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Kevin Chen, le virtuose qui rêve de science

Des milliers d’élèves et d’étudiants de la région sont actuellement en relâche ou en congé forcé. Parmi ces jeunes s’exprime une relève artistique étonnante. Que jeunesse se passe? Non, qu’elle s’éclate!

Un garçon qui joue du piano.

Le pianiste Kevin Chen

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Rhéaume

Stéphanie Rhéaume

À 15 ans, le pianiste gatinois Kevin Chen peut espérer un parcours grandiose en musique. Doté d’un talent exceptionnel, l’adolescent envisage pourtant d’embrasser une carrière scientifique, tout en laissant une grande part au piano dans sa vie.

Concentré et imperturbable, Kevin attaque le Nocturne de Chopin, opus 48, no 1 en do mineur. Dans la grande salle du Conservatoire de musique à Gatineau, les touches résonnent avec vitesse et aplomb. Sa facilité à jouer s’avère déconcertante.

Son aisance n’a d’égale que son impressionnante feuille de route.

Kevin vient tout juste de gagner le Concours de concerto du conservatoire, ce qui lui vaudra de donner le coup d’envoi de la 14e saison de l’Orchestre symphonique de Gatineau le 12 septembre 2020.

L’automne dernier, il remportait le premier prix dans la catégorie junior lors d’un concours aux États-Unis, en plus de décrocher le prix du public de la Thousand Islands International Piano Competition. À 13 ans, Kevin Chen a été sélectionné comme participant à l’émission Virtuose, animée par Gregory Charles à la télévision de Radio-Canada. Deux ans auparavant, il jouait aux côtés du pianiste de renommée internationale Lang Lang dans le cadre de l’événement 101 Pianists au Centre national des Arts.

Son parcours en musique a pourtant débuté par le chant. Je chantais dans une chorale pour jeunes quand j’avais quatre ans, à Ottawa. La professeure a dit que je pouvais saisir les notes plus facilement que les autres, raconte le musicien d’origine chinoise. Elle m’a suggéré d’essayer le piano. Mes parents m’ont acheté un piano électrique.

Un jeune garçon de six ans qui joue du piano.

Kevin Chen, lors de son tout premier concert à l’âge de six ans.

Photo : Gracieuseté de Kevin Chen

À partir de ce moment, le parcours musical de Kevin allait connaître une montée en crescendo.

Une mémoire phénoménale et une technique quasi irréprochable

Sa professeure de piano, Marlene Finn, a rapidement constaté à quel point le jeune garçon était doué, et ce, dès son arrivée au conservatoire à l’âge de huit ans.

Celle qui enseigne le piano dans cette école depuis plus de 30 ans a rarement relevé une telle combinaison de talents chez une même personne.

Des main sur des touches de piano.

Selon sa professeure de piano, Kevin Chen détient une rare combinaison d’atouts pour être un pianiste hors du commun.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Rhéaume

Il a le physique : il est très détendu quand il joue. Il a une facilité technique et il a cette concentration... C’est vraiment extraordinaire! Quand il s'assoit au piano, dès la première note, on voit qu’il a cette sensibilité qui se dégage tout de suite.

[Kevin] a progressé à une vitesse phénoménale. Il a vraiment tous les atouts pour être un pianiste hors du commun.

Une citation de :Marlene Finn, professeure de piano au Conservatoire de musique à Gatineau

Aujourd’hui, le prodige passe une dizaine d’heures par semaine à s’exercer au piano, en plus de suivre plusieurs autres cours liés à la musique et de terminer ses études en quatrième secondaire au collège Saint-Alexandre, à Gatineau.

S’il juge le temps passé à son instrument comme raisonnable, l’amoureux du courant romantique admet s’y consacrer avec beaucoup de minutie.

Un groupe de 16 jeunes élèves accompagnés de leur enseignante.

Les élèves de la classe de piano de Marlene Finn au Conservatoire de musique de Gatineau en décembre 2018 (Kevin Chen est au centre, Marlene Finn, au bout à droite).

Photo : Denis Thibault

J’écoute très attentivement en classe. Je suis capable de me rappeler de presque tous les éléments que ma professeure m’enseigne, soutient l’adolescent.

Sa professeure renchérit. Je lui demande une pièce à mémoriser. Ça peut être une sonate de Beethoven. Il arrive et il ne fait pas d’erreur de mémoire, raconte Marlene Finn. Quand c’est mémorisé, il le sait et il n’y a pas d’erreur.

Cette mémoire d’éléphant lui permet, selon elle, de jouer à peu près le double du répertoire habituellement exigé à son âge.

Elle lui permet également de résoudre un cube Rubik en deux temps, trois mouvements, un autre de ses dadas! Je travaille beaucoup pour mémoriser les algorithmes pour résoudre et aller plus vite, explique-t-il.

La collection personnelle de Kevin contient pas moins de 30 cubes Rubik, qu’il arrive à élucider en 17 secondes en moyenne chacun.

Le Laurent Duvernay-Tardif du piano?

En garçon qui joue du piano.

Visiblement à l’aise au piano, Kevin Chen rêve malgré tout de troquer les habits de concert pour le sarrau de scientifique.

Photo : Radio-Canada / Stéphanie Rhéaume

Malgré son génie musical indéniable, Kevin rêve de science et de médecine. En l’écoutant parler de cette autre passion, il est impossible de ne pas penser à Laurent Duvernay-Tardif, ce médecin-footballeur qui a soulevé les foules en remportant le dernier Super Bowl.

Pour l’instant, je veux explorer le domaine scientifique. La médecine m’intéresse. Il y a aussi la physique et la chimie que je découvre encore.

Une citation de :Kevin Chen, pianiste

Serait-ce possible de concilier les deux? Sans aucun doute, selon sa professeure Marlene Finn.

S’il choisissait de faire les deux, je pense qu’il a la capacité intellectuelle de le faire, affirme-t-elle avec conviction. Mme Finn cite en exemple le pianiste de concert et médecin urgentologue Mathieu Gaudet, qui réussit à combiner ses deux expertises.

Quoi qu’il en soit, Kevin ne ressent aucune pression, qu’il fasse carrière en musique ou que cette dernière demeure un simple passe-temps. Dans tous les cas, son piano demeurera son fidèle allié.

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