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La survie de cabanes à sucre menacée par le coronavirus

Une cabane à sucre en hiver

Des propriétaires de cabanes à sucre craignent les impacts de la pandémie de coronavirus.

Photo : Radio-Canada

La pandémie de coronavirus et les mesures mises en place pour endiguer sa propagation pourraient porter un coup fatal à certaines cabanes à sucre traditionnelles.

Les érablières qui offrent des repas réalisent le gros de leur chiffre d’affaires durant la saison des sucres, soit entre la mi-mars et la fin du mois d'avril.

Pour ces entreprises, la propagation du coronavirus et les craintes qu’elle génère au sein de la population ne pouvaient survenir à un pire moment.

C'est le début de la grande saison pour nous. C'est quand même 60-65 % de notre chiffre d'affaires qui se fait en deux mois. Si on ne les fait pas, s'il n'y a pas personne qui vient nous visiter, bien on va avoir un problème majeur, confie Jean-Paul Tardif, copropriétaire de l’Érablière du Cap, à Lévis.

Depuis que le premier ministre François Legault a recommandé d’interdire les rassemblements de plus de 250 personnes, les annulations de réservations se multiplient.

Nos réservations de début de la saison étaient déjà complètes, mais avec cette nouvelle-là, le téléphone sonne continuellement. Les gens appellent pour canceller, raconte M. Tardif.

Jean-Paul Tardif accorde une entrevue à Radio-Canada à l’intérieur de la salle à manger principale de l’Érablière du Cap.

Jean-Paul Tardif, copropriétaire de l’Érablière du Cap

Photo : Radio-Canada

Il ajoute que les cabanes à sucre avec service de repas se font de plus en plus rares au Québec et qu’un bon nombre parmi celles qui sont toujours en activité éprouvent des difficultés. Selon Jean-Paul Tardif, des établissements devront mettre la clé sous la porte si la crise se prolonge.

C'est sûr que si ça dure deux mois, ça va être catastrophique. Imaginez, 60-65 % du chiffre d'affaires qui disparaît. Il n'y a pas grand entreprises qui peuvent passer à travers ça.

Une citation de :Jean-Paul Tardif, copropriétaire de l’Érablière du Cap

Mesures préventives

Pour rassurer la clientèle et réduire les risques de contamination, l’Érablière du Cap, qui peut accueillir jusqu’à 400 personnes en temps normal, a mis en place de nombreuses mesures d’hygiène supplémentaires.

Chaque groupe qui se présente a sa propre table et bénéficie d’un service individuel. De plus, un employé se promène continuellement dans l’établissement afin de désinfecter les poignées de porte et autres objets avec lesquels les clients sont fréquemment en contact.

Bénéficiant d’une importante superficie, l’érablière peut également se permettre d’espacer davantage les tables et les chaises. À ces mesures s’ajoute la présence de distributeurs de lotion désinfectante.

On fait tout pour que tout soit sécuritaire, insiste Jean-Paul Tardif.

L'Érablière du Cap sous la pluie, en hiver

En temps normal, l’Érablière du Cap peut accueillir jusqu’à 400 personnes.

Photo : Radio-Canada

Pour l’instant, les propriétaires de l’entreprise familiale ont décidé de maintenir l’érablière ouverte. Si la clientèle n’est pas au rendez-vous, l’érablière pourrait toutefois interrompre ses activités.

Si on se ramasse avec [juste] 20 personnes dans la salle, il y a de la nourriture qui va se jeter, il y a du personnel qui va entrer pour rien. Donc, c'est des dépenses. Si ça fait ça plusieurs jours d'affilée, bien il va falloir se repositionner, prévient le copropriétaire de la cabane à sucre.

Sirop invendu

Les érablières ayant un service de restauration risquent de se retrouver avec un surplus de sirop d’érable au terme de la présente saison des sucres. Certaines pourraient alors se tourner vers les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) pour écouler leurs stocks invendus.

« S’il détient un contingent [de production], le propriétaire d’une cabane à sucre de type restaurant qui se retrouve avec un surplus en raison d’une baisse de sa clientèle pourrait vendre ce surplus-là au regroupement », explique la directrice des communications corporatives de PPAQ, Hélène Normandin.

Elle précise que son organisation n’offre pas de mesures de soutien aux propriétaires de restaurants cabanes à sucre. Le regroupement représente uniquement les producteurs acéricoles.

Avec la collaboration de David Rémillard

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