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Bombardier : un retour aux sources pour Éric Martel

Gros plan d'Éric Martel.

Éric Martel a quitté la présidence d’Hydro-Québec pour revenir chez Bombardier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Celui qui s’apprête à prendre les rênes de l’entreprise québécoise a déjà fait sa marque au cours de ses 13 années de service chez Bombardier. Tour à tour vice-président Exploitation chez Bombardier Transport, vice-président du Programme Challenger, puis président Services à la clientèle, Éric Martel a consacré ses dernières années chez Bombardier – jusqu’en 2015 – aux avions d’affaires, dont il est récemment devenu le président.

Pour ce faire, M. Martel a dû quitter ses fonctions de président-directeur général d’Hydro-Québec.

C’est un peu, pour lui, un retour aux sources.

Éric Martel reprend les choses là où il les a laissées. Mieux encore, il arrive alors que la maison est en ordre, nous confie une source.

De façon générale, sa performance chez l’avionneur, particulièrement dans la division des avions d’affaires, suscite des éloges.

Il a fait du très bon travail en tant que président pour améliorer le service après-vente. Bombardier était loin d’être un champion en la matière, et lorsqu’on achète un avion à 70 millions de dollars, on est en droit de s’attendre à un service de qualité. Éric Martel a redressé la barre, souligne Daniel Bordeleau, spécialiste du domaine de l'aéronautique.

Les syndiqués logent à la même enseigne.

Nous avons déjà travaillé avec lui, nos rapports étaient bons, c’est un homme franc. Nous avons déjà sollicité une rencontre avec lui, il a dit oui, explique David Chartrand, coordonnateur québécois du Syndicat des machinistes.

Cela dit, la nomination d’Éric Martel a de quoi surprendre. Certains observateurs y voient une décision étrange sur le plan professionnel.

Il passe d’Hydro-Québec, une société d’État, à Bombardier qui est désormais un joueur qui n’aura plus que 17 000, 18 000 employés lorsque toutes les [ventes] annoncées se seront concrétisées. Bombardier ne fabriquera plus qu’un seul type d’avions et ne sera même plus une multinationale. Sur le plan professionnel, c’est un recul, estime M. Bordeleau.

Le spécialiste ajoute du même souffle que l’argent a peut-être été le principal moteur de ce changement de carrière. Si on ne lui offre que le tiers du salaire d’Alain Bellemare, ce sera déjà trois à quatre fois plus que ce qu’il touche chez Hydro-Québec, dit-il.

Selon nos sources, le salaire d’Éric Martel sera inférieur à celui d’Alain Bellemare, mais toujours concurrentiel pour une société canadienne de 18 000 employés avec un secteur d’activité important.

Une chose est sûre : c’est Pierre Beaudoin, l’actuel président du conseil d’administration, qui a œuvré afin de ramener Éric Martel au bercail, avancent ces sources.

Il s’agit d’un juste retour du balancier, selon certains.

Martel n’était pas le grand ami de Bellemare. Peu de temps après l’arrivée de ce dernier, les deux hommes ont eu une prise de bec. Ils se détestaient royalement. C’est pour ça que Martel est parti. Son retour, c’est un juste retour des choses, affirme Michel Nadeau, directeur général de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques.

Bellemare n'était pas l'homme de la situation, selon certains

Selon lui, le C. A. de Bombardier s’est rendu à l’évidence : Alain Bellemare, l’actuel dirigeant de Bombardier, n’a pas été à la hauteur de la tâche qui lui avait été confiée; il n’a pas livré la marchandise, il n’a pas été l’homme de la situation.

Bellemare n’était pas un gestionnaire, il a agi en financier. Il aurait pu redresser l’entreprise, améliorer sa productivité. En lieu et place, il en a réduit la taille, le nombre d’employés est passé de 65 000 à 18 000. Il a liquidé les deux tiers de Bombardier. Martel peut faire le boulot, lui, c’est un gestionnaire, affirme M. Nadeau.

À l’interne, on décrit Éric Martel comme « un gars d’opérations et de processus, proche des clients, mobilisateur ».

D’aucuns estiment qu’Alain Bellemare sentait venir la fin. Certains le percevaient moins motivé.

Éric Martel le remplacera à compter du 6 avril prochain, soit un mois avant l’assemblée des actionnaires. Une façon peut-être pour Bombardier d’éviter la levée de boucliers qu’aurait immanquablement provoqué la présence d’Alain Bellemare, dont le salaire est jugé « pharaonique » par plusieurs.

Un défi de taille attend Éric Martel : vendre suffisamment d’avions d’affaires pour rembourser la dette de Bombardier.

De son côté, Hydro-Québec a mis en branle les démarches visant à remplacer son dirigeant.

Certains noms de candidats potentiels circulent déjà, ceux de Sophie Brochu, ancienne présidente et chef de la direction d’Énergir, de David Murray, chef de l’exploitation d’Hydro-Québec, et de Pierre-Luc Desgagné, délégué général du Québec à Bruxelles.

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