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Coronavirus : la Maison-Blanche et Pelosi tout près d'un accord sur un plan d'urgence

Nancy Pelosi, la main levée, s'adressant aux journalistes devant des drapeaux américains

Nancy Pelosi a indiqué qu'une entente était à portée de main.

Photo : Associated Press / J. Scott Applewhite

Au lendemain d'un discours à la nation du président Trump ayant semé la confusion et affolé les marchés, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, ont passé la journée de jeudi à négocier en privé les grandes lignes d’un plan d’urgence sur la crise du coronavirus.

Il est juste de dire que nous sommes proches d'une entente, sous réserve de l'échange de documents, et que nous espérons avoir un accord demain, a déclaré Nancy Pelosi jeudi soir après des négociations marathons.

Selon le New York Times, des congés de maladie rémunérés, un programme amélioré d'assurance chômage, des tests de coronavirus offerts gratuitement ainsi qu'une aide alimentaire font partie des discussions.

Plusieurs républicains s'opposent à l'octroi de congés de maladie payés, selon le quotidien new-yorkais. Ils accuseraient les démocrates d'exploiter la crise du coronavirus pour faire passer en douce une de leurs priorités de longue date, qui serait extrêmement coûteuse.

La requête du président Trump de baisser l'impôt sur les salaires, évoquée notamment lors de son allocution de mercredi, serait reportée à une ronde de négociations ultérieures, rapporte le réseau CNN.

D’après le New York Times, plusieurs républicains voudraient par ailleurs inclure dans le plan d’aide des mesures pour restreindre l’avortement.

Les démocrates de la Chambre, qui avaient développé leur propre stratégie pour s'attaquer à l'épidémie, devaient voter jeudi sur un projet de loi, mais leur plan a été mis sur la glace en raison des négociations avec la Maison-Blanche entamées en coulisses.

Par ailleurs, le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a annulé la pause d'une semaine qui devait s'amorcer en après-midi.

Selon CNN, certains sénateurs républicains étaient réfractaires à l'idée de retourner dans leur État sans avoir au préalable adopté un projet de loi d'aide économique. Ils craignaient de se retrouver dans une situation politique délicate advenant que les démocrates de la Chambre aient pour leur part adopté leur propre projet.

Selon l'Université Johns Hopkins du Maryland, le nombre de cas de COVID-19 recensés sur le territoire américain dépasse désormais 1600, un nombre qui a doublé en quelques jours à peine. Le virus, qui n'épargne plus que cinq États, a fait au moins 41 morts, d'après le Washington Post.

Au moins 13 États, dont la Californie, New York et Washington, auxquels s'est jointe jeudi la Ville de New York, ont jusqu'ici déclaré l'état d'urgence.

Devant la hausse marquée des cas de coronavirus, l'État de New York vient d'interdire les rassemblements de plus de 500 personnes, et le Maryland, ceux de 250 personnes.

Plusieurs États ont en outre mis en place des mesures pour tenter de freiner la propagation du virus. L'État de Washington, l'Ohio, le Maryland et le Kentucky ont par exemple décidé de fermer toutes les écoles pendant quelques semaines. Dans certains États, comme la Pennsylvanie et New York, une partie des établissements scolaires sont fermés.

Le dépistage du coronavirus est un « échec »

Le Dr Anthony Fauci, devant un micro, témoignant devant un comité du Congrès.

Le Dr Anthony Fauci a contredit le président Trump lors de sa comparution devant un comité du Congrès.

Photo : Reuters / Joshua Roberts

Comparaissant pour une deuxième journée devant un comité de la Chambre des représentants, le directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), le Dr Anthony Fauci, a admis la déficience du système pour dépister efficacement les cas de coronavirus dans l'ensemble du pays.

Plusieurs médias signalent depuis des jours les difficultés des Américains à passer des tests de dépistage, même quand ils présentent des symptômes de la COVID-19.

Les États-Unis ne sont pas équipés pour permettre aux citoyens d'obtenir facilement [un test de dépistage], comme c'est le cas dans d'autres pays, a reconnu le Dr Fauci, qui appartient au groupe de travail gouvernemental sur le coronavirus. Est-ce que je pense que nous devrions l'être? Oui. Mais nous ne le sommes pas.

Le système [...] n'est pas vraiment adapté à ce dont nous avons besoin en ce moment. [...] C'est un échec. C'est un échec, admettons-le.

Anthony Fauci, directeur du NIAID

Ses conclusions contredisent les affirmations du président Trump, qui martèle sans relâche que les tests sont disponibles.

Franchement, les tests se déroulent rondement, a-t-il affirmé en après-midi. Si vous vous adressez aux bons agents, si vous allez dans la bonne zone, vous obtenez les tests. Mercredi, il soutenait en outre que tous les Américains qui voulaient passer un test en avaient la possibilité.

Selon le magazine Time, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) des États-Unis et les laboratoires de santé publique américains avaient, en date du 11 mars, mené des tests de dépistage auprès de seulement 11 000 personnes depuis la mi-janvier. C'est environ la moitié du nombre de tests pratiqués – chaque jour – en Corée du Sud, d'après les chiffres de la BBC.

En entrevue au réseau NBC, Mike Pence a par ailleurs prédit qu'il y aurait des milliers de cas de coronavirus supplémentaires, refusant toutefois de s'avancer lorsque la journaliste lui a demandé si les cas se compteraient par millions.

Le vice-président américain a en outre reconnu que la COVID-19 était bien plus létale que la grippe saisonnière, alors que le président a affirmé le contraire à quelques reprises. La semaine dernière, il a entre autres mis en doute l'information de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le taux de mortalité de 3,4 % de la COVID-19.

Ironiquement, M. Pence a également critiqué la rhétorique irresponsable des personnes qui ont minimisé l'ampleur de la crise.

Pas plus tard que lundi, le président Trump accusait pourtant les faux médias et leur partenaire, le Parti démocrate, de tout faire pour enflammer la situation.

Les Américains de retour d'Europe appelés à se placer en quarantaine

Des voyageurs attendent en file au comptoir de KLM à l'aéroport de Schiphol, aux Pays-Bas.

Des voyageurs attendent en file pour obtenir des informations au comptoir de KLM à l'aéroport de Schiphol, aux Pays-Bas.

Photo : Reuters / Piroschka Van De Wouw

Faisant la tournée des émissions d'informations matinales, le vice-président Mike Pence, chargé de coordonner les efforts de l'administration Trump pour contrer l'épidémie de coronavirus, a apporté des précisions à la décision de fermer les frontières aux voyageurs en provenance d'Europe, annoncée la veille par le président.

Sur les ondes de CNN, il a spécifié que les Américains et les résidents permanents de retour d’Europe devraient se placer eux-mêmes en quarantaine pendant 14 jours.

Consultez notre dossier sur la COVID-19 : Tout sur la pandémie

À leur retour d'Europe, ces voyageurs seront dirigés vers 13 aéroports, où ils feront l'objet de contrôles, a-t-il précisé.

Mercredi soir, Donald Trump a annoncé la suspension des voyages vers les États-Unis en provenance de l'Europe, mais ses propos, ponctués d'erreurs, ont semé la confusion, obligeant le président et son administration à corriger le tir dans les minutes suivant son allocution.

Le président n'avait entre autres pas précisé que les Américains seraient exemptés de cette interdiction.

Un journaliste du New York Times, qui était en Europe, a signalé que de nombreux voyageurs américains désespérés, dont lui-même, avaient changé leur date de retour à prix fort, se heurtant à des heures d'attente dans leurs tentatives de joindre les compagnies aériennes.

L'allocution du président, qui a contribué à la plongée des marchés, a par ailleurs accru l'inquiétude des investisseurs. À New York, l'indice Dow Jones des valeurs industrielles a terminé en baisse de quelque 10 %, sa plus forte chute depuis le krach de 1987.

Biden et Sanders critiquent Trump

Joe Biden regarde vers la droite, devant des drapeaux américains

Cherchant à établir un contraste entre le président Trump et lui, Joe Biden a discuté de la stratégie à adopter pour faire face à la crise du coronavirus lors d'un événement à Wilmington, au Delaware

Photo : Reuters / Carlos Barria

Au lendemain du discours du président républicain, les deux candidats encore dans la course à l'investiture démocrate ont à leur tour prononcé une allocution sur la crise du coronavirus.

S'exprimant chacun devant des drapeaux américains, l'ex-vice-président Joe Biden et le sénateur du Vermont Bernie Sanders ont tous deux mis de l'avant leur propre stratégie, proposant des mesures qui incluraient par exemple la gratuité des tests de dépistage et des congés de maladie payés. Du même souffle, ils ont dénoncé l'incompétence du président républicain pour faire face à la crise.

Cherchant à établir un contraste avec le locataire de la Maison-Blanche, Joe Biden, le meneur de la course démocrate, a donné à son allocution des airs présidentiels prononcée depuis sa ville de Wilmington, au Delaware.

Dénonçant l'échec colossal du dépistage, il a promis de tenir compte de la science, d'écouter les experts et de restaurer le leadership américain pour mieux confronter les menaces mondiales s'il était élu, faisant allusion aux critiques formulées à l'endroit de Donald Trump. Il a également promis au passage de toujours dire la vérité au peuple américain, autre flèche décochée en direction du président républicain.

Aucun président ne peut promettre d'empêcher de futures épidémies, mais je peux vous promettre que lorsque je serai président, nous serons mieux préparés, nous réagirons mieux et nous nous remettrons plus facilement [de telles épreuves].

Joe Biden

Son rival, qui parlait depuis sa ville de Burlington, au Vermont, a appelé le président Trump à déclarer l'état d'urgence et plaidé en faveur d'une ligne téléphonique d'informations sans frais.

Invoquant le nombre potentiel de victimes et les impacts qui se font déjà sentir sur l'économie, Bernie Sanders a comparé la pandémie à une grande guerre qui nécessitait d'agir en conséquence.

Malheureusement, en ces temps de crise internationale, l'administration [Trump] est largement incompétente, et son incompétence et son imprudence ont mis en danger la vie de très nombreuses personnes dans ce pays.

Bernie Sanders

L'épidémie a forcé l'annulation des rassemblements partisans des deux candidats prévus cette semaine.

Elle a aussi amené le Parti démocrate à modifier les modalités du débat de dimanche, qui devait avoir lieu à Phoenix, en Arizona, devant des spectateurs et qui se déroulera plutôt sans public dans la capitale fédérale.

Trump à un degré de la COVID-19

Le week-end dernier, le président Trump et le vice-président Pence ont par ailleurs été en contact avec une personne ayant reçu un diagnostic de la COVID-19.

Fabio Wajngarten, le chef du service de presse du président brésilien Jair Bolsonaro, qu'il accompagnait à la résidence floridienne du président Trump, est porteur du coronavirus, selon les médias brésiliens.

Sur la photo qu'il a lui-même publiée sur Instagram, on le voit à gauche du président Trump.

Appelé à commenter la nouvelle, le président Trump a assuré ne pas être préoccupé du tout.

La Maison-Blanche a affirmé que le président et le vice-président n'avaient presque pas eu d'interactions avec M. Wajngarten, et qu'il n'était donc pas nécessaire qu'ils se soumettent à des tests de dépistage.

Le sénateur républicain de Floride Rick Scott, qui était invité à l'événement, a pour sa part choisi de se mettre en quarantaine.

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