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COVID-19 : cures d’ail, rasades d’eau et autres mythes qui persistent

Une femme regarde son téléphone. Elle porte un masque facial pour se protéger du coronavirus.

Les fausses nouvelles se multiplient au sujet du coronavirus.

Photo : Reuters

Mathieu Gobeil

La désinformation se répand comme une traînée de poudre au sujet du coronavirus, tandis que des mesures exceptionnelles bouleversent le fonctionnement de notre société. Même si de nombreux mythes ont été déboulonnés, certains ont la vie dure et continuent de faire des ravages en ligne. Voici une recension de quelques-uns d’entre eux, pour mieux vous prémunir.

La liste n’est pas exhaustive. Nous vous invitons à consulter les liens dans chaque cas pour en savoir plus.

« Des remèdes maison peuvent prévenir ou guérir la COVID-19 »

Beaucoup de méthodes douteuses et recettes de grand-mère prétendant pouvoir stopper le coronavirus circulent. Par exemple? Manger beaucoup d’ail. D’autres conseils portent sur le fait de boire de l’eau fréquemment ou de prendre de grandes inspirations en maintenant l’air dans ses poumons.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) consacre une page entière à ces idées reçues à défaire sur le coronavirus (Nouvelle fenêtre).

Les agences de santé publique à travers le monde font un travail semblable pour remettre les pendules à l’heure : boire beaucoup d’eau, prendre des boissons chaudes (Nouvelle fenêtre) ou des solutions d’argent ou de zinc sont sans effet contre la COVID-19. Tout comme l’huile de sésame, les solutions salines (Nouvelle fenêtre) pour le nez et les bains chauds.

Concernant l’ail, l’OMS écrit : « L’ail est un aliment sain qui peut avoir certaines propriétés antimicrobiennes. Cependant, rien ne prouve, dans le cadre de l’épidémie actuelle, que la consommation d’ail protège les gens contre le nouveau coronavirus. »

L’application d’urine, d’eau de Javel sur votre corps et la prise de… cocaïne (Nouvelle fenêtre) ne sont pas plus efficaces pour prévenir ou stopper le virus – et peuvent en fait mettre en danger votre santé.

Pour le lavage des mains en prévention, il n’est pas nécessaire d’utiliser un produit antimicrobien. L’eau et le savon suffisent.


« Le coronavirus ne se transmet pas dans les pays chauds »

Contrairement à une idée reçue qui circule, la COVID-19 peut se transmettre dans toutes les régions (Nouvelle fenêtre), y compris les zones chaudes et humides, rappelle l’OMS (Nouvelle fenêtre).

Indépendamment du climat, « prenez des mesures de protection si vous vivez ou si vous vous rendez dans une zone où il y a des cas de COVID-19 », écrit l’OMS. Le meilleur moyen de se protéger contre l’infection est de se laver souvent les mains et d’éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche.


« Le coronavirus n'est pas plus dangereux que la grippe saisonnière »

C’est faux (Nouvelle fenêtre). Il est vrai que les symptômes du coronavirus sont semblables à ceux de la grippe saisonnière. Les façons de s’en protéger aussi.

Mais son taux de létalité (environ 2,3 % pour le coronavirus, contre 0,1 % pour la grippe saisonnière) inquiète, de même que la vitesse à laquelle il se répand. D’où l’importance d’être bien renseigné et de prendre les mesures préventives appropriées.

Une différence majeure est qu’une grande proportion de la population a une immunité totale ou partielle contre la grippe puisque certains l’ont contractée avant ou ont été vaccinés. Mais beaucoup plus de gens sont vulnérables au coronavirus puisqu’ils n’ont pas développé d’immunité à ce nouveau virus.

En raison du taux de mortalité supérieur de la COVID-19 et de la relative incertitude qui entoure l’épidémie actuelle, les mesures de prévention, de confinement et de quarantaine ont toutes leur raison d’être puisqu’elles diminuent les chances de transmission.

Si la grippe saisonnière n’est pas considérée comme très létale au niveau individuel (0,1 %), elle tue quand même 290 000 à 650 000 humains chaque année. La raison? Le volume de personnes qui l’attrapent est très grand, et avoisine le milliard de personnes.


« Les enfants n’attrapent pas le coronavirus »

Tout le monde peut attraper le coronavirus. Toutefois, les effets les plus graves vont se manifester chez les personnes âgées, et particulièrement celles qui sont fragilisées par des maladies chroniques (hypertension artérielle, problèmes cardiaques ou diabète).

Pour une raison encore mal expliquée, les enfants développent peu de symptômes lorsqu’ils sont infectés par le coronavirus et ont une très faible probabilité d’en mourir. Mais ils peuvent contracter le virus et le transmettre, comme chacun de nous.


« On peut attraper le coronavirus par un envoi postal »

Il y a peu de risque d’être infecté par contact avec un colis qui a été déplacé et exposé à différentes conditions.

L'Agence de santé publique du Canada affirme sur son site web : Rien ne permet d'affirmer que des coronavirus pourraient entrer au Canada simplement en étant présents sur des colis ou des paquets en provenance des régions touchées en Chine.

Selon l'OMS, les risques sont très faibles quant aux articles de courrier d'arrivée, y compris le courrier en provenance de la Chine, en raison de la faible capacité de survie de la COVID-19 sur les surfaces.


« Le coronavirus est une arme biologique développée en laboratoire »

Depuis des semaines circulent de fausses nouvelles qui relaient notamment les propos d’un juriste américain, Francis Boyle, qui avance dans une entrevue vidéo que le coronavirus est une bioarme créée dans un laboratoire chinois. Ses affirmations ont été massivement relayées sur Internet.

Même si beaucoup de médias, tant dans le monde francophone (Nouvelle fenêtre) que du côté anglophone (Nouvelle fenêtre), ont démontré que ces affirmations étaient fausses et relevaient de la théorie du complot, les fausses nouvelles à ce sujet continuent de circuler.

Une autre fausse nouvelle liée à celle-ci et démentie par Radio-Canada alléguait que deux scientifiques qui ont travaillé au Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg ont fait entrer clandestinement le coronavirus en Chine l'année dernière. Cette théorie du complot est vraisemblablement basée sur une compréhension tordue d'un reportage de CBC News publié l'été dernier (Nouvelle fenêtre).


« La Chine tue massivement ses animaux pour stopper la pandémie »

Depuis des semaines circulent de fausses nouvelles sur l’abattage massif des animaux de compagnie en Chine afin de prévenir la propagation du coronavirus.

Il est vrai que beaucoup de propriétaires ont abandonné leur animal de compagnie (Nouvelle fenêtre) cette année en Chine en raison des mesures de quarantaine qui ont perturbé la vie normale des gens.

Des reportages font aussi état de situations où les autorités de certains villages ont ordonné de mettre des animaux en quarantaine ou encore d’abattre les chiens errants dans les rues. Mais il n’y a pas d’abattage massif systématique des animaux de compagnie en Chine.

Il faut rappeler qu’aucune donnée scientifique ne montre que les chiens ou les chats puissent être infectés – ou transmettre – le virus.

Plus récemment, de fausses nouvelles font état de l’abattage de masse d’animaux d’élevage. Une vidéo virale affirme que la Chine tue massivement des porcs et des volailles porteurs du coronavirus. Encore ici, c’est faux, comme l’explique notre article récent.


« Le coronavirus vient de la consommation de chauves-souris en Chine »

Il est vrai que la chauve-souris pourrait être un vecteur de transmission du coronavirus, mais de la désinformation circule à ce sujet. Récemment, nous expliquions dans un article que la théorie voulant que le coronavirus provienne spécifiquement des chauves-souris est non vérifiée.


« Le coronavirus a fait diminuer la pollution en Chine »

Une image qui circule beaucoup depuis février semble montrer que le niveau de pollution atmosphérique en Chine a baissé de façon importante depuis le début de la crise du coronavirus. Or, l'indice de qualité de l'air dans plusieurs villes chinoises indique le contraire, comme l’a montré notre article.

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