•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : Les foyers de soins de longue durée renforcent leurs mesures de sécurité

une femme pousse la chaise roulante d'une personne âgée

Les visiteurs des établissements de soins de longue durée doivent désormais subir un dépistage actif.

Photo : Shutterstock

Des établissements de soins de longue durée ontariens ainsi que des organismes responsables de personnes âgées renforcent leurs mesures de sécurité, afin de protéger leurs résidents et membres d’une infection à la COVID-19.

Dès cette semaine, à Hearst, tous les visiteurs, les bénévoles, ainsi que le personnel du Foyer des pionniers doivent se soumettre à un dépistage actif, comme l’a exigé le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario.

Selon la directrice générale de l’établissement, Joëlle Lacroix, les visiteurs doivent remplir un formulaire dont le but est notamment de s’assurer qu’ils ne présentent pas de symptômes similaires à ceux d’une infection à la COVID-19 (fièvre, toux, difficultés respiratoires) et qu’ils n’ont pas récemment visité de pays où le nombre de cas de personnes infectées est très élevé.

Les aînés plus vulnérables à la COVID-19

L'efficacité du processus dépend largement de la bonne foi des répondants, mais cela n’inquiète pas Mme Lacroix.

Je pense qu’il faut faire confiance aux gens. Ils viennent visiter les membres de leurs familles, ils savent que les personnes âgées sont vulnérables au fameux coronavirus, donc ils ne voudraient pas mettre en péril la santé de leurs proches. Les gens collaborent bien et ils sont contents de voir qu’on met en place des mesures préventives, affirme-t-elle.

Une femme assise à un bureau.

Joëlle Lacroix est la directrice générale du Foyer des pionniers de Hearst.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Pour l’instant, aucun visiteur ne s’est encore vu refuser l’accès à l’établissement, mais une employée a déjà été renvoyée chez elle en raison d’une toux naissante.

Le Foyer des pionniers a aussi annulé son carnaval annuel qui était prévu ce dimanche. 

La communauté est [généralement] invitée à participer et à ce moment-là, on n’aurait pas pu faire le dépistage de façon efficace, donc on a annulé ça, comme les sorties en groupes communautaires pour ne pas mettre [les résidents] à risque inutilement, poursuit Mme Lacroix. 

Un peu plus à l'est, à Kapuskasing, le Manoir North Centennial, où habitent 78 personnes âgées, a pris des mesures similaires à celles du Foyer des pionniers. L’administrateur de l’établissement, Claude Tremblay, souligne d’ailleurs que certains visiteurs qui avaient des symptômes de fièvre n’ont pas pu rendre visite à leurs proches cette semaine. 

Je ne crois pas que c’est relié au COVID-19, mais en même temps, en faisant le dépistage, on peut aussi empêcher l’influenza et d’autres maladies de rentrer au Manoir, explique M. Tremblay.

Radio-Canada a pu confirmer que les mêmes mesures sont en place à la Villa St-Joseph et la Villa St-Gabriel du Grand Sudbury, au Manoir South Centennial d’Iroquois Falls, au Centre Rosedale de Matheson ainsi qu’à la Villa Minto de Cochrane. 

Au Club Âge d’Or Azilda, dont plusieurs membres se rassemblent quotidiennement pour une série d’activités sociales, l’heure est aussi à la réflexion, particulièrement après l’annonce, cette semaine, d’un premier cas d’infection à la COVID-19 dans le Grand Sudbury.

Ça me touche beaucoup parce que tous les membres de mon club sont des aînés et il y en a six à dix qui sont en voyage en Espagne, en Floride, en Italie, dans des croisières, indique le président Michel Leclair. 

Le club de l'âge d'or d'Azilda était plein à craquer lors de notre passage.

Le club Âge d'Or Azilda regroupe près de 600 membres.

Photo : Radio-Canada

Même si aucune des personnes en voyage n’a signalé développer des symptômes, les membres du comité exécutif du Club Âge d’Or tiennent une rencontre vendredi matin afin de déterminer s’ils devraient recommander un isolement préventif de 14 jours ou exiger une preuve médicale de bonne santé physique aux membres de retour de vacances. 

Il faut prendre nos précautions, il faut faire attention et regarder toutes les affaires. Dans le club, il y a toujours quelque chose qui grouille, il y a bien des activités. Il faut qu’on fasse attention à nos membres, il y en a plusieurs qui sont [déjà] malades.

Michel Leclair, président du Club Âge d’Or d’Azilda

Une sensibilisation des aînés recommandée

Si les établissements de soins de longue durée estiment que les nouvelles mesures sont assez solides, le professeur de communication à l’Université d’Ottawa, Luc Bonneville croit qu’ils devraient également faire un peu d’éducation aux médias [afin] d’entretenir un minimum d’esprit critique chez les résidents. 

Ces derniers, généralement des personnes âgées, constituent l’une des catégories de personnes vulnérables à l’infection à la COVID-19 et sont souvent ciblés à la fois par les autorités de santé publique, les médias et les internautes dans leurs communications concernant la pandémie.

Selon le professeur Bonneville, il y a énormément d’informations qui circulent, des images, des graphiques et il est extrêmement difficile de s’y retrouver parce qu’il y a des informations qui disent à peu près tout et son contraire qui exacerbent les difficultés pour les personnes âgées à départager le vrai du faux.  

Un édifice de briques brunes en été

Plusieurs foyers de soins de longue durée, dont le Manoir South Centennial d'Iroquois Falls, ont mis en place les directives du gouvernement ontarien.

Photo : Google Street View

Il y a une surenchère [d’informations], le coronavirus monopolise l’attention de quasiment tout le monde. Le défi, c’est vraiment de faire en sorte que les personnes âgées puissent regarder tout ça avec rationalité, avec sang froid, et il ne faut pas que les messages de prévention des autorités de santé publique soient éclipsés par toutes sortes de sources, d’images en ligne qui circulent et qui, finalement, font peur plus qu’autre chose aux gens, fait savoir le professeur.

Il faut trouver un équilibre entre ne pas être trop alarmiste et dire que tout est sous contrôle. La quantité d’informations ne détermine pas nécessairement la connaissance qu’on a d’un sujet. On peut être désinformé beaucoup plus au fur et à mesure que la quantité d’informations augmente.

Luc Bonneville, professeur titulaire au département de communications de l’Université d’Ottawa

Des activités de sensibilisation permettraient, ajoute le professeur, d’empêcher que l’hystérie [qui se manifeste chez] les gens qui cèdent à la panique ne s’empare des résidents des foyers de soins de longue durée.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nord de l'Ontario

Soins et traitements