•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : serez-vous payé si vous êtes en quarantaine?

La quarantaine : un casse-tête pour les travailleurs et leurs employeurs.

Un employé est au travail dans une usine qui fabrique des meubles.

Les employés de Pallister Furniture ont été avisés que s'ils partent à l'étranger pendant leurs vacances et doivent être placés en quarantaine à leur retour, ils n'auront pas leur salaire pendant cette période.

Photo : Radio-Canada / Jaison Empson

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral et de nombreux employeurs exhortent les Canadiens à rester à la maison et à s'isoler pendant 14 jours s'ils ont été exposés au COVID-19 ou s'ils se sentent malades. Selon Jamie Jurczak, une avocate en droit du travail située à Winnipeg, cette recommandation préoccupe de nombreux employés qui veulent savoir s’ils pourront être payés pendant cette période.

Jamie Jurczak explique que rien ne garantit qu’un employé sera payé s’il est en quarantaine. Les situations varient selon l’employeur, les ententes collectives, les plans d'assurance, etc.

Plusieurs employeurs lui ont demandé quelles étaient leurs obligations depuis le début de la crise du coronavirus.

On ne peut pas licencier quelqu’un parce qu’il est malade, rappelle Jamie Jurczak, la loi est très claire à ce sujet. Un employé malade, peu importe s’il a la COVID-19 ou autre chose, peut s'attendre à obtenir un congé de maladie.

Les droits d’un employé changent selon qu’il est employé par le gouvernement fédéral ou qu’il est syndiqué, ou encore selon la province ou le territoire dans lequel il vit, ainsi que selon son statut d’emploi.

Il n’y a pas de loi fédérale prévoyant des congés de maladie payés pour tous les travailleurs au pays, explique Jamie Jurczak.

Le Code canadien du travail accorde aux employés fédéraux jusqu'à cinq jours par année de congé de maladie. Trois de ces cinq jours peuvent être payés si une personne est employée depuis plus de trois mois.

Une situation à géographie variable

Les employés non fédéraux sont soumis à la législation de leur province.

Au Manitoba, le minimum est de trois jours de congé maladie non rémunéré. En Alberta, il est de cinq jours non rémunérés.

Mme Jurczak souligne que les personnes incapables de travailler en raison du coronavirus pourraient bénéficier de prestations d’invalidité de courte ou de longue durée. Une personne qui doit être en quarantaine alors qu’elle n’est pas elle-même malade pourrait toutefois ne pas être couverte par le plan d'assurance santé de l’employeur.

Mme Jurczak recommande aux employeurs de consulter leurs politiques en matière de congés de maladie et de voir ce qu'ils prévoient.

Ces politiques sont-elles suffisamment flexibles pour couvrir une personne qui semble bien portante et qui souhaite s'auto-isoler? Ou est-il possible pour cette personne de prendre ce temps en vacances?

Un homme portant des lunettes debout.

Gary Liu s'est placé en quarantaine à la maison avec sa femme à son retour d'un voyage en Chine.

Photo : Radio-Canada / Justin Deeley/CBC

Le chercheur au laboratoire de microbiologie de Winnipeg, Gary Liu, s’est mis en quarantaine pour 14 jours en janvier, alors qu’il revenait d’un voyage en Chine. Sa femme et lui n'avaient pas de symptômes, mais ils ne voulaient pas risquer de contaminer d’autres personnes.

Sa femme a pu travailler de la maison pendant cette période et recevoir sa paie habituelle, dit-il, tandis que de son côté, il a pris un congé sans solde.

Une question complexe pour les employeurs

Pour les entreprises et les employeurs, ces questions sont aussi complexes. À l’usine de fabrication de meubles de Pallister Furniture, le président-directeur général Peter Tielmann indique que les voyages professionnels à l'étranger dans certaines régions sont déjà interdits.

Nous achetons beaucoup de matériaux à l’Italie et la Chine. Pour le moment, personne ne peut aller dans ces deux pays, dit-il.

Mais son entreprise, rappelle-t-il, ne peut exercer le même contrôle sur les voyages personnels.

Avec l’arrivée de la semaine de relâche à la fin mars, Pallister Furniture incite ses employés à faire attention aux endroits où ils se rendront et à ce qu’ils feront. L’entreprise a aussi demandé à ses employés d'informer les ressources humaines s’ils planifient des voyages personnels.

Les employés ont été avisés que s’ils requièrent des mesures de quarantaine à la maison au retour d’un voyage personnel, ils n’auront pas droit à leur salaire. Pour le moment, dit Peter Tielmann, nous n’avons pas d’autre choix.

D’autres entreprises, comme Home Depot ou Canada Life, ont aussi mis des mesures en place. À Home Depot, quiconque est revenu d’un séjour en Chine, en Iran ou en Italie au cours des deux dernières semaines recevra son salaire pendant les 14 jours de quarantaine prévue à son retour. La compagnie interdit dorénavant les voyages dans ces pays.

Chez Canada Life aussi les voyages vers les pays les plus touchés par le coronavirus sont annulés.

En tant qu’assureur travaillant auprès de 30 000 employeurs, Canada Life répond aussi aux préoccupations de ses clients, qui jusqu’ici concernent surtout la couverture médicale à l’extérieur du pays et l’étendue des couvertures en cas d’invalidité.

Les employés du secteur des services, qui travaillent à temps partiel ou qui ont un revenu inférieur ne sont souvent pas couverts, et sentent une pression additionnelle de se rendre au travail même s’ils se sentent malades, rappelle de son côté Deena Ladd du Toronto Workers' Action Centre.

Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé un fonds d'un milliard de dollars pour aider les Canadiens à transiger avec les effets de la COVID-19.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !