•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le coronavirus entraîne la pire journée boursière depuis des décennies

Des employés de la Bourse à New York s'affairent, la mine soucieuse.

À la Bourse de New York, les transactions se succèdent et les marchés sont en baisse.

Photo : The Associated Press / Richard Drew

Radio-Canada

Sur les marchés, jeudi, les craintes des conséquences économiques de la pandémie de COVID-19 étaient telles que les indices nord-américains ont connu leur pire crise depuis des dizaines d'années.

Les marchés ont plongé jeudi,en réaction à une suite d'événements qui n'ont rien pour rassurer les investisseurs.

La valeur de l'indice de référence de la Bourse de Toronto, le S&P/TSX, a plongé de plus de 12 %, sa pire séance depuis 1940.

À New York, l'indice Dow Jones des valeurs industrielles a terminé en baisse de 9,99 %, sa plus forte chute depuis le krach de 1987. Une halte de quinze minutes avait même été décrétée dans les opérations en matinée jeudi, une mesure automatique qui s'enclenche lorsqu'il se produit une chute de 7 % à New York.

L'indice élargi S&P 500 (en baisse de 9,51 %) et le NASDAQ (en baisse de 9,43 %) ont rejoint le Dow en marché baissier, leur valeur étant plus de 20 % en-dessous de leur sommet du 19 février dernier.

Quant au dollar canadien, il a continué à perdre de la valeur par rapport au billet vert américain, cédant 0,61 cent pour s'établir à 72,11 cents américains. Le recul se constate aussi par rapport à l'euro, avec une baisse de 0,09 centimes, à 64,41 centimes d'euro.

L'or, généralement une valeur refuge en cas de crise, a cédé 52 dollars américains, à 1590,30 $ l'once.

Du côté du pétrole, le prix du baril a lui aussi poursuivi sa dégringolade, le brut s'échangeant à 33,22 $ à Londres, à 31,50 $ à New York, et à 18,08 $ pour le brut provenant de l'Ouest canadien.

De nombreux événements impliquant des rassemblements publics ont été annulés tant sur la scène sportive que culturelle. Ces bouleversements auront un effet réel sur l'économie.

Sans compter que la journée de mercredi avait été marquée par l'annonce par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) que l'épidémie de coronavirus était désormais une pandémie. Puis a suivi, en soirée, l'annonce par le président américain Donald Trump de la fermeture des frontières de son pays aux voyageurs venus d'Europe.

Consultez notre dossier sur la COVID-19 : Tout sur la pandémie

Ailleurs dans le monde, les impacts financiers ont été tout aussi marqués qu'en Amérique du Nord.

À la Bourse de Milan, l'indice vedette FTSE Mib a clôturé jeudi en ayant perdu presque 17 % de sa valeur. L'indice européen Stoxx 600 a connu, lui, la pire journée de son histoire, perdant 11 % de sa valeur.

À Tokyo, l'indice vedette Nikkei avait perdu 4,4 % de sa valeur. Il a sombré de plus de 20 % depuis le début de l'année.

À Hong Kong, l'indice Hang Seng s'est replié jeudi de 3,7 %, tandis que les pertes ont été plus limitées sur les places de Chine continentale (-1,52 % à Shanghai, -2,2 % à Shenzhen).

Dans une note aux investisseurs, Masanari Takada, stratège pour le groupe asiatique de services financiers Nomura, a déclaré : tous les signes montrent que les investisseurs se préparent au pire des scénarios, dans lequel la propagation du coronavirus devient explosive et conduit à une récession globale, à la fermeture des grands centres urbains et à un assèchement brutal du crédit.

« Complaisance et lenteur » en Europe, selon Christine Lagarde

La Banque centrale européenne a annoncé jeudi qu'elle maintenait ses taux directeurs inchangés, alors que ses homologues américaine et britannique avaient, elles, opté pour des baisses quelques jours plus tôt.

Cela en dit long sur le manque de coordination entre les États-Unis et l'Union européenne, a commenté dans une note Sébastien Galy, de Nordea Investment.

L'institution a toutefois lancé un programme de prêts pour soutenir les PME les plus touchées par l'épidémie de coronavirus. La Banque centrale européenne compte aussi acheter 120 milliards d'euros de dette publique et privée supplémentaires d'ici la fin de l'année.

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a fustigé jeudi la complaisance et la lenteur des gouvernements en particulier en zone euro face au coronavirus, une critique inhabituellement vive des États.

J'espère fortement que lors de la réunion de l'Eurogroupe lundi, il y aura une avancée décisive et déterminée vers cette réponse budgétaire ambitieuse et collective que nous avons réclamée, a-t-elle déclaré.

Une annonce inattendue

Les investisseurs ont redoublé d'inquiétude après la décision du président Trump d'interdire l'entrée à toute personne ayant séjourné dans l'espace Schengen au cours des 14 jours précédant son arrivée. Cette fermeture des frontières américaines, à laquelle échappe le Royaume-Uni, commencera vendredi, à 23 h 59, et durera 30 jours.

Seuls les résidents permanents aux États-Unis seront autorisés à rentrer pendant cette période. Fait sans précédent, le département d'État a invité les Américains à éviter tout voyage à l'étranger.

L'annonce de M. Trump a causé la surprise d'autant plus que le président américain a reconnu, jeudi, ne pas en avoir d'abord prévenu les dirigeants européens, arguant que cela aurait pris trop de temps.

Jeudi, dans l'espoir de calmer le jeu, la Réserve fédérale américaine a annoncé l'adoption d'un taux de mise en pension. Cette mesure hors de l'ordinaire consiste dans le rachat d'obligations et équivaut à un investissement de près de mille milliards de dollars. Le tout dans le but de ramener des liquidités dans les marchés et de prévenir une éventuelle crise du crédit.

Il jette un regard sur les graphiques.

Un piéton masqué passe devant un panneau de cotation affichant les chiffres de l'indice de Shenzhen et de Shanghai, à Tokyo, le 10 mars 2020.

Photo : Getty Images / CHARLY TRIBALLEAU

L'UE désapprouve la décision

L'Union européenne (UE) désapprouve la décision prise par le président Trump de façon unilatérale et sans consultation, ont affirmé jeudi les présidents de la Commission et du Conseil. Le coronavirus est une crise mondiale, qui n'est pas limitée à un continent et qui requiert de la coopération plutôt qu'une action unilatérale, ont déclaré Ursula von der Leyen et Charles Michel dans un communiqué.

Avec les informations de Gérald Fillion

Avec les informations de Associated Press, Bloomberg, The Financial Times, AFP, CNN, et La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !