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Des détenus en quête de liberté intérieure grâce à l’art, à la prison de New Carlisle

Les mains d'un détenu à travers les barreaux.

Des détenus sont talentueux et l'ignorent.

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada

L’artiste et poète Isabelle Rioux de Bonaventure présente des cours en arts plastiques aux détenus du Centre de détention de New Carlisle.

La Gaspésienne d’adoption de longue date a enseigné les arts plastiques pendant 30 ans. Elle a aussi été propriétaire des Ateliers du Funambule à Bonaventure.

Elle se dit motivée par l’envie de partager sa passion. Bien qu’elle ne parle pas d’art-thérapie proprement dit, elle dit vouloir explorer la dimension thérapeutique de l’art.

Isabelle Rioux souriante

Isabelle Rioux enseigne les arts plastiques à des détenus dans la Baie-des-Chaleurs

Photo : Galerie d'art Sabi-Luciole

Plusieurs chemins l’ont conduite à transmettre son savoir aux détenus. Ce sont diverses expériences, entre autres en relation d’aide, et une certaine sensibilité à l’injustice, confie-t-elle.

J’ai de la difficulté à accepter que des personnes n’aient pas les mêmes chances que tout le monde dans la vie, confie-t-elle. On ne choisit pas un bon matin de s’en aller en prison. Souvent, ça peut être d’anciens élèves en cheminement particulier ou même régulier, qui ont un trouble de déficit d’attention avec hyperactivité (TDAH) et/ou des problèmes d’impulsivité. Ils peuvent développer des problèmes de consommation, qui entraînent à leur tour la criminalité. C’est un cercle vicieux.

« Ces gens-là sont prisonniers d’eux-mêmes. Avec l’art, on ouvre un espace de liberté à l’intérieur d’eux-mêmes. Ils ont accès à tout ce qu’ils ne peuvent pas exprimer. »

— Une citation de  Isabelle Rioux, artiste et enseignante en arts
Une peinture avec des textures pleines de couleurs.

Une oeuvre d'Isabelle Rioux

Photo : page Facebook

Avec l’art, on peut déposer des choses, estime-t-elle. Même si on n’arrive pas à les nommer tout de suite, dès qu’on met une tache de couleurs, qu’on fait le choix de couleurs, quelque chose est en train de se nommer.

« Mes élèves transmettent un peu de leur monde intérieur et ça leur redonne une espèce de pouvoir, de contrôle, le sentiment qu’ils sont maîtres au fond d’eux-mêmes et qu’ils ont quelque chose à dire et ça leur fait un grand bien. »

— Une citation de  Isabelle Rioux, artiste et enseignante en arts
Prison de New Carlisle, fils barbelés

Prison de New Carlisle

Photo : Radio-Canada

Dans son enseignement, l’aspect technique est réduit à un minimum pour favoriser une expression très directe et intuitive. On laisse parler le hasard. Ils sont toujours étonnés de voir ce qu’ils sont capables de faire, souligne-t-elle.

Pour la plupart, ils n’ont jamais fait d’art avant.

« Il y en a qui sont extrêmement talentueux. Si je leur dis, ils ne me croient pas. Il y a de grands artistes qui passent dans ma classe. »

— Une citation de  Isabelle Rioux, artiste et enseignante en arts

Cette activité représente pour elle une façon de contribuer à un monde meilleur. Si je peux leur faire passer un bon moment, un deux heures où on a été heureux, c’est ça de gagné, estime-t-elle.

Même si le milieu carcéral peut être rébarbatif, très réglementé, elle retire beaucoup de gratification de sa démarche. Il faut entre autres passer six portes sécurisées, précise-t-elle.On ne peut pas apporter n’importe quel matériel. Il faut tout compter en arrivant et en repartant. Mais une fois qu’on connaît bien les règles, ça se passe bien. Le contact avec les détenus me nourrit.

Isabelle Rioux donne ses formations en collaboration avec la commission scolaire René-Lévesque.

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