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Le milieu éducatif toujours opposé à une vaste réforme du PEQ

Les universités et les cégeps ne veulent pas d'une nouvelle liste de domaines de formation visant le volet étudiant du Programme de l'expérience québécoise (PEQ).

Un immeuble de l'UQAM situé à l'intersection de la rue Saint-Denis et du boulevard De Maisonneuve.

Les universités québécoises défendent l'attractivité du PEQ pour attirer des étudiants internationaux.

Photo : iStock

« Le PEQ, pour les étudiants, ce n'est pas un problème; c'est une solution », clame Pierre Cossette, président du Bureau de coopération interuniversitaire (BCI), un organisme regroupant différentes universités du Québec.

Alors que le gouvernement du Québec prévoit une nouvelle réforme du PEQ, le milieu éducatif reste fermement opposé aux mesures qui avaient initialement été annoncées par le ministre de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette.

Début novembre, le ministre avait restreint l'accès au PEQ, un programme permettant aux étudiants et aux travailleurs étrangers déjà au pays d'obtenir plus rapidement un certificat de sélection du Québec (CSQ), et donc, à terme, une résidence permanente.

Le gouvernement avait publié une liste de domaines de formation et d'emploi, en lien avec la pénurie actuelle de main-d’œuvre, provoquant la colère des personnes visées, du monde de l'enseignement et des affaires. Après plusieurs jours de tourmente, cette réforme a été suspendue et le ministre Jolin-Barrette a admis une « erreur ».

Hors de question de rétablir une telle liste pour les étudiants internationaux, soutiennent à nouveau d'une même voix les universités et les cégeps.

Le Québec a besoin de talents internationaux. Le PEQ nous permet de chercher les meilleurs talents. C'est vraiment formidable.

Pierre Cossette, président du BCI

Une liste, c'est une voie sans issue, prévient Bernard Tremblay, le président de la Fédération des cégeps. Celui-ci a rencontré, avec des représentants des universités, le ministre Jolin-Barrette fin février pour faire entendre sa position.

Je tiens pour acquis que le ministre nous a écoutés. Le PEQ étudiant n'est pas la zone sur laquelle le gouvernement doit se concentrer, reprend-il.

Une nouvelle réforme dans les prochains mois

Différentes rencontres ont été récemment organisées entre le ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration et des acteurs du marché du travail et du milieu de l'éducation. Chaque organisation a eu l'occasion de déposer, jusqu'à ce vendredi, un mémoire sur ce sujet. Selon le cabinet du ministre Jolin-Barrette, une nouvelle proposition de réforme [sera présentée] au cours des prochains mois.

Une forte popularité

Début mars, le gouvernement a néanmoins indiqué qu'une « réflexion » sur le PEQ, créé en 2010, était toujours nécessaire, en raison notamment de sa popularité et d'un nombre important de candidats sélectionnés dans ce programme.

Au total, près de 15 000 personnes ont obtenu un CSQ par l'intermédiaire du PEQ l'an passé, soit près du double par rapport à 2015.

Cependant, la hausse est nettement plus marquée dans la catégorie des travailleurs, que dans celle des diplômés, souligne le milieu éducatif, qui met de l'avant l'attrait de ce programme pour conserver ces étudiants au Québec.

On parle d'environ 5000 personnes ayant fini par immigrer annuellement au Québec en passant par le PEQ étudiant ces dernières années.

C'est une immigration de choix que tout le monde s'arrache. Ils ont une formation au Québec, ils ont eu le temps de s'intégrer à notre culture, à notre langue.

Bernard Tremblay, président de la Fédération des cégeps

La concurrence, mentionne-t-il, est vive. Beaucoup de pays cherchent à recruter des étudiants étrangers. Le PEQ est un moyen peu coûteux pour le gouvernement afin d'être attractif.

De plus, spécifie Pierre Cossette, une liste serait trop restrictive, puisqu'il est impossible de connaître l'avenir et les débouchés d'un diplômé. Un ingénieur ou un historien peut finalement faire de la gestion, assure-t-il. On parle de personnes qui vont étudier durant trois, quatre, cinq ou six ans ici. On ne peut pas connaître les besoins dans six ans.

Ouverts à des modifications pour les travailleurs temporaires

S'ils sont également opposés à tout quota sur ce programme visant les étudiants, ils se disent cependant ouverts à des modifications pour le volet des travailleurs temporaires.

Un « recrutement ciblé » avec une sélection de ces travailleurs en fonction des besoins actuels du marché du travail serait compréhensible, affirme Pierre Cossette.

Selon lui, les universités sont également ouvertes à des incitatifs permettant aux étudiants d'aller dans les régions, pour favoriser la mobilité, avec l'octroi par exemple de stages ou des bourses.

Avec les cégeps, elles proposent aussi de réduire à une seule année les délais pour présenter une demande. Actuellement, un étudiant peut postuler au PEQ jusqu'à trois ans après l'obtention de son diplôme.

L'an passé, plus de 48 000 étudiants internationaux ont fréquenté les universités québécoises. Les cégeps ont quant à eux accueilli environ 4500 étudiants étrangers.

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