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Stressé par la COVID-19? Défoule-toi, brise des objets!

Fatigués des restrictions liées à la pandémie? Le Smash Room Ottawa vous invite à casser la baraque.

Une illustration d'une personne qui fracasse une vieille télévision avec un marteau.

Le propriétaire du Smash Room Ottawa, Michée Jean, dit que ça fait du bien de se défouler en brisant des objets.

Photo : Radio-Canada / Simon Blais

À première vue Natacha Beaudry a un air réservé d'une première de classe. Mais lorsqu’elle s’élance et qu’elle fracasse tout ce qui trouve à la portée de son bâton de baseball, elle devient soudainement Lisbeth Salander dans le roman Millenium. La jeune femme brise les objets comme si sa vie en dépendait, le regard étincelant d’une joie diabolique.

Bienvenue dans le Smash Room Ottawa, un endroit où il est permis de laisser ses bonnes manières à la porte d’entrée.

Dans ce lieu inédit, vous pouvez briser des meubles, de la vaisselle, des télévisions, bref, tout ce qui vous semble d’intérêt — pourvu que vous soyez disposé à débourser un certain montant.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Stressé par la COVID-19? Défoulez-vous au Smash Room Ottawa

Dans la vie, on n’a pas vraiment l’opportunité de se défouler. On travaille, il y a la maison, on doit s’occuper des enfants… Je pense qu'ici, ça aide avec le stress de la vie quotidienne, explique en entrevue le propriétaire Michée Jean.

Natacha Beaudry travaille dans une agence immobilière qui mise sur la performance. Elle aime beaucoup son emploi, mais à la fin de la semaine, elle sent le besoin de libérer toute cette tension.

J’ai détruit tout ce que je pouvais. Absolument tout ce qui se trouvait sur mon chemin! lance-t-elle à la fin de sa séance de casse. La dernière semaine a été très difficile pour moi. Venir ici semblait un bon moyen de libérer tout ce stress!

C’est une façon différente de relâcher la tension. Regardez-moi, je souris maintenant!

Natacha Beaudry, cliente du Smash Room Ottawa

Ça vaut vraiment la peine! poursuit la jeune femme dans un état qui frise l’euphorie. Je le recommande fortement à tous! C’est très excitant!

Un client s'en donne à cœur joie au Smash Room Ottawa.

Grâce à une caméra installée sur le mur d'une des salles de défoulement, on peut apercevoir un client en pleine action au Smash Room Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Stressé par la COVID-19?

Les salles de défoulement comme celle du Smash Room Ottawa permettent aux clients tendus, frustrés ou en colère d’évacuer leur trop-plein d’émotions.

Depuis la réouverture de son établissement, qui a fermé ses portes pendant plusieurs semaines en raison du confinement, Michée Jean constate qu'un bon nombre de clients (re)viennent chez lui pour se changer les idées après avoir effectué de nombreuses heures de télétravail.

Beaucoup de personnes souhaitent un changement d'environnement. Elles habitent à la maison et elles travaillent à la maison, alors elles recherchent ce changement plus qu’avant, avance-t-il en guise d'explication.

Au lieu de se défouler à la maison, où cela serait mal vu et pas bienvenu, ces personnes le font au Smash Room dans des locaux où des mesures sanitaires supplémentaires ont été mises en place pour garantir la sécurité des clients.

Ian Joey Amarook est un client du Smash Room Ottawa.

Ian Joey Amarook a démoli un écran de télévision, une imprimante, un poste de radio, de la vaisselle et même des disques.

Photo : Radio-Canada / Félix Desroches

On le voit dans le visage de nos clients. Des fois, ils entrent ici, ils sont complètement contrariés. Puis aussitôt qu’ils sortent d’ici, tu le vois dans leur visage, il y a vraiment une différence, témoigne le propriétaire. Les personnes sont beaucoup plus relaxes, elles sourient beaucoup plus!

C'est une bonne activité pour ceux qui sont fatigués [des restrictions liées à la] pandémie et qui voudraient se changer les idées.

Michée Jean, propriétaire du Smash Room Ottawa

C’était génial, je sais déjà que nous allons revenir! se sont exclamés tour à tour Jordan Deneumoustier et Cameron Fitzgerald après une première expérience de casse au Smash Room.

Jordan Deneumoustier et Cameron Fitzgerald tout sourire après s'être défoulés au Smash Room Ottawa.

Jordan Deneumoustier et Cameron Fitzgerald ont beaucoup aimé leur expérience au Smash Room Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Félix Desroches

Les deux amis ont particulièrement aimé casser une imprimante. C’était vraiment quelque chose! On y allait chacun notre tour. Je pense même que cette expérience nous a rapprochés! a déclaré Cameron, complètement hilare.

C’est une bonne façon de se laisser aller à toutes sortes d’émotions, renchérit Jordan, exténuée mais visiblement comblée. C’est vraiment cool qu’il y a des salles de défoulement comme celle-ci, ça nous donne d’autres options!

C'est l'opération grand ménage, après le passage des clients.

L'heure est au grand ménage : les objets sont en miettes, les clients ont tout détruit.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Loin d'être une thérapie

La première salle de défoulement a fait son apparition au Japon en 2008. Depuis, plusieurs autres salles ont ouvert leurs portes en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. Le Smash Room d’Ottawa a vu le jour au mois d'octobre l’an passé.

Les vertus de ces salles sont toutefois remises en question par des experts en santé mentale qui croient que le sport ou la thérapie demeurent de meilleurs moyens pour venir à bout d’un stress.

Sur le coup, ça peut être attirant de briser des choses et de saccager une pièce, concède Dania Versailles, directrice des services cliniques à l’Association canadienne de la santé mentale (ACSM) à Ottawa.

[Cependant], je pense que ça n'offre qu'une solution à court terme de soulagement [...] Il faut aussi se questionner sur c’est quoi la source de ces frustrations et de ces colères-là.

Fréquenter une salle de défoulement pourrait offrir une illusion de solution par rapport à la source du problème.

Dania Versailles, directrice des services cliniques, ACSM, Ottawa

Je dirais que la thérapie pourrait offrir une approche plus durable, constructive et plus saine pour éliminer la source de ces frustrations-là, poursuit-elle. 

Remarquez qu’il n’y a pas de mal à fréquenter des salles de défoulement, relativise Mme Versailles, mais il ne faudrait pas que cela devienne une habitude. D’autant plus, selon elle, que ces endroits envoient un drôle de message en normalisant une certaine forme de violence.

Il y a dans cet amas d'objets brisés les vestiges d'une imprimante, de plusieurs disques en vinyle et de quelques bouteilles.

Il y a dans cet amas d'objets brisés les vestiges d'une imprimante, de plusieurs disques en vinyle et de quelques bouteilles.

Photo : Radio-Canada / Angie Bonenfant

Briser des objets pour le simple plaisir

Le propriétaire du Smash Room Ottawa considère que briser des choses dans une salle de défoulement, c’est une activité ludique et sportive comme une autre. Une façon différente d’occuper son vendredi soir.

C’est comme aller lever des poids. Ça aide vraiment à descendre le niveau de stress.

Michée Jean, propriétaire du Smash Room Ottawa

Mes clients ne sont pas nécessairement des gens enragés. La majorité de ceux qui viennent ici, par exemple, c’est surtout pour un tête-à-tête, du group bonding ou un anniversaire , précise M. Jean. Au lieu d’aller voir un film, ils viennent ici, ils se défoulent et après ils peuvent aller au restaurant.

C’est très libérateur, confirme Jacqueline Armitage, une cliente qui s’est défoulée pendant une partie de la soirée en compagnie de son ami Martin Lowe. C’est tout un entraînement, c’est mieux que de la course à pied. Je me sens vraiment bien. Je crois que je vais bien dormir, ce soir!

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