoir à la ministre de la Santé de payer des actes médicaux faits à distance ou encore de rappeler des infirmières retraitées en éliminant des procédures administratives.

On a une espèce de course contre la montre. Pour freiner le virus, il faut agir vite. Il faut prendre des décisions rapidement. C’est pour cela qu’il faut mettre de côté les règles ordinaires, a affirmé François Legault.

Le premier ministre a réitéré son appel aux Québécois à rester au Québec, affirmant que « ce n’est pas une bonne idée de voyager à l’étranger ». Quand on regarde les 21 cas de Québécois infectés, ces personnes ont été infectées aux États-Unis, en France, en Italie, en Iran, en République dominicaine, en Inde et sur des bateaux de croisière, a-t-il illustré.

À propos des touristes étrangers, M. Legault a encore plaidé pour une intervention du fédéral pour limiter leur arrivée en sol canadien. Je continue à penser que c’est urgent de réduire le nombre de visiteurs étrangers au Canada, a-t-il affirmé.

Tandis que le nombre de cas de COVID-19 au Canada ne cesse d’augmenter, le gouvernement fédéral avertit les voyageurs canadiens de revenir au Canada « par des moyens commerciaux pendant qu'ils sont encore disponibles ».

Consultez notre dossier sur la COVID-19 : Tout sur la pandémie

Visites interdites dans les hôpitaux et les CHSLD

Québec a également annoncé samedi interdire toutes les visites dans les CHSLD, les hôpitaux et les résidences pour personnes âgées afin de mieux protéger les aînés et les gens vulnérables de la pandémie.

François Legault a aussi demandé aux personnes de 70 ans et plus d’éviter de sortir de chez elles, à moins que cela ne soit vraiment nécessaire.

Se basant sur les données récoltées à partir de l’expérience chinoise, il a expliqué que le taux de mortalité est très faible chez les jeunes, tandis qu’il est élevé chez les gens âgés. Par exemple, le taux décès se chiffre à 0,2 % chez les 30-39 ans, mais grimpe à 8 % pour la tranche d’âge de 70 à 79 ans.

Il a tenu à rassurer les plus jeunes sur le taux de survie d’une personne infectée par le virus. La grande majorité des personnes plus jeunes qui ont été infectées vont s’en sortir, n’auront pas de conséquences graves, a-t-il dit.

Puisque les personnes âgées sont plus à risque, il devenait nécessaire d’adopter des mesures pour les protéger. Ce qu’on veut, c’est évidemment limiter les risques de contagion, donc éviter que des personnes se présentent dans les centres de personnes âgées, dans les hôpitaux, viennent infecter les personnes âgées, parce que c’est ça notre plus grand risque au Québec, a expliqué le premier ministre.

Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, soutient que cette mesure vise à contrer « une crise qui pourrait survenir dans un endroit où il y a des personnes vulnérables ».

C’est parce qu’on les aime et qu’on veut les protéger qu’on fait cela. […] Je sais que ça va être difficile pour la population d’accepter cela, mais il faut réellement être en mesure d’agir, a-t-elle dit.

Directeur national de la santé publique, Dr Horacio Aruda a ajouté : Au-delà de cette consigne d’âge, toute personne qui a des maladies chroniques, toute personne qui a un problème d’immunosuppression ou qui est malade, même si elle est plus jeune, devrait commencer à penser à ne pas sortir si ce n’est essentiel.

Mme Blais a mentionné que son ministère a communiqué hier avec la direction de tous les CHSLD de la province et celle des résidences privées pour aînés, tout comme avec la FADOQ. Des informations additionnelles sur le plan de contingence leur ont été fournies et des guides leur seront envoyés.

On va parler à tous les organismes de personnes âgées. On est en action pour [les] protéger.

Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants
Un écriteau montrent des mesures à prendre pour éviter la propagation du virus.

Le gouvernement du Québec a rappelé les mesures d’hygiène à prendre pour éviter de contracter la COVID19. Les symptômes s’apparentant au coronavirus sont la fièvre, la toux, la détresse respiratoire, les essoufflements, la fatigue et les douleurs musculaires.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

D'autres cliniques de dépistage s'ajouteront au réseau au cours des prochains jours

La ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Danielle McCann, a indiqué que le réseau procède actuellement au délestage d’activités non urgentes et que cette tendance va prendre de l’ampleur.

Tous nos hôpitaux se préparent actuellement. On veut libérer des lits, libérer des équipements. Et même on va ajouter des lits. On a l’Hôtel-Dieu, on a le Royal-Victoria. On travaille sur ces deux sites déjà, a-t-elle affirmé.

Présentement, on compte sept cliniques désignées pour le dépistage du coronavirus. Le ministère de la Santé va en ajouter 12 autres dans les prochains jours pour un total de 19 établissements. Le Ministère a aussi lancé un appel aux infirmières à la retraite pour venir en renfort. La question problématique de la cotisation obligatoire à l'ordre professionnel semble être en voie d'être réglée avec les mesures sur l'état d’urgence sanitaire.

Quels sont les besoins en effectifs supplémentaires? On est en train de le chiffrer. On est tous en train de faire cet exercice au niveau des lits, au niveau de l’équipement, au niveau du personnel. Si on parle d’un certain pourcentage d’atteinte de la population, il faut penser qu’il y a un certain pourcentage d’atteinte du personnel. C’est en ce sens qu’on fait nos planifications de main-d’œuvre, a répondu Mme McCann.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec demande à la population de ne plus utiliser le 811, mais plutôt de composer 1 877 644-4545 pour communiquer avec les équipes en place.

La ministre McCann répond à une question lors d'une conférence de presse.

La ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Danielle McCann.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Engorgement des lignes téléphoniques

Danielle McCann a annoncé que les problèmes avec la ligne 1 877 644-4545 avaient été réglés. Il fallait renforcer la bande passante, a-t-elle indiqué, précisant que l'attente était de 10 minutes ce matin.

Des gens ont éprouvé des problèmes à obtenir la ligne et à parler avec le spécialiste adapté : attente interminable, appels qui raccrochent après un certain temps, interlocuteur qui n'était pas une infirmière, etc.

On va doubler le nombre de préposés aux renseignements à cette ligne-là, a dit la ministre en point de presse samedi.

La ministre McCann, a reconnu vendredi que le système avait connu des ratés en raison du manque de personnel. Il nous manquait du personnel à Info-Santé. Je peux dire aux gens qu’on va avoir 88 infirmières de plus dès maintenant au service d’Info-Santé pour répondre. C’est un engagement que je prends. Il va être réglé, ce problème-là, aujourd’hui même. Je vais suivre cela personnellement, avait-elle promis.

Ces infirmières additionnelles s'ajouteront aux 400 déjà employées pour répondre aux appels. Le nombre d’appels a été extrêmement élevé ces derniers jours. La ministre a rapporté que le volume d'appels est passé de « 4000 à 16 000. Cela a quadruplé en 24 heures ».

Des lignes téléphoniques ont été mises à disposition pour contacter une infirmière qui, le cas échéant, dirigera toute personne à risque vers l’établissement de soins approprié. Le spécialiste de la santé effectuera une évaluation téléphonique et, si nécessaire, préviendra la clinique ou l’urgence de l’hôpital afin que le patient puisse s’y rendre et subir un test de dépistage.

Le gouvernement Legault souhaite bonifier l’infrastructure téléphonique, qui compte actuellement environ 1200 lignes disponibles, pour le porter à 2000 dès lundi.

Québec entend aussi renforcer la capacité d’analyse des tests de COVID-19. En ce moment, les spécialistes peuvent effectuer 400 tests par jour. On prévoit de porter ce nombre à 6400 d’ici la fin du mois.

Ajout de crédits

Malgré le dépôt du budget Girard au cours de la semaine dernière, François Legault n’exclut pas une mise à jour économique dans un avenir rapproché considérant la nouvelle réalité avec laquelle le Québec doit composer, afin d’adopter des crédits supplémentaires.

Il va y avoir des pertes d’emplois. C’est le rôle du gouvernement d’en faire plus. Je suis content d’avoir eu un budget que certains disaient dépensier. Une chance qu’il était quand même généreux. Mais il va falloir en faire beaucoup plus. On parle de milliards de dollars de plus, a-t-il déclaré.

À propos des impacts économiques, François Legault a dit que, dans les prochains jours, son gouvernement allait annoncer des mesures pour les citoyens afin de s’arrimer avec celles annoncées par le gouvernement fédéral.

Il y a des personnes qui ont droit à l’assurance-emploi. Il y a des personnes qui n’ont pas droit à l’assurance-emploi. Notre objectif, c’est d’être capable de compenser financièrement tous ceux qui auraient besoin de s’isoler, qu’il n’y ait pas d’incitatif à aller [travailler], de prendre le risque d’infecter d’autres personnes sur les lieux de travail, a-t-il affirmé.

Il admet que la situation est préoccupante, voire difficile pour certaines entreprises et travailleurs autonomes. Il souligne que le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon travaille de concert avec le gouvernement Trudeau sur un plan qui sera rendu public bientôt.

La Banque de développement du Canada (BDC) va annoncer des mesures. On voudrait simplifier la vie aux entreprises, aux travailleurs autonomes pour ne pas qu’ils aient besoin d’aller cogner à trop de portes, donc être capable de bien s’arrimer, a-t-il dit.

M. Legault le répète : la priorité demeure la santé des Québécois. Je comprends très bien que les décisions qu’on annonce peuvent créer un sentiment d’angoisse dans la population. Je veux dire aux Québécois que ce qu’on fait rapidement, c’est pour justement éviter le pire, c’est de mettre toutes les chances de notre côté pour que le virus se propage le moins rapidement possible et au moins de personnes possible. Il n’y a pas de raison de paniquer. Je suis convaincu qu’ensemble on est capable, on va passer au travers.

Hausse du nombre de cas

Le Québec compte 24 cas confirmés de coronavirus selon le plus récent bilan rendu public par le gouvernement Legault.

Le CHU Sainte-Justine indique qu’un enfant avec un test positif pour le coronavirus est rentré chez lui, son état ayant été jugé satisfaisant. Il s’agit du premier cas de coronavirus avéré au Québec chez un mineur. L’enfant revenait de voyage en Europe, il ne s’agit donc aucunement d’un cas de transmission locale du virus.

Au Canada, on recense au moins 250 cas confirmés de COVID-19. En Ontario, on dénombre aujourd'hui une hausse d'une vingtaine de cas de coronavirus. Le Nouveau-Brunswick a aussi constaté une augmentation de cas présumés.

De son côté, l’Île-du-Prince-Édouard a confirmé samedi après-midi un premier cas de COVID-19 dans la province.

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