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Mine Arnaud 5 ans plus tard, un projet fantôme

Une affiche du projet Mine Arnaud

Une affiche du projet Mine Arnaud

Photo : Radio-Canada

Il y a 5 ans jour pour jour, Québec donnait son feu vert officiel au projet Mine Arnaud. Annoncée en grande pompe, la construction de la mine d’apatite dans le canton Arnaud à l’ouest de Sept-Îles aurait dû commencer en 2016 et son exploitation générer des retombées économiques de plusieurs centaines de millions de dollars. Mais depuis des années, le projet qui a tant fait parler semble plus que jamais au point mort.

Mine Arnaud représentait un des projets phares du Plan Nord cher aux gouvernements libéraux de l’époque, mais depuis l’annonce de 2015, Investissement Québec, partenaire majoritaire du projet de la mine d’apatite, peine à trouver des investisseurs.

Désormais, les bureaux de Mine Arnaud à Sept-Îles sont vides. Les appels logés au numéro de Mine Arnaud indiqué sur le site internet de la compagnie restent sans réponse.

En 2017, Investissement Québec a réévalué le projet, à la baisse, au coût de 772 millions de dollars, dans l’espoir de trouver des partenaires d’affaires, en vain. Au mois de septembre de la même année, la société d’État annonçait que le projet Mine Arnaud était reporté à une date indéterminée.

Aujourd’hui, il est difficile d’avoir de l’information. La députée péquiste de Duplessis, Lorraine Richard, constate qu’il n’y a plus de communication dans ce dossier. Cinq ans plus tard, on ne sait pas grand-chose. Je dois vous dire que depuis deux ans, c’est un projet dont on n'entend plus parler. Personne ne nous appelle ou ne nous met au courant de rien du tout.

Lorraine Richard est assise dans son bureau. Elle est souriante.

La députée péquiste dans Duplessis, Lorraine Richard

Photo : Radio-Canada

Donc pour moi, c’est comme un projet qui est mort.

Lorraine Richard, députée péquiste dans Duplessis

Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, pense que trop d’espoirs ont été mis en vain dans le dossier Mine Arnaud. Des erreurs à mon avis, il y en a eu quelques-unes. Annoncer en grande pompe le décret alors que le marché n’était même pas là, qu’on n’avait même pas d’investisseur, ça crée de l’espoir, commente-t-il.

Investissement Québec, détient 62 % des parts dans le projet. Dernièrement, les communications avec l'organisme sur le projet Mine Arnaud se font uniquement par courriel.

Des dépenses ont eu lieu au cours des dernières années. En 2017, à la suite d'une demande d'accès à l'information, Radio-Canada a appris que près de 30 millions de dollars d’argent public avaient été investis depuis 2010 dans le projet, mais Investissement Québec à refuser de donner plus de détails.

Le plan de Mine Arnaud

Le plan de la mine d'apatite Arnaud

Photo : Mine Arnaud

Plus récemment, à la suite de longues démarches pour obtenir l’information, Investissement Québec a reconnu que la réalisation de l’étude lui permettant d'économiser 82 millions de dollars dans la construction de la future mine d'apatite dans le canton Arnaud, a coûté 780 000 $.

Dans son message envoyé dernièrement à Radio-Canada, la société d'État rappelle qu'en mars 2018 Québec a octroyé 2,5 millions de dollars supplémentaires pour la réalisation de tests afin démontrer la qualité de l'apatite présente dans le canton Arnaud.

Lorraine Richard entend demander des comptes au gouvernement.Vous savez notre période à nous pour vraiment questionner le gouvernement, c’est durant les crédits. C’est sûr qu’au niveau des ressources naturelles, avec le ministre Julien, je vais le questionner. Il faut savoir également que depuis que la Coalition Avenir Québec est au pouvoir, on n’entend pas parler du tout de ce projet-là, explique-t-elle.

Réjean Porlier se rappelle que le projet a suscité beaucoup de divisions au sein de la population.

Réjean Porlier, maire de Sept-Îles

Réjean Porlier, maire de Sept-Îles

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

C’est un dossier qui a mis beaucoup d’émotion, les [citoyens] pour, les [citoyens] contre, pour quelque chose qui n’a jamais levé. Et moi, j’ai toujours compris que si le projet n’avait pas levé, c’était faute de marché.

Réjean Porlier, maire de Sept-Îles

Le cabinet du ministre responsable de l'Énergie et des Ressources naturelles du Québec, ainsi que ministre responsable de la région de la Côte-Nord, n’a jamais répondu à nos demandes d’entrevue.

Cinq ans plus tard, ce projet qui avait soulevé des espoirs de développement économique chez certains citoyens et suscité des inquiétudes pour l'environnement chez d'autres est toujours en veilleuse.

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