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L'ingérence étrangère au Canada est « substantielle et soutenue », selon un rapport

La drapeau du Canada flotte sur la tour de la Paix.

Le Canada court un « risque considérable » en raison de l'ingérence étrangère, soutient un rapport.

Photo : Radio-Canada

« Le Canada a tardé à répondre à la menace de l’ingérence étrangère ». C’est la conclusion d'un rapport déposé jeudi à la Chambre des communes, qui soutient que, faute d’une stratégie globale de la part d’Ottawa, le Canada reste vulnérable.

Un examen exhaustif permet d’établir que les activités d’ingérence étrangère à l’égard du Canada sont substantielles et soutenues.

Elles constituent une menace manifeste pour la sécurité nationale, a indiqué le président du Comité parlementaire sur la sécurité nationale et le renseignement (CPSNR), le député David McGuinty.

Le document précise que la Chine et la Russie ciblent les communautés ethnoculturelles, cherchent à corrompre le processus politique, manipulent les médias et tentent de manipuler des débats sur les campus postsecondaires.

Le rapport ne nomme que la Chine et la Russie, mais il mentionne que d’autres États cherchent à s’immiscer au sein d’institutions fondamentales. L’identité de ces pays est toutefois caviardée, tout comme plusieurs passages du rapport concernant la Chine et la Russie.

Absence de stratégie globale

Le Comité parlementaire sur la sécurité nationale et le renseignement fait état d’un risque considérable pour la sécurité nationale du pays.

Il indique que la mobilisation du gouvernement fédéral face à l’enjeu de l’ingérence étrangère est limitée. Le Comité recommande notamment d’élaborer une stratégie pangouvernementale pour contrer ce type de menace.

Il n’existe aucune stratégie publique sur l’ingérence étrangère ou de rapport public comme ceux sur le terrorisme et la cybersécurité.

Rapport annuel 2019 du CPSNR

Il est temps de rehausser notre façon de faire, souligne David McGuinty, qui précise que l’absence d’une approche globale [...] limite la capacité du Canada à agir.

Contrairement aux autres comités parlementaires, ce groupe formé de six députés et de trois sénateurs se réunit en secret et fait rapport directement au premier ministre sur les questions de sécurité nationale.

L’ancienne analyste en matière de sécurité nationale Stephanie Carvin soutient que la nature générale de l'ingérence étrangère au Canada fait ressortir la nécessité d'un plan pour améliorer la résistance du pays.

Il est vraiment difficile de rendre l'influence étrangère illégale dans une démocratie, parce que nous avons la liberté d'expression, parce que nous avons des règles sur ce que vous êtes autorisé à dire, mais nous pouvons essayer de rendre ces communautés qui sont ciblées plus résistantes.

Stephanie Carvin, Université Carleton

Une version non caviardée du rapport classifié a été soumise au premier ministre Trudeau à la fin du mois d’août, juste avant la campagne électorale.

L’examen a permis la consultation de milliers de pages de documents couvrant une période de plus de trois ans.

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