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Les accusations de harcèlement contre le ténor Plácido Domingo jugées crédibles

Plácido Domingo porte des lunettes.

Le ténor espagnol Plácido Domingo a été accusé de harcèlement sexuel par des femmes.

Photo : Getty Images / Juan Naharro Gimenez

Agence France-Presse

Les femmes qui ont accusé le chanteur Plácido Domingo de « comportement inapproprié » sont crédibles, selon une enquête menée à la demande de l'Opéra de Los Angeles sur son ancien directeur général. L'enquête n'a toutefois trouvé aucun élément prouvant que l'homme ait abusé de son pouvoir.

Plácido Domingo, qui a aussi été directeur artistique et ensuite directeur général de l'Opéra national de Washington, est accusé de harcèlement sexuel par une vingtaine de femmes aux États-Unis, pour des faits remontant jusqu'aux années 1980 comme des attouchements, des baisers forcés et des remarques déplacées.

Certaines victimes présumées disent que le chanteur lyrique, surnommé le roi de l'opéra, aurait cherché à nuire à leur carrière en cas de refus.

Devant le scandale, et dans la foulée du mouvement #MoiAussi (#MeToo), l'Opéra de Los Angeles avait fait appel aux services d'un personnel d'enquête privé et indépendant pour examiner les plaintes portées contre Plácido Domingo. Ce dernier a renoncé l'automne dernier à son poste de directeur général de l'institution californienne qu'il occupait depuis 2003.

Les personnes ayant enquêté ont conclu que le niveau de gêne exprimé par les femmes était variable mais que tous les témoignages convergeaient, les plus sérieux faisant état de traumatismes importants même si certaines disaient ne pas avoir éprouvé de malaise.

Au total, le cabinet juridique Gibson, Dunn & Crutcher, qui a mené l'enquête, a entendu 44 personnes, dont 10 victimes présumées, la direction de l'Opéra et Plácido Domingo lui-même.

Les faits reprochés au chanteur, âgé de 79 ans, sont compris entre 1986, date de sa nomination en tant que conseiller artistique, et son départ de l'institution en octobre 2019.

Certaines personnes ont affirmé qu'elles avaient renoncé à signaler les comportements de M. Domingo en raison de son importance et de son influence, écrit l'équipe d'enquête dans son résumé publié mardi.

Des accusations « crédibles », mais « pas de preuves »

Les juristes affirment toutefois n'avoir trouvé aucune preuve que le chanteur ait exercé une forme de chantage ou des représailles contre une femme en lui refusant une audition ou un engagement à l'Opéra de Los Angeles. Les personnes ayant enquêté soulignent que M. Domingo a coopéré avec elles et qu'il a témoigné de son plein gré. Celui-ci a continué à démentir tout attouchement ou agression, assurant que toutes ses relations avec les femmes avaient été consensuelles.

Contactés par l'Agence France-Presse (AFP), les porte-parole de Plácido Domingo n'ont pas souhaité réagir.

Une autre enquête indépendante – menée cette fois à la demande du syndicat américain des artistes d'opéra – avait déjà conclu que le ténor, devenu baryton avec l'âge, avait eu par le passé un comportement inapproprié, allant du flirt aux avances sexuelles, sur son lieu de travail et ailleurs.

De nombreuses personnes ayant témoigné ont cité leurs craintes de représailles au sein de la profession comme raison pour ne pas avoir parlé plus tôt, insistait le syndicat.

Plácido Domingo a demandé pardon fin février aux femmes l'ayant accusé, avant de préciser deux jours plus tard qu'il rejetait toujours cependant les accusations de harcèlement qui le visent.

Restaurer la confiance

Le cabinet Gibson, Dunn & Crutcher estime que l'Opéra de Los Angeles a pris au sérieux les plaintes pour harcèlement dont il avait eu connaissance, mais que ses politiques et procédures en la matière ont parfois été défaillantes.

Sur le plan personnel, je suis troublé, et je regrette que des gens travaillant pour l'Opéra aient pu se sentir démunis, vulnérables ou ignorés de quelque manière que ce soit, a écrit le directeur de l'institution,  Christopher Koelsch, dans un courrier électronique envoyé aux membres du personnel et obtenu par l'AFP.

Nous avons appris qu'il y a dans la profession des réticences largement répandues en ce qui concerne la dénonciation du harcèlement, et il est crucial pour notre avenir que nous instaurions la confiance mutuelle et la transparence, poursuit-il.

Désormais déchu aux États-Unis, Plácido Domingo a également renoncé récemment à chanter au Royal Opera House de Londres ainsi qu'en Espagne, son pays natal.

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