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Le dollar américain dicte le destin du caribou

Caribou forestier dans une forêt québécoise

Caribou forestier dans une forêt québécoise

Photo : Courtoisie Bureau du forestier en chef

Le taux de perturbation de l'habitat du caribou forestier est largement influencé par la vitalité du dollar américain, conclut une étude (Nouvelle fenêtre) dirigée par un professeur de l'Université Laval. Du même souffle, les auteurs soutiennent qu'il est hasardeux d'affirmer que les mesures de protection de l'espèce font mal à l'industrie forestière.

Avec son équipe, Daniel Fortin, professeur de biologie à l'Université Laval, a analysé les niveaux de coupes forestières au pays en fonction du taux de change et de la possibilité forestière, c'est-à-dire les volumes maximums de forêts rendues disponibles aux compagnies pour l'exploitation.

Les données analysées remontent jusqu'en 2003, année ou le caribou des bois à été placé sur la liste des espèces en péril au Canada.

M. Fortin a constaté que la courbe du niveau de coupe suit davantage celle du taux de change que celle des volumes de bois disponibles. Un dollar américain faible a permis d'enregistrer un dérangement plus faible des populations de caribou.

Ce qui a vraiment eu un impact sur la réduction du taux de perturbation dans son habitat, c'est essentiellement le dollar américain par rapport au dollar canadien, explique le chercheur.

À l'inverse, plus l'économie américaine est forte, plus la demande en bois le sera et donc plus de bois sera récolté, perturbant davantage les populations de caribou.

Nous avons été surpris par l'influence écrasante de l'économie américaine a eue par rapport aux propres mesures juridiques du Canada visant à protéger et restaurer l'habitat du caribou.

Extrait du rapport d'étude

Réplique à l'industrie

Une simple question d'offre et de demande, donc.

Mais aussi logique soit-elle, poursuit M. Fortin, la conclusion de l'étude permet de répliquer à certains arguments avancés par l'industrie.

Il faut le dire quand même. [...] Le caribou n'a pas eu un impact majeur sur le niveau de coupes. Ce qu'on entend dire, c'est que le caribou va faire fermer les usines. De façon globale, ce n'est vraiment pas ce qui se passe, insiste-t-il.

On a l'impression, à entendre parler les compagnies forestières, que la protection du caribou est en train de fermer leur industrie, alors que la protection du caribou n'a pas réellement d'impact sur la possibilité forestière. Et ce n'est pas non plus ce qui a dirigé le niveau de coupes.

Daniel Fortin, professeur à l'Université et signataire de l'étude

Le chercheur a aussi constaté que, même avec un dollar fort, les compagnies forestières ne récoltent pas la totalité du bois disponible.

Invité à réagir à cette étude, le Conseil de l'industrie forestière du Québec n'a pas émis de commentaires.

Rappelons que le gouvernement du Québec travaille actuellement sur un plan de protection de l'habitat du caribou forestier, lequel ne sera pas mis en oeuvre avant 2023. Les délais ont été décriés par divers experts en conservation.

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